CHLOÉ : « IL Y A QUELQUE CHOSE QUI SE PASSE EN CE MOMENT »

Chloé déteste danser, mais ça fait un bail qu’elle nous fait tous bouger. Quelques jours avant qu’elle vienne le prouver en atterrissant à Marseille, au festival le B:On air plus précisément, on a pu discuter avec l’une des constantes de l’électro française. Une discussion à coeur ouvert sur la Techno, Steve Reich et l’étiquette « femme DJ ».

Paris a dû réinventer sa nuit et sa scène. Pour toi qui est une locale, Paris la nuit c’est cool en ce moment ?

La scène est  réellement très active, contrairement à il y a quelques années, où on avait collé l’étiquette de ville ennuyeuse la nuit à Paris. Beaucoup de gens avaient quitté la ville, la trouvant trop molle. Mais en ce moment, ça ne trompe pas ; il y a énormément de promoteurs, de soirées, de clubs, depuis 5 ans, c’est devenu intense et dense. De manière générale, et partout en France, il y a quelque chose qui se passe, une certaine démocratisation de la musique électronique, on a presque un peu du mal à suivre.

Cette démocratisation, avec ton vécu, tu la ressens comment ?

J’ai jamais changé mon cap, et j’ai toujours composé beaucoup de musique, mixé dans beaucoup de soirées, et tout ça depuis 20 ans. Une chose est claire, les chapelles ont explosé. Là où on se connaissait tous il y a 20 ans, on voit énormément de nouvelles têtes et beaucoup plus de public. C’est intéressant pour moi en tant qu’artiste, on ouvre plus ses horizons et on a plus de gens à faire danser.

The Dawn EP, ta dernière sortie, d’où c’est sorti ?

Ce maxi est un morceau qui me tient énormément à coeur, qui est très perso. Je voulais faire un morceau qui dure très longtemps, sur le thème de la mémoire, du souvenir, je voulais utiliser plein d’éléments. J’aurais même pu le faire durer plus longtemps encore. Le morceau commence un peu comme une histoire, un livre qu’on ouvre et qu’on ferme. Moi ma façon de faire ouvrir mon morceau, c’est avec pour ouverture et pour fermeture un même son de cassette, mélange d’ancien et de nouveau.

Quel son te fait kiffer en ce moment ?

En ce moment, je suis très prise par mon label, qui s’appelle Lumière Noire records. Je me concentre pas mal là dessus, et je rencontre plein d’artistes au cours de mes voyages. Sutja Gutierrez, Il Est et Vilaine, des gens qui sont devenus des proches et dont je suis le travail. Au delà de ça, j’ai des habitudes d’écoute assez larges, de la techno qui tape un peu à des trucs plus lents, plus ambient.

Tu as toujours des projets un peu fous sous le coude, le dernier c’est une réinvention de Steve Reich ?

Tout est parti d’un projet avec une musicienne qui s’appelle Vassilena Serafimova, un live filmé pour la série « Variations », par arte, où il s’agit toujours d’associer un artiste electro et un musicien classique.

Elle s’est mise derrière le marimba, et le thème est Steve Reich. On en a tiré un live de 30 mn, et on a tellement aimé qu’on prépare un format live d’une heure, dans lequel on se réapproprie un artiste, un univers. Et c’est ce qu’on jouera au Frioul fin août dans le cadre du Festival MIMI.

Je sais que tu n’aimes pas être classée sous l’étiquette « Femme DJ », ça te gonfle ?

Je suis une femme et je suis DJ, je ne peux pas le retirer, mais si on regarde d’un peu plus près on y voit plus de détails. Il faut juste vouloir le faire un peu. En dehors de ça, j’ai aucune leçon à donner à personne là dessus.

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