3 IDÉES DE FILMS EN DÉCEMBRE : LA FORCE OU LA VIE?

Alors que la déferlante Star Wars s’abat sur notre planète, tu n’as jamais entendu parler de Tatooine, du père de Luc, de Jabba le hutt ? Pour toi, le côté obscur c’est la piste 7 sur le CD d’IAM « l’école du micro d’argent ».

Ce n’est pas grave, tu es juste passé à côté d’un corpus majeur du XXe siècle, tu as probablement raté d’autres œuvres essentielles comme L’ingénieux Hidalgo Don Quichotte de La Manche ou l’intégrale du cinéaste russe Andreï Arsenievitch Tarkovski. Attention, en décembre en revanche, il y a trois très bons films à ne pas rater.

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Mia Madre de Nanni Moretti : tout sur ma mère, ma fille et moi

Nanni Moretti joue l’apaisement, en laissant de côté la thématique politique, faut dire qu’avec Berlusconi y a de quoi remplir une cinémathèque. Le réalisateur italien revient à l’auto-fiction, mettant en scène Margherita Buy, sublime en réalisatrice « burn-outée », à un certain moment de sa vie. Ces moments « carrefour » où tout se bouscule :

la déliquescence de sa mère, les disputes avec sa fille, la rupture avec son amant. Moretti traite ici une question essentielle et universelle : l’héritage maternel. Ces casseroles que l’on se traine de génération en génération et ces légèretés de l’âme que l’on se transmet aussi et qui nous aide à porter ses mêmes casseroles. Le film est ainsi, comme un carrefour, avec ses va et vient, ses accélérations, ses ralentissements, ses mouvements d’une actrice à l’autre, d’une mère à l’autre, d’une fille à l’autre.

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Comment c’est loin d’Orelsan : comment c’est bien !

L’ennui, la flemme, la procrastination, Orelsan filme la jeunesse dans ce qu’elle a de plus conflictuel : son incapacité à faire quelque chose de sa vie alors même que la vie commence.

Deux losers de Province ont 24h pour faire le morceau de rap que leur producteur attend depuis 5 ans. Ultimatum, prétexte à des situations comiques et touchantes, Orelsan filme avec aisance et sobriété une jeunesse sincère, toute nue, toute fraîche, toute là. C’est drôle et vivant, pas scabreux, rien que le festival de vanne vaut le détour : « Les meufs ça supporte un accouchement mais pas une vanne ! »

La critique parle d’un film pour tout le monde : on valide !

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Kill your friends de Owen Harris : Miroir tendu à feu l’industrie du disque

Le titre aurait pu être « Grandeur et décadence de l’industrie musicale ». Owen Harris, réalisateur de la série Misfits, livre un point de vue très personnel sur la période Britpop, fin des années 90 avant le tsunami de l’économie numérique. A l’époque, les labels vendaient du girlpower à tour de bras, Steven 27 ans, Directeur Artistique ambitieux, va jouer son va-tout pour grimper les échelons.

Lâcheté, chantage, meurtre, Steven sans scrupule joue des coudes et des coups à tous les étages. Finalement, le meurtre n’est pas pire que les rouages techniques et déshumanisés des machines à tubes soit disant artistiques. Critique cinglante, cynique, glaçante, du milieu du business artistique, ça sent le vécu. Comment ne pas y voir une diatribe contre la télévision puisque en 2013 Owen Harris se frottait à la société de production Zeppotron, filiale d’Endemol pour la réalisation d’un épisode de Black Mirror.

Carine Rieu

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