FLATBUSH ZOMBIES : « LA NOUVELLE SCÈNE EST BIEN PUISQUE ON EST LA »

Il est minuit quand les Flatbush Zombies arrivent dans l’espace presse. Ils sont calmes, ou déjà plus ou moins rapta : des têtes de gamins avec des grillz dorés dans la bouche et les cheveux roses. On a 10 minutes pour faire parler le trio de Brooklyn, qui retourne les scènes du monde entier depuis trois ans déjà. Une heure après, on retrouve les Flatbush à la Cartonnerie. La vrille a commencé. Les mecs ont tombé les tee-shirts et font des bonds de deux mètres. Les grillz laissent échapper un flow qui ambiance beaucoup trop la foule. En fond, des projections psychés qui posent le décor : les Flatbush Zombies sont chéper et ils sont chauds. Milieu de concert : leur DJ passe du Nirvana histoire de les enrager un peu plus, Meechy Darko réussit un slam dans la foule. Fin de concert : Meechy Darko saute (encore) dans la foule. Cette fois-ci pour rapper au milieu du public. Jusqu’ici tout va bien. Retour une heure en arrière, quand ils étaient chill sur notre canapé :

Vous êtes venus de Brooklyn à Marseille directement ?

Non on était à Amsterdam, ensuite on va à Paris et puis je ne sais plus où. C’est impossible de se souvenir de toutes les scènes que l’on fait.

Décrivez-nous votre musique ?

Outrageante, réelle, inspirante, imaginée, Brooklyn. C’est compliqué de tout dire en quelques mots.

Même sous acide ?

Les acides c’est la réalité non ?

Avez-vous d’autres influences que le hip-hop ?

Meechy Darko et Erick montrent tous les deux leurs tee-shirts. David Bowie (en paillettes of course) pour l’un. Les Red Hot pour l’autre.

Mate juste ça. Ma préférée de David Bowie est Fame. On écoute pas mal de rock. On ne s’est jamais dit « Regarde ce blanc maigrichon, il est ridicule ». On préfère écouter et kiffer, plutôt que de juger les personnages.

Qu’est-ce que ça vous fait de jouer le même soir que des membres du Wu-Tang ?

C’est un grand honneur. On respecte beaucoup ce que les anciens ont fait, et sans eux on aurait jamais eu l’occasion de faire ce qu’on fait, d’aller où on va.

“Je n’ai jamais dit qu’il fallait prendre de la drogue. J’ai dit que moi, dans ma vie et mon parcours, je kiffais la drogue et ce qu’elle m’apportait„

© Mariam St-Denis - Flatbush Zombies - Marsatac 2016
© Mariam St-Denis – Flatbush Zombies – Marsatac 2016

Quel est le message de votre musique ?

Erick : Soyez vous-mêmes et ouvrez votre esprit.

Meechy Darko : Et surtout, je ne rappe pas à la gloire de la drogue ! Je n’ai jamais dit qu’il fallait prendre de la drogue. J’ai dit que moi, dans ma vie et mon parcours, je kiffais la drogue et ce qu’elle m’apportait. Je te dis pas ce que toi, tu dois faire.

Depuis quand faites-vous du son ?

Erick : Je connais ces mecs là depuis l’école primaire. La musique a été pour nous, en tout cas pour moi, un moyen de me sortir de mes problèmes et d’être moi-même, j’ai commencé à rapper quand j’allais mal. C’est aussi aussi un moyen d’entretenir un lien entre nous.

Vous connaissez des rappeurs français ?

Zombie Juice : Ouai Erick connaît le gros gars tout tatoué, il me semble.

Erick : Ouais, Booba, je crois que ce gars est fou non ?!

Meechy : On ne comprend rien à ce qu’ils disent donc c’est chiant pour nous.

C’est quoi pour vous un public parfait ?

On cherche d’abord et avant tout une foule qui soit receptive. Pour le reste, c’est notre taff. Chaque nuit doit être une folie. Après, nous on cherche chaque soir une foule excitée. Que ça soit le bordel à chaque fois que l’on est sur scène.

Tu es prêt ?

Meechy Darko : Est-ce que toi tu es prête ?

 Propos recueillis par Lou Bes et Iliès Hagoug

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