INTERVIEW: ARNAUD REBOTINI: UNE MOUSTACHE ET DES SYNTHÉS

De passage à Marsatac pour la seconde fois, on a pu aller poser quelques questions au Viking de la techno, Arnaud Rebotini qui en impose presque autant en vrai que pendant ses lives magistraux. Sous le feu de nos questions et celles de Mademoiselle Julie, il nous parle de ses synthés, de la techno, de ses projets et de sa moustache.

 

Mademoiselle Julie : Qu’as-tu retenu de ton premier passage à Marsatac en 2004 ?

Arnaud Rebotini : C’était bien, j’en garde un assez bon souvenir. J’aime bien jouer à Marseille, j’aime son côté populaire, l’atmosphère, son équipe de foot aussi. J’ai pas mal joué au Cabaret Aléatoire, c’est une ville que j’aime bien.

LNM : Mais la dernière fois que tu étais venu à Marsatac tu étais déjà passé seul, mais en tant que Black Strobe…

A.R. : Oui, à l’époque j’étais pas tout seul dans le groupe, mais Ivan était malade. Depuis il a effectivement quitté le groupe…

LNM : Et finalement est-ce que le fait d’être tout seul a changé un truc au niveau de ta démarche artistique ?

A.R. : Aujourd’hui c’est vrai que j’utilise énormément de synthés analogiques, ce que je faisais pas avant et que je fais aujourd’hui même dans Black Strobe, surtout pendant les lives. Mais il n’y a pas forcément de lien de cause à effet. En fait mon concept solo, sous mon nom, est né d’une idée de pouvoir faire des lives avec des machines et puis finalement l’album est venu assez vite et le deuxième aussi.

LNM : T’es vachement connu pour tes lives, aussi parce que tu joues beaucoup avec les synthés. Est-ce que c’était une réaction au fait que tout le monde bossait sur laptop ou c’était une volonté musicale ?

A.R. : En fait j’ai toujours eu cette volonté de faire de la musique de club autrement qu’en tant que Dj et coincé derrière un laptop. Avec Black Sstrobe j’ai fait évoluer ça plus à l’image d’un groupe de rock avec la batterie et tout ça. Regarder un mec qui met des disques ou coincé derrière son laptop, c’est pas passionnant. Je voulais avoir une présence autre, essayer de retrouver ce geste de musicien, tout en faisant danser les gens.

LNM : Et a ton avis d’où te vient cette tendance ? T’étais branché sur d’autres styles de musique avant ?

A.R. : Oui mais il y a très longtemps, et même si j’ai toujours écouté de la musique électronique, j’écoute aussi d’autres styles de musique.

MJ : D’où te vient cette passion pour les synthés ?

A.R. : Je crois que c’est une passion pour les belles choses. Tu sais, on essaie toujours d’imiter le son des vieux synthés sur laptop et on y arrive pas vraiment. Et puis il y a une valeur sentimentale. Moi je suis un peu comme le mec qui joue que sur des guitares des 60’s/70’s parce qu’elles ont un vécu et qu’elles n’ont pas le même son.  Alors quand tu déballes tes synthés avant le concert, et que tous les techniciens et les musiciens viennent voir, ça fait toujours plaisir. C’est mon côté geek.

LNM : Justement aujourd’hui, on voit de plus en plus de mecs, notamment des jeunes, qui comme toi, Etienne Jaumet ou Turzi, utilisent beaucoup le synthé en live. Ca vient de quoi selon toi, un trip nostalgique ou c’est une vision de l’avenir de la musique électronique ?

A.R. : La nostalgie, non je crois pas. C’est vrai que dans mon discours on peut percevoir de la nostalgie à travers mon attachement à l’objet, mais ça ne se retrouve pas forcément dans ma musique. On dirait plutôt que c’est le futur, puisque visiblement je ne suis pas le seul à adopter cette démarche et que les synthés analogiques n’ont jamais valu aussi cher. À tous les concerts j’ai des jeunes gens, voire très jeunes gens, qui viennent me demander des conseils sur les machines, lesquelles acheter et tout… Donc finalement c’est pas parce qu’on peut théoriquement tout faire par ordinateur qu’on va délaisser pour autant les instruments.

LNM : Pendant un moment tu t’es produit sous le nom de Zend Avesta…

A.R. : Oui. Au début c’était un projet un peu drum’n bass, électronique expérimental, puis je l’ai fait évoluer et j’en ai fait un album totalement acoustique avec pas mal de guest comme Mona Soyoc de Kas Product, Philippe Poirier et la chanteuse de Gus Gus… Finalement ça a donné une espèce de pop assez expérimentale à base de cordes et d’instruments classiques.

LNM : Justement avoir différents projets et différents pseudonymes, que ce soit Black Strobe ou Arnaud Rebotini, tu gères ça comment ?

A.R. : Pour moi Arnaud Rebotini c’est un projet que je qualifierais de techno, au sens noble du terme, alors que Black Strobe est plus boogie, dans le sens ou ça va aussi bien du disco, au rock voire au blues, avec toujours une dimension électronique. C’est deux trucs vraiment différents. Et là je vais encore me lancer dans un nouveau truc avec Turzi et Kill For Total Peace sous le nom de Code Napoléon, spécialement pour le Festival Tsugi Federation le 13 octobre à la Gaîté Lyrique à Paris.

MJ : C’est important l’aspect visuel dans les concerts ?

A.R. : Oui. Bien sûr. Ce soir il y aura une installation vidéo avec deux écrans, il y aura des webcams sur les synthés et les gens seront fimés aussi en même temps et on les projetera dans les écrans… J’essaye toujours de créer un spectacle.

MJ : Quel est le disque dont tu n’aimerais jamais te séparer ?

A.R. : Je sais pas, j’en ai tellement… Sans doute « After a Gold Rush » de Neil Young, je l’écoute vraiment souvent.

MJ : Et ton dernier coup de cœur musical ?

A.R. : Austra.

LNM : Moi j’ai plus vraiment de question professionnelle alors je vais plutôt te demander un conseil. Avec les filles qu’est-ce qui marche le mieux : la moustache ou la musique ?

A.R. : La moustache bien sûr !

LNM : Et enfin avant de se quitter, si tu devais écrire ton épitaphe ça serait quoi ?

A.R. : (Réflexion)… Il y a une épitaphe que j’adore c’est celle de Muddy Waters : « The mojo is gone, the Master has won ».

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