FIESTA DES SUDS 2016 : FANFARE, BODEGA, ET GUEULE DE BOIS

Le réveil fût compliqué dimanche matin, 14h, après avoir enchaîné les trois soirs de Fiesta au Dock des Suds. Mais malgré l’état léthargique, les souvenirs subsistent. Retour sur les différentes soirées qui ont composé cette 25ème édition.

 Jeudi : Bobzilla, Thiéfaine et Deluxe

Au début, cela semble mal parti. Le temps n’est pas au beau fixe et la programmation de cette soirée d’ouverture, qui se veut être la plus marseillaise, ne garantit pas de rameuter les foules un jeudi soir. Pourtant, le monde est bien au Dock des Suds, sûrement ravi de retrouver le festival incontournable de l’automne marseillais. Après une queue qui n’en finit pas et le passage obligé par les vigiles, la foule rentre dans l’arène, prête à en découdre à coup de jetons boisson. En attendant 20h30 et le premier concert, ça se ballade, ça mange, ça boit et ça discute. Bobzilla, alias Michel du film « culte » Les Collègues, ouvre le bal à la Bodega avec un mix hip-hop jusqu’à ce que Hubert-Félix Thiéfaine prenne d’assaut la grande scène extérieure et l’oblige à remballer sous peine de cacophonie. Avec son rock noir et sa poésie fumante, Hubert-Félix Thiéfaine ne fait pas l’unanimité chez ceux qui connaissent pas l’artiste. « On aurait dit Johnny qui avait sucé Eddy Mitchell, du coup on est partis » nous explique Gaëtan, étudiant en marketing habitué de la Fiesta des Suds. Dans la salle des Sucres, Moussu T réveille l’esprit marseillais avec des chansons de son nouvel album et son grand classique A La Ciotat en version hard, le tout en distribuant des tracts pour sauver La Plaine. On kiffe. A 23h15, retour sur la grande scène avec les moustachus de Deluxe. Comme d’habitude, le groupe a su foutre l’ambiance. « C’était très festif et dansant, mais je trouve qu’ils ne se renouvellent pas assez dans leurs concerts » analyse Pierre, chercheur dans un bureau d’étude mécanique. Tout le monde danse, et les plus attentifs peuvent même apercevoir Papet J et Bobzilla dans un coin. « C’est ça aussi l’esprit de la Fiesta : croiser des artistes en train de se balader, normal ». Gaëtan apprécie. Pendant ce temps-là, l’Argentine La Yegros met le feu à la salle des Sucres et met tout le monde d’accord. Sa cumbia tropicale est bien connue des auditeurs de Nova, et soyons honnêtes, le spectateur moyen de la Fiesta a de fortes chances d’être celui qui se paluche sur des sons de Nova. Au final, malgré nos à priori, la soirée fût une franche réussite et annonçait la suite.

Fiesta des Suds 2016 © Raoul Photography
Fiesta des Suds 2016 © Raoul Photography
Vendredi : Louise Attaque, Walkabout Sound-System et YMCA

On ne pensait pas qu’il y aurait encore plus de monde que la veille et pourtant. La venue de Louise Attaque, groupe taillé pour le cœur de cible de la Fiesta, remplit la zone autour de la scène extérieure. Impossible de se rapprocher. Et même si le concert est intense, même si on est plus que ravis d’entendre Anomalie ou Ton Invitation résonner, la foule est telle que la sono gâche notre plaisir. Impossible de danser comme on veut sans se prendre au choix un coup de coude ou une bière dans la gueule. Du coup, au bout d’un moment, c’est le ras-le-bol. On reviendra pour le final, Les Nuits Parisiennes et J’t’emmène au Vent, mais en attendant direction le Walkabout Sound System de Tony-S. Depuis quelques années déjà, ce dernier propose un mix funk à souhait au pied de son van customisé, qu’il prétendait être obligé de vendre pour un poisson d’avril cette année. C’est l’endroit idéal pour rebondir après un concert et voir des gens tenter une certaine forme de danse expérimentale. Une fois le concert de la bande de Gaëtan Roussel terminé, le Dock se vide petit à petit. « Y a quoi après ? », « On fait quoi ? » peut-on entendre autour de nous. « Il est encore tôt, on va voir Baja Frequencia au Cabaret ?« . Effectivement, y a plus grand chose. On se jette à la Bodega du coup, comme quand tu finis dans une boite improbable faute de meilleur plan, et évidemment on entend un mélange musical des années 80, entre YMCA et It’s Raining Men. Comme toujours dans ce scénario, beaucoup d’alcool sera nécessaire, mais c’est toujours marrant.

Fiesta des Suds 2016 © Raoul Photography
Fiesta des Suds 2016 © Raoul Photography
Fiesta des Suds 2016 © Raoul Photography
Fiesta des Suds 2016 © Raoul Photography
Samedi : Puppetmastaz, Cassius et musique de fanfare

Pour son dernier soir, la Fiesta des Suds a privilégié une programmation plus prisée par les jeunes. Si la foule est moindre par rapport aux deux jours précédents, on peut mettre ça sur le dos de la pluie. Dans la salle des Sucres, les marionnettes allemandes de Puppetmastaz font le spectacle et enchaînent les titres de leur nouvel album, dans un mélange de beats et de hip-hop. En attendant Cassius, qui a un peu de retard, la fanfare se met en marche et éclate dans les couloirs du Dock des Suds. Et ça fonctionne ! Dans la joie et la bonne humeur, elle reprend les grands tubes de la musique française, de Noir Désir à Indochine. A quasiment 1h du matin, direction la grande scène extérieure pour voir Cassius, le duo de musique électronique French Touch. Sur leur grand volcan, les deux français exécutent une grande messe électronique pendant plus d’une heure, pour le plus grand plaisir des amateurs du genre. Une fois le show terminé, petit détour par le concert de DJ Oil au Cabaret avant de retourner au van funk de la veille. Après une heure de musique d’un autre temps, le Walkabout Sound-System s’éteint. On remarque alors que les lieux sont quasiment vides. « Où sont-ils tous passés ?« . On comprend que la majorité est en ce moment même à la bodega. Là-bas, les chansons de la veille deviennent les tubes d’aujourd’hui, et c’est dans une ambiance quelque peu alcoolisée que les gens chantent à gorge déployée. Et ce pour le plus grand plaisir du quarantenaire qui sommeille en nous. Ou si t’es quarantenaire, pour le souvenir du minot qui sommeille en toi.

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