BIÈRES, TAPAS, TRENTENAIRES: LA NOUVELLE RUE SAINTE

Produits de qualité, prix abordables, musique et bars branchés, une recette infaillible pour dynamiser un quartier. La rue Sainte l’a bien compris. 

Depuis quelque temps, de nouveaux bars à tapas, à bière et restaurants voient le jour rue Sainte, et les soirs de semaine n’y sont plus du tout monotones. Résultat : de plus en plus de monde vient y passer du bon temps. À croire que le vieux port et le cours Julien ne suffisent plus.

Cela n’est pas évident au premier abord, mais il suffit de monter la rue pour découvrir les nouveaux établissements, accueillants et conviviaux qui divertissent la population du 7ème, ainsi que le reste des marseillais de plus en plus réguliers. Ces nouveaux établissements ont réussi à fidéliser la clientèle, et l’ambiance se charge de ramener un peu plus de monde à chaque soirée.

Le bémol : le bas de la rue se vide, Yves, caviste chez la Part des Anges, soulève deux phénomènes « Il y a un renouveau dans la partie haute et en bas c’est une partie qui est en train de mourir, on a perdu 20 à 30% de la fréquentation, les restaurants d’à côté ont dû fermer. C’est difficile. »

Quant à l’Ambassade de Bretagne, située un peu plus haut que la Part des Anges, l’établissement reconnait que la fréquentation est en augmentation depuis les travaux sur le port : « les restaurants ont ouvert et on constate qu’il y a de plus en plus de jeunes qui viennent le soir, c’est positif », raconte le serveur du restaurant.

« Les bars sont pleins, plus vivants que le centre car la qualité est meilleure. Il y a une bonne ambiance, ça donne une nouvelle image de Marseille, un peu plus « bobo » certes. » explique Thomas, un habitué rencontré devant la boite de Jazz : l’U.percut.

Les prix sont relativement dans la moyenne de ce qu’on trouve à Marseille, à peine plus élevés que sur le cours Julien, ce qui attire une population jeune.

« C’est évident qu’on est dans un quartier en devenir. Tous les 6 mois il y a un nouvel établissement qui ouvre, la clientèle va crescendo, car en ce moment c’est « the place to be », donc le monde ramène le monde . » explique Vanessa, gérante du nouveau bar à bière de la rue Sainte, l’imprononçable Fietje. Elle a pressenti que la rue Sainte allait bouger et y a vu une opportunité: « C’est par rapport à la clientèle du 7 ème que je suis venue m’installer ici, ayant un autre établissement au cours Julien, je cherchais à viser une nouvelle clientèle, des gens qui aiment la bière ! ». Un pari visiblement réussi, car son bar est plein un mardi soir.

Dans cette rue à la demande assez éclectique, on peut voir des familles et des retraités en début de soirée pour laisser place aux noctambules, aux trentenaires et aux quadras qui veulent se détendre.

Pour l’un des gérants de la Ruche (un bar restaurant de la rue Sainte, ouvert depuis le 10 octobre), « c’est une rue en pleine expansion, pour une clientèle de tout âge et populaire qui a besoin de trouver un endroit cool, ça change des endroits habituels car c’est un cadre assez spécial et identitaire. »

Les clients occasionnels viennent quand une soirée spéciale est organisée, « j’ai l’impression que c’est fait exprès pour la petite bourgeoisie du 7ème qui ne veut pas aller chez les « gueux » dans le 6 eme où au Vieux-Port, du coup, on leur a créé une petite bulle pour qu’ils soient tranquilles, dans leur élément. » raconte Pierre, un client de l’U.percut qui n’est pas particulièrement fan de la rue.

Bi-Side w/ Etienne Jaumet @ U.Percut
Bi-Side w/ Etienne Jaumet @ U.Percut – © Edouard Hartigan

Reste que l’ambiance est là, différente selon chaque bars et restaurants. La Cave à Jambon dévoile par exemple une ambiance espagnole agréable, alors que c’était auparavant une simple cave, Olivier, le gérant a décidé de la transformer en un restaurant à tapas du fait de la demande croissante rue Sainte.

Ainsi, en allant à l’U.percut, figure de proue de la nouvelle rue Sainte, c’est une tout autre ambiance que vous trouverez. La boite de jazz propose en effet une programmation éclectique : hip hop ou électro, jazz selon les soirées.
C’est une affaire qui roule, « on est super content, sur le haut de la rue il n’y avait rien et depuis 3 ans la rue Sainte a pris un bel envol au niveau de la restauration et des bars alentours. Il y a une bonne dynamique de quartier et une très bonne entente avec les autres bars-restaurants. La  clientèle est très variée grâce a la programmation, pour l’instant tout va bien » nous informe Vanessa, qui travaille à l’Upercut.

Le videur, un observateur intéressant pour décrire le phénomène, confirme : « Ça a beaucoup augmenté depuis que la Ruche et d’autres bars-restaurants ont ouvert. Ça a créé une petite zone d’activité super sympa. Notre clientèle est abondante et de plus en plus régulière, on récupère ceux qui vont à la Ruche qui ferme tôt, on fait un turn-over, les gens mangent et boivent à côté puis ils viennent ici pour danser. La moyenne d’âge est de 25-45 ans mais très mixte, des jeunes, des moins jeunes, les vendredis et samedis de septembre à mars l’U.percut est plein à craquer ».

Pour Jack de Marseille, qui y mixe depuis un moment « ici c’est un lieu à part, je ne joue pas du tout ce que je joue dans les autres lieux. Ici la programmation est plus du funk, jazz, hip hop, ce soir par exemple (ndlr: vendredi 8 janvier) je joue avec Cyril Benhamou, c’est un projet complètement à part. Ça sera plus house ce soir ! Ceux qui viennent me voir mixer dans cet endroit  viennent pour le vin, les tapas et pour les concerts proposés, c’est une clientèle que je ne vois pas souvent qui est un peu plus âgée ».

On peut confirmer : vendredi soir, le monde était au rendez-vous.

Mathilde Pasquet 

Une Réponse à “BIÈRES, TAPAS, TRENTENAIRES: LA NOUVELLE RUE SAINTE”

  1. Simon

    L’inénarrable attribut de « place to be » nous a encore joué des tours. J’avais oublié ce que signifie ce qualificatif dans le monde de la nuit mainstream. Nous sommes entré à « La Ruche », nous y somme resté tout au plus 20mn. Ceci n’est pas un bar, c’est le Facebook, ou plutôt l’Instagram du samedi soir, un endroit que l’on ne fréquente que pour y paraitre, se montrer… Que l’on vienne m’expliquer sinon quel est l’intérêt de ce lieu? Déja le bruit, ou plutôt bruissement, d’ou le nom la Ruche certainement, moi qui espérait que cet intitulé se retrouve plutôt comme un fil rouge dans les nectars proposés, est proprement insupportable. L’endroit est bondé et il est aussi énervant d’aller commander un verre au comptoir que lors d’un soir de match au O’Malley’s. Enfin bon les gouts et les couleurs… Pour se rendre si nombreux au bout de la rue Sainte il doit y avoir des attraits que je n’ai pas su saisir. Pour moi il s’agit du bar le moins attrayant que j’ai eu l’occasion de visiter. Bref il n’y a décidément que le cours Ju et la Plaine, et quelques spécimens perdu dans d’autres arrondissments…

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