INTERVIEW: DRO KILNDJIAN, ORGANISATEUR DE MARSATAC

Quelques heures avant le grand début de l’édition 2011 de Marsatac, Dro Kilndjian, l’emblématique co-fondateur du festival a pris le temps de répondre à quelques unes de nos questions. Derniers points avant le levé de rideau…

 

LNM : On le sait, tu as créé Marsatac avec Béatrice Desgranges et Laurence Chansigaud après un temps vécu à Londres pour apporter quelque chose qui faisait défaut à Marseille. Depuis, Marsatac a beaucoup évolué et est devenu une institution ; te reste t’il des défis ?

Dro : Je refuse ce mot « institution ». Si nous étions une institution, nous ne serions probablement pas encore aujourd’hui après 13 ans de travail acharné, à la recherche de solutions pour faire avancer le festival, pour lui trouver de nouveaux lieux d’implantation, pour l’embellir, l’améliorer, le transformer etc. Si nous pensions être une institution, nous ferions comme d’autres, nous nous laisserions ronronner en pensant les choses acquises et nous finirions par nous lasser et notre évènement en souffrirait, péricliterait.
Nous ne serons jamais dans ce cas de figure, ce n’est pas dans notre état d’esprit. Nous sommes toujours sur la brèche, nous nous questionnons en permanence, nous remettons tout en question tout le temps, nous circulons sur d’autres évènements, nous sommes toujours avides de nouveautés. Bref, nous sommes très combatifs et déterminés, nous ne lâcherons rien!
Non seulement il reste des défis mais ils sont de taille. Si ce n’est déjà le cas, Marsatac va devenir l’un des plus grands et des plus passionnants évènements de musiques actuelles du sud de l’Europe dans les années à venir. C’est notre objectif. Nous allons tout faire pour que cette manifestation soit non seulement reconnue au plan national comme c’est déjà le cas aujourd’hui, mais à l’international également. Nous sommes très confiants, Marsatac a encore de très belles années devant lui et encore beaucoup de passionnantes aventures à vivre.

LNM : L’histoire de Marsatac est une véritable épopée, est-ce que ce festival reste encore aujourd’hui un combat ?

D : La culture est toujours un combat, toujours une lutte. Lorsque la culture arrête de combattre c’est souvent très mauvais signe. Le signe d’une société sclérosée, conservatrice, qui n’avance plus. Nous combattons donc tous les jours, ça nous maintient jeunes et frais… C’est un peu comme faire son tai-chi tous les matins, une hygiène de vie.
Oui c’est un combat quotidien et en réalité le combat est probablement plus important aujourd’hui qu »il ne l’était au tout début. Les enjeux aujourd’hui sont plus importants, les défis d’autres natures, les interlocuteurs plus attentifs et plus en attente.
C’est une manifestation qui ne restera jamais tranquille, il faudra toujours qu’elle bataille.

LNM : Qu’est-ce qui fait la particularité de ce festival selon toi?

: Son ouverture d’esprit, son inspiration britannique, son côté familial, sa programmation cohérente mais large et ouverte, la jeunesse sans cesse renouvelée d’une très grande partie de son public mais aussi la fidélité des aficionados de la première heure et puis Marseille bien sûr… chaque festival est évidemment très marqué par le territoire sur lequel il opère. Que ce soit positif ou négatif, Marseille a donné un caractère particulier à notre manifestation.

LNM : Quel a été ton meilleur cauchemar de Marsatac ?

: Les plus grandes difficultés que nous ayons traversée est probablement l’annulation pour cause de météo de l’édition au Frioul en 2002 et les problématiques liées au lieu d’implantation du festival sur notre commune…

Par contre, si la question est de savoir quel artiste a été le plus pénible, aucun n’a jamais été un cauchemar sur Marsatac. Nous avons une équipe d’accueil des artistes qui est extrêmement performante, très aguerrie et nous anticipons tout, y compris les demandes spéciales et les petits caprices, du coup, rien n’est vraiment une difficulté et les artistes repartent enchantés. 

LNM : Raconte nous ta plus belle rencontre musicale (ou rencontre tout court)?

: Mes plus belles rencontres professionnelles, ce sont celles de mes deux associées Béa et Laurence. Elles sont mes amies, mes partenaires, ma famille et plus encore.
Ma plus belle rencontre amicale chez les musiciens, c’est Alif Tree, un artiste installé à Marseille depuis une dizaine d’années avec lequel je suis très ami depuis longtemps.
Ma plus belle rencontre artistique récente c’est probablement Toumani Diabaté à Bamako, ce gars te fout la chair de poule dès qu’il prend sa cora en main, quand il joue pour toi tout seul en face de toi, j’vous raconte pas l’effet… j’étais fasciné.
Mes plus belles rencontres d’artistes mythiques c’est probablement Mick Jones (The Clash) qui sort de scène et m’embrasse comme du bon pain en me remerciant cent fois de l’avoir invité ou Chuck D (Public Enemy) qui m’envoie un petit mot sympa pour mon anniversaire… c’est aussi pour des petites choses comme ça que l’on fait ces métiers là.

LNM : Pour la deuxième année consécutive, cette édition investit la Friche de la Belle de Mai, est-ce que des surprises nous y attendent ?

: Plein de surprises, une rue intérieure revisitée, des installations sur l’esplanade très différentes de celles de l’an passé, un collectif de vidéastes allemands très inattendus… mais une surprise c’est une surprise, je ne peux donc pas vraiment vous en dire plus. 

LNM : À quoi ressemble l’édition rêvée de Marsatac en 2013 ?

: A la quinzième édition d’un festival comme le notre. Riche, belle, surprenante, pétaradante!!! On travaille déjà sur ce dossier. Nous allons tout faire pour marquer un grand coup. Encore un!!!

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