C’EST QUOI LE PROBLÈME AUX VARIÉTÉS ?

Le 4 mai dernier, les employés et habitués du cinéma les Variétés en occupaient l’entrée, dans le but de protester contre la société la « Bastille Saint-Antoine », gérante des Variétés et du César. Le documentaire indé « La fête est finie », qui revient sur l’année Capitale européenne de la culture, est en effet resté pendant 7 semaines à l’affiche du cinéma indépendant marseillais. 7 semaines de billetterie qui n’ont jamais été partagées avec la société de production « Primitivi » et à « 360° et même plus », qui a assuré la distribution du film. Au total, le président Galeshka Moravioff a refusé de payer plus de 3000 euros. Et il semblerait que le personnage n’en soit pas à son premier coup foireux.

La dernière fois que Moravioff s’était fait remarquer, c’était pour la grève des salariés des cinémas le César et les Variétés. À l’époque, en 2010, les cinémas avaient tiré le rideau pour cause de non paiement des salaires par la société « la Bastille Saint-Antoine ». Un problème qui devenait trop régulier pour les salariés qui avaient décidé de se faire entendre. « Il essaye de faire de l’argent sur le dos du cinéma indépendant cet homme-là, » nous a expliqué un salarié du cinéma les Variétés. Moravioff ne ferait donc pas trop d’efforts pour maintenir à flot ses cinémas…

Les choix des films sont souvent très contestés et les films restent très longtemps à l’affiche. Le label « Art et essai » des Variétés est d’ailleurs souvent remis en question depuis 2013. Les critères pour garder ce label sont précis, ils se basent sur un indice de diffusion de film « Art et essai » par rapport aux œuvres diffusées par le cinéma dans une année. D’autres critères se basent sur la politique de l’animation des cinémas (par exemple dans l’organisation de soirées à thèmes). L’entretien des salles est de moins en moins assuré. Tous les cinéphiles marseillais habitués à aller dans ces cinémas ont déjà remarqué que les salles sont vétustes. Un inconvénient de taille pour garder le précieux label art et essai.

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Une mauvaise réputation auprès des associations

Galeshka Moravioff est à la base un pianiste-compositeur originaire de Lugano, en Suisse. Il est le directeur et le fondateur de la société de production et de distribution « Film sans frontières ». Il fut un acteur majeur du cinéma indépendant dans les années 80 et 90. Avec sa société, il a produit des films qui ont été diffusé dans de nombreux festivals de cinéma. En 1987, il acquiert les droits de la société « Bastille Saint-Antoine » et devient le gérant du cinéma du même nom situé à Paris. En 1993, il acquis les droits du cinéma le César et ceux des Variétés en 97. La « Bastille Saint-Antoine » gère au total 5 cinémas. Ces acquisitions lui ont permis de pouvoir faire encore plus la promotion de sa vision du cinéma indépendant partout en France. Et l’homme n’a pas pour habitude de parler dans les médias, le contacter relève presque du parcours du combattant. Ceux qui en parlent le mieux sont les personnes qui l’ont côtoyé. « Il sort uniquement de l’argent pour pouvoir bloquer des films pendant très longtemps et pour pouvoir les utiliser dans ses cinémas. Ce mode de fonctionnement ne peut pas marcher dans le monde du cinéma indépendant, » déplore un producteur. Moravioff a su se créer une mauvaise réputation auprès des distributeurs. Ils ont de plus en plus de mal à vouloir diffuser des films dans les 2 cinémas. «  Le mec n’a jamais voulu nous payer la recette de la billetterie. C’est 3000 euros quand même. C’est très dur de l’avoir au téléphone, on a pas pu avoir de conversation avec lui. Grâce à ce film, il a eu une certaine couverture médiatique. Il ne paye pas les petits distributeurs alors que justement il se targue de défendre le cinéma d’auteur. » Le réalisateur du film « La fête est finie », Nicolas Burlaud, a aujourd’hui reçu un échéancier de remboursement de la part de Galeshka Moravioff. Mais les motivations du personnage sont encore obscures.

Nicolas Chiale

Une Réponse à “C’EST QUOI LE PROBLÈME AUX VARIÉTÉS ?”

  1. garric

    Au delà, la question est celle de l’intervention de la mairie dans l’exploitation du cinéma à Marseille… Il faudrait voir à qui appartiennent les murs des variétés et qui a payé les travaux de rénovation

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