DEMI PORTION : « JE ME SENS PROCHE DE MARSEILLE »

Il en a fallu des paroles martelées et des verves engagées avant que la carrière de Demi Portion ne décolle enfin. Lui, n’a jamais lâché. Il faut dire qu’il a musique dans la peau, et qu’il n’a rien d’un demi rappeur. Humble au possible, il a accepté de retracer son parcours avec nous juste après son concert à Marsatac.

Comment as-tu commencé à rapper ?

J’ai commencé à rapper avec le groupe d’Adil El Kabir qui donnait des cours d’écritures en 1996 à Sète. On a créé Demi Portion. A l’époque, on était six et on faisait du rap et du break. On a même fait la première partie de la Fonky Family. Au fil des années, les autres ont arrêté et moi j’ai continué en conservant le pseudo.

Pourquoi t’être dirigé vers le rap plutôt que vers un autre style de musique ?

A la maison on écoutait de la musique traditionnelle marocaine (rires). J’en avais un peu marre, et j’ai commencé à m’intéresser à ce qu’il se faisait ici en France. J’ai découvert le rap et ça m’a tout de suite plu. J’avais enfin trouvé un moyen de m’exprimer et d’avancer.

Qu’est ce que tu écoutais à l’époque ?

J’écoutais beaucoup de rap américain comme Mobb Deep ou DJ Premier.

Comment ça se fait que tu n’as jamais lâché ?

J’ai persévéré. La musique c’est ma passion, c’est comme ça. Et puis je fais pas le fou, j’attend pas de rentrer dans les charts. Je veux juste faire du rap.

Je crois savoir que Marseille est une ville que tu connais bien ?

Oui, c’était pas loin de Sète, et ça bougeait pas mal. Je grillais le train pour venir. En 1997, je venais aux ateliers d’écriture donnés à la Friche Belle de Mai. C’est là que j’ai rencontré Keny Arkana. Je piquais la carte d’identité à ma mère au cas où vu que j’étais encore mineur. J’étais tout petit. J’étais là avec mon walkman et je rêvais d’une seule chose : faire du rap. Et y avait que là-bas que je pouvais montrer un peu ce que je savais faire. Je me sens proche de cette ville. J’ai grandi en écoutant IAM, la FF, Faf Larage et 3e Œil. C’était que du kiff, que de l’amour.

En quoi ton nouvel album, « 2 Chez Moi », est-il différent des autres ? C’est l’album de la maturité ?

C’est cliché de dire ça ! (rires) Mais oui je suis plus vieux. Et je pense que ça se ressent dans mon album. C’est un produit simple, inspiré de mes freestyles et enregistré de chez moi. Du fait maison quoi !

Tu cites beaucoup de rappeurs français dans cet album, que ce soit Kery James, Lino, Les Sages Poètes de la Rue, Oxmo Puccino, … c’est une façon d’inviter la nouvelle génération à écouter ce qui se faisait avant ?

Oui déjà ça, mais c’est aussi une manière de passer des dédicaces, tout simplement. Si tu regardes aujourd’hui, plus personne ne cite de noms dans son morceau. On ne veut pas parler de l’autre. Pour moi c’est normal de faire ça.

Qu’est ce qui t’inspire dans ta vie quotidienne pour écrire tes textes ?

Tu viens de le dire ! Ce qui m’inspire c’est ma vie quotidienne !  J’écris ce qui me passe par la tête, je raconte ce qu’il se passe à Sète, sans faux-semblant.

« La vie de rêves » est un clin d’œil direct à Tony Montana. On entend la musique de la série Dexter « Mon dico vol.4 « . Le cinéma c’est quelque chose qui t’inspire ?

Je suis pas cinéphile mais j’aime bien parfois évoquer certains films qui m’ont choqué. Je peux me servir d’une phrase ou deux dans le début ou la conclusion d’un morceau.

T’as quand même sorti « Dragon Rush » en hommage à Dragon Ball Z.

Oui. Je voulais faire un clin d’œil à ce manga de mon enfance. Mais en vrai y a juste un titre où je fais un refrain sur Sangoku.

C’est quoi tes projets ?

Je suis en train de préparer la seconde édition du Demi Festival à Sète. Ça aura lieu du 10 au 12 août au Théâtre de la Mer. Il y aura Youssoupha, Oxmo Puccino, Davodka et pleins d’autres !

[N.B : Le festival est complet]

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