FRANCK, POÈTE URBAIN DE L’ASSEMBLAGE

Sur le boulevard de Libération là où les bruits de klaxons et de passants pressés plantent le décor, se cache un trésor : « Le laboratoire des métamorphoses. » Un atelier où les objets prennent vie. Derrière ce trésor s’éclipse un homme, Franck Garam.

Franck est depuis toujours attiré par les objets du quotidien, la récup’ et l’assemblage en tout genre. Déjà petit, on le surnommait « casse tout », il démontait pour mieux rafistoler. Éternel rêveur, il sort du carcan universitaire à 25 ans pour s’exercer dans le domaine du luminaire. Il monte, répare et embellit des lustres. Mal payé, il écume les brocantes pour arrondir ses fins de mois et s’emploie à entasser divers objets et accessoires dans l’entrepôt de son oncle.

Cet entrepôt, Franck y a grandi, et a partagé avec ce dernier le goût du bricolage. Au fil du temps l’entrepôt deviendra son laboratoire à idées.

Au fond de la cour, l’atelier de Franck dénote. Mille couleurs s’échappent de la fenêtre et font de la devanture un ornement onirique et lumineux.

© Laure Lavergne
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Le seuil de la porte franchi, l’amas d’objets parfaitement ordonné étonne. Chaque chose semble trouver sa place dans ce bric à brac coloré et insensé.

Au départ, il faisait de ses trouvailles des objets pratiques pour les besoins du quotidien, comme en témoigne cette cabine de douche, autrefois cabine téléphonique. Ou même ce rangement à outils qui était à l’origine une machine dentaire.

© Laure Lavergne
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Sa première œuvre : un couple aux têtes en poignets de porte, bras en étain sous une armature de parapluie. Alliant ses objets trouvés, son savoir-faire et sa technique, il se met en marche sur le chemin de l’assemblage.

Mais de ces raccommodages sont nés l’envie de laisser la créativité prendre le pas sur la nécessité. On trouve des miroirs au plafond, les tiroirs sont à la vertical, les astuces de rangements s’empilent, un cadi sert de fauteuil et les boites de sardines se transforment en guirlandes.

Franck rassemble, assemble, détruit et reconstruit.

© Laure Lavergne
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Un objet en crée en autre et jamais ne se meurt. « Les époques transforment les objets et ils touchent la mémoire de chacun » déclare t-il tout naturellement.

Son lieux de travail : la ville toute entière. Il arpente Marseille sans idée préconçue, et fini toujours par faire une trouvaille au coin d’une rue. « La rue est une mine d’or, et à force de vadrouiller, j’ai l’œil. » affirme le féru d’invention.

D’une nature discrète et timide, Franck se sent bien dans le monde qu’il s’est construit et laisse jaillir son art à travers les objets qu’il croise sur son chemin.

Sa dernière œuvre exprime bien sa manière de contempler les choses au jour le jour. Dans un tube de verre, un mécanisme d’horloge fait lentement tourner un coquillage sur lui même entrainant une boussole grâce a un aimant, une boite de thon en guise de socle. « La boussole représente un nouveau cap, une destination aléatoire, pour l’heure inconnue, guidée par un mouvement perpétuel. » explique-t-il. Pour ce qui est des projets à venir, l’artiste se montre évasif et se laisse guider par le vent du hasard avec comme seul compagnon de route, sa curiosité aiguisée.

Laure Lavergne

© Laure Lavergne
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