CHALEUR HUMAINE, OAÏ ET ARTISTES ENGAGÉS: RETOUR SUR LE FESTIVAL LA PLAINE INDÉPENDANT

On était samedi dernier au Festival de La Plaine indépendant, une initiative qui promettait sur le papier, et qui a convaincu dans les faits. Petit récit d’une soirée bon marché, agréable, une belle vitrine pour le quartier du Plateau.

L’entrée de l’Espace Julien, au milieu du Cours Ju, devient toujours un théâtre à part entière les soirs de gros événements. On y retrouve les mêmes acteurs dans les mêmes rôles ; des équipes de ceux qui flairent la bonne affaire (« Vous cherchez pas des places ? »), à ceux qui squattent l’entrée des loges en espérant pouvoir rentrer avec quelqu’un. Mais le gros du casting est composé de ceux qui font vivre la Plaine, souvent en plein apéro, jeunes et vieux, blancs et bronzés, coiffés de dreads et de casquettes Nike.

Samedi dernier, le Festival La Plaine Indépendant ne faisait pas exception. Avec succès puisque la salle affichait complet bien avant l’ouverture des portes. Une soirée qui veut rassembler autour de l’attachement à un quartier à l’authenticité menacée, comme nous vous en parlions récemment. Et ce soir, tout rappelle la Plaine et son quartier, jusqu’à la programmation (Gari Greu, les Raspigaous, la Cumbia Chicharra, Toko Blaze, Selecter The Punisher, Goodjiu, RPZ).

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On ne pouvait attendre autre chose d’un festival qui présente une programmation avec des artistes tous liés de près ou de loin à ce Plateau. Gari Greu, membre de Massilia Sound System, en parle volontiers, plein de sueur après un live dans une salle pleine à craquer : « C’est là qu’on a tous commencé. Le premier concert de Massilia, c’est à l’arrache, sur la Plaine, avec 50 personnes ». Sans pour autant faire dans l’angélisme « J’adore ce quartier, mais à Marseille on est des spécialistes de ne capitaliser sur rien. On a une pénurie de vision des élites terrible, regarde ce qu’ils nous proposent. On est dans le vrai centre de Marseille… Un quartier rouge sans les bordels ». Il nous parle avec émotion d’une époque ou la Maison Hantée, bar resto gothique, remplissait la rue Vian avec des concerts rap, ou de la fois où Nirvana était sur la Plaine. Mais c’est sa proximité avec le Balthazar, le nom originel du Molotov, qui l’a amené à ce festival.

L’organisation est en effet assurée en bonne partie par ce même Molotov. Hazem, grand barbu bien connu des soirées du quartier, confirme cet esprit : « Je crois qu’on a prouvé qu’on pouvait faire un festival indépendant, pas cher, et remplir l’Espace Julien ». Un peu plus qu’une soirée pour danser avec les Raspigaous, donc. « Le constat était simple : les festivals industriels à 5000 personnes et 50€ c’est pas pour nous. Ici on a remis en valeur le lien social, les musiciens se sont baladés dans la foule, les gens se sont parlés. » Ce que l’on peut confirmer, tant la chaleur humaine était présente (voire trop, la température dans la salle ayant probablement atteint les 40 degrés, sans être marseillais).

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Lionel, chanteur des Raspigaous, après être parti dans la fosse, avoir invité sa fille à la batterie pour un morceau, après avoir bu quelques litres d’eau, conclut parfaitement sur la soirée : « C’était le feu, c’était la Plaine, c’était Marseille quoi ! ».

Iliès Hagoug

LES PHOTOS DU FESTIVAL INDÉPENDANT DE LA PLAINE

 

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