FÊTE DE LA MUSIQUE : LES COMMERCANTS DE LA PLAINE SE MOBILISENT

A quelques jours de la Fête de la Musique, la Nuit Magazine s’est interrogée sur la façon dont allaient se dérouler les festivités dans les quartiers du cours julien et de la Plaine. Avec les travaux toujours en cours place Jean Jaurès, la soirée du 21 juin perd un emplacement de choix mais gagne de nouveaux lieux de fête.

Si vous avez eu de la chance, vous avez pu passer l’un de vos 21 juin dans le quartier de la Plaine. Stands de bouffe, d’alcool, sound systems un peu partout et, bien sûr, la grande scène installée sur le parking de la Plaine. Vous y avez sûrement des souvenirs qui y sont rattachés. Pour certains c’est l’endroit où ils se sont dis que c’était vraiment la dernière fois qu’ils buvaient le mélange vodka/Schweppes agrum, pour d’autres c’était juste un point de repère pour retrouver ses potes dans la marée humaine que peut rapidement devenir la fête de la musique dans ce quartier. En tout cas, on s’y retrouvait tous, à un moment ou à un autre.

Cette année, c’est différent. Vous n’êtes pas sans savoir que le parking de la Plaine est en travaux depuis octobre dernier. Indignation, protestation, occupation, les habitants ont tout essayé mais le chantier a tout de même commencé. Prévu fin 2020, une première partie devait déjà être livrée début juin. Cela aurait permis aux habitants et aux visiteurs de passage de retrouver une certaine facilité à se déplacer dans le quartier. Mais à coup de 15 jours, 1 mois, 2 mois, 3 mois de retard, la livraison de la première partie est repoussée à septembre 2019.

Véritable épicentre de la Fête de la Musique marseillaise, comment le quartier du plateau va-t-il s’organiser autour de ce chantier aux allures de zone de guerre ?

Fabien Chabord, habitant du quartier, est co-gérant du Molotov et vice-président de l’association des commerçants du cours Julien et de la Plaine. En vue des circonstances, il a pris la décision, avec l’association, non pas d’organiser (car c’est impossible) mais d’intervenir sur la Fête de la musique du quartier afin qu’elle se passe dans les meilleures conditions possibles. Pour ce faire, ils ont d’abord entrepris de mettre en relation les commerçants avec différents groupes de musique pour maximiser le nombre d’endroits où faire la fête et, surtout, pour optimiser la communication de l’évènement.

« Il faut savoir qu’il n’y avait aucune communication les autres années. La mairie ne communique pas comme ça peut se faire dans d’autres villes. A Rennes par exemple, la mairie organise une scène et il y a de véritables informations qui circulent sur la fête de la musique. A Marseille, c’est pas le cas », fait remarquer Fabien « Nous on essaie de le faire pour que ce soit bénéfique pour les commerçants qui décident de participer. »

Car le challenge de cette année a été de convaincre le plus de cafés et restaurants de ne pas fermer plus tôt.

« La fête de la musique est un vendredi donc on a reçu pas mal d’inquiétude de la part des commerçants qui voulaient, presque comme chaque année, fermer boutique. On a voulu essayer de maintenir au maximum les commerces ouverts au moins sur la fin d’après-midi style 16h-20h voire 22h pour certains », explique le co-gérant du Molotov.

Vision du projet de rénovation de la Plaine

L’intermédiaire, la Dame du Mont et de nombreux autres bars participeront bien à cette nouvelle édition, comme presque tous les ans. Ils seront exceptionnellement rejoints par des commerces de journée comme la Brasserie Communale, Ill Caffe ou encore Black Bird Coffee. Certaines enseignes sont toujours réticentes car la fête de la musique soulève un véritable problème de rentabilité économique : avec les nombreux stands de nourriture et d’alcool présents dans les rues, certains bars et restaurants n’atteignent pas un chiffre d’affaire assez conséquent pour choisir de participer. D’où cette initiative de mettre en relation les commerçants et les musiciens, pour les faire réellement prendre part aux festivités du quartier.

Mais hormis la question de rentabilité, d’autres problèmes se posent comme la sécurité et la propreté des rues durant l’événement. En mars, l’association des commerçants a commencé à adresser des courriers à la mairie, la métropole et la préfecture, pour essayer de sensibiliser les élus aux problèmes rencontrés durant la fête de l’été.

« A la préfecture, on a demandé à ce qu’un poste de secours soit mis en place sur le cours Julien, la densité dans le quartier fait que les secours ont souvent du mal à intervenir », déplore Fabien.

Ajouté à la liste des demandes : un renforcement de la sécurité, un passage des services de nettoyage très tôt dans la matinée et un plus grand nombre de bacs poubelle à la disposition des habitants. En ce qui concerne la propreté, la mairie soutient les demandes de l’association, même si aucune réponse claire n’a vraiment été donnée quant aux démarches faites pour les mettre en oeuvre. Pour la sécurité, il n’y a encore eu aucun retour, deux ans après un drame survenu sur la Plaine en marge de l’événement.

Un chantier qui dérange

Pierre Garcia est membre de l’association des commerçants de la Plaine et du cours Julien et co-propriétaire du restaurant Chez Ida depuis 35 ans. Il n’est pas étonné par ce manque de communication de la part de la ville.

« Comme d’habitude, on pose des questions, on demande des réponses à nos problèmes mais ils y répondent à côté, jamais dans nos soucis, dans nos besoins. La réponse c’est de la langue de bois, et les solutions, il n’y en a pas »

Pierre se bat, depuis septembre 2018, pour que le chantier de la Plaine impacte le moins possible sur la vie des habitants et que les commerçants survivent à cette longue période de travaux. Car avec de nombreuses places de parking en moins, une circulation difficile et des trottoirs encombrés, les complications se multiplient et le chiffre d’affaire de nombreuses enseignes baisse.

« Aujourd’hui les personnes âgées ont du mal à venir. Les gens évitent le quartier, même à pied ! Tous les habitants de Marseille qui passaient par la Plaine pour se déplacer ne viennent plus » se désole le restaurateur

Si Pierre s’inquiète pour l’avenir de son quartier, il n’a aucun doute sur le déroulement de la soirée du 21 juin : « Le quartier bougera quand même. Les habitants s’arrangent, ils s’arrangeront même au milieu des gravats pour continuer à faire la fête ».

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