FAIT D’IVRESSE #02: LE PREMIER MÉTRO À MARSEILLE

Tu n’es plus un enfant, et tu sais que biture ne rime plus avec voiture depuis bien longtemps, tout comme cuite et conduite. Tu as en toi ce besoin insoumis de voir la lune, picoler et rentrer tard. Comme Julie et au moins une de tes potes se sont déjà fait retirer le permis, plus personne ne prend la voiture pour sortir à Marseille, et pour des raisons plus obscures, on ne tient jamais à te raccompagner jusqu’à chez toi.

 

Bref, parce qu’il y a 4,5 km de montée qui séparent ton « home-bar » de ton lit, tu rentres trop souvent en métro.

Aussi, tu n’es évidemment pas sans savoir qu’il existe une sorte d’heure creuse durant laquelle les métros sont off. Du coup tes week-ends sont rythmés par les heures de non-fonctionnement des transports qui te contraignent à rester dehors, boire avec Julie et rentrer, trop souvent minable.

Une question vitale se pose : comment sortir à Marseille et rentrer (bourré(e)) en transports en commun ? En gros, quelles sont les règles que tu dois respecter pour rentrer chez toi en métro ou en bus ?

© Flickr
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  1. Garder la face face à son public / honorer son public

Si tu as pour habitude de rayer le dancefloor des clubs jusqu’à la fermeture lors des soirées du jeudi soir, tu devras affronter le regard des autres dans le métro. Le vendredi matin face aux honnêtes travailleurs est un moment difficile. Reste digne et garde la tête baissée, peut être que les effluves de ton haleine fétide passeront quasi inaperçues et que seuls les trois get/vodka qui ont fini sur ton t-shirt te trahiront. Avec un peu de chance, tu pourras même croiser ta mère à laquelle tu n’as pas donné signe de vie depuis plus d’une semaine, elle sera ravie de savoir que tout va bien pour toi.

  1. Ne pas s’endormir

De loin ma préférée de tous les don’ts du retour à la maison car trop pratiquée, s’endormir dans les transports n’est plus très amusant lorsqu’une récurrence s’installe. Je pourrais citer en exemple la fois ou j’ai pioncé à l’arrière d’un bus pendant 4h, allant de terminus en terminus. Dans le meilleur des cas tu te réveilleras seul en te demandant où sont passées tes Vans toutes neuves. Dans le pire des cas il pleuvra par -4°C et tu auras une haine incontenable envers le voleur de Vans.

© Capture d'écran Youtube
© Capture d’écran Youtube

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  1. Vomir, mais avant

Respecte-toi et tu seras respecté. Vomis et tu seras écœurant. Franchement, imagine la scène : toi, face à ton public accidentel dans le métro, essayant de retenir ce qui doit sortir, tu craques, tu mets ta main devant mais les morceaux de ton dernier repas passent à contre cœur entre tes doigts, offrant au passager le plus proche une douche romaine… Sache qu’en 2015 il est rare de trouver un émétophile et que ton acte sera malvenu. Si le vomi fait partie de tes petits vices, peut être que freiner sur la boisson aux alentours des 4h du mat’ serait une idée judicieuse.

  1. Rentrer avec les pompiers

Un exemple personnel illustrera bien la résignation. Je me rappelle il y a deux étés de cela, je m’étais enfilé trois bouteilles de rosé à l’apéro avec un collègue. Ma descente à jeun étant assez ridicule, je me suis vite retrouvé dans un agréable état d’ivresse. Hélas, mon pote travaillait le lendemain et l’apéro s’est vite transformé en retour vers nos domiciles respectifs. Dans le métro du retour, plus les stations défilaient, plus mon t shirt se trempait de la transpiration de quand ça va mal. Une fois à mon arrêt, je n’arrivais plus à marcher sans l’aide d’un mur et le métro était sur le point de fermer. C’est en voyant une caméra de surveillance que j’ai alors eu l’idée de m’allonger par terre, imaginant avec certitude que des pompiers viendraient me chercher et que cela serait plus agréable que de marcher. J’ai fini par réaliser la bêtise dans tout ça et je suis rentré, honteux.

© 20 Minutes
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© Dailymotion
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  1. Faire l’acteur face aux contrôleurs

Pourquoi ne voit-on jamais de contrôleurs en heure de pointe mais toujours à 6 ou 7 heures du mat ?

On le sait, en fin de soirée t’as plus de clope, t’as plus de fric et tu te rappelles même plus de ton code de CB. Tu fraudes les transports en te disant (tellement t’es bourré) que tu embrouilleras le moindre contrôleur qui se mettra sur ton chemin. Fais plutôt comme moi : verse-toi le premier liquide venu sur la tête pour simuler une sudation excessive (ta fin de bière tiède fera le taff), recroqueville-toi sur le siège du bus et gémis si on te demande ton ticket. Cette technique pratiquée une fois a fait ses preuves.

  1. Le premier métro n’arrive jamais a 5h

C’est logique, si le premier métro part à 5h, tu devras patienter pour le prendre, et parfois ça dure trente minutes. Tout dépend où se trouve ta station sur la ligne. En gros, ne te précipite pas à 5h05 à la station Estrangin – Préfecture, tu risquerais d’attendre trop. J’en ai fait le constat amer il y a quelques mois, face à une attente de vingt-six minutes avant le premier métro, j’ai pris la dangereuse décision de rentrer par le tunnel sur les petites corniches techniques le long des voies pour savoir si ça serait plus rapide que d’attendre le métro. Quelques minutes plus tard, j’étais arrivé à bon port et j’avais découvert un raccourci.. Mes potes ont trouvé ça débile et dangereux.

© Wikipedia
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L’AVIS DE DOUMÉ, LE SPÉCIALISTE

doume

Sortir à Marseille demande une certaine dextérité et rentrer chez soi avec les transports en commun n’est jamais une mince affaire, surtout dans une ville comme Marseille : taxis escrocs et hors de prix, transports en commun inexistants et vélibs mal desservis. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir une voiture avec chauffeur ou une chambre au Carlton. Va dormir chez Julie.

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