BON GAMIN : « A PANAME, LES GENS POMPENT LES MARSEILLAIS »

La joyeuse bande parisienne de Bon Gamin a mis le feu samedi soir sur la scène du Palais Phocéen à Marsatac. On a pris l’apéro avec eux avant leur concert, histoire de tâter la température et parler rap en toute simplicité.

Bon Gamin ça vient d’où ?

Ichon : Bon Gamin ça a commencé il y a 10 ans, au collège. Loveni était dans la classe de mon petit frère. On s’est rencontré comme ça, et on se réunissait entre potes pour faire du son. Quelques années après, Myth Syzer est venu sur Paris. On l’a rencontré grâce à un ami en commun. Le feeling est passé entre nous, et de là on ne s’est plus lâchés.

Vous étiez comment quand vous étiez gamin ?

Ichon : On était bon mon pote !  J’étais pas très sage mais j’étais bon !

Loveni : On a toujours été des bons gars.

Ichon : Je me faisais virer de toutes mes écoles mais à chaque fois les gens étaient désolés pour moi. J’étais bon quoi.

C’est quoi les maîtres mots de votre crew ?

Myth Syzer : Force et honneur.

Loveni : Fais ton truc.

Ichon : Il suffit de le faire.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Myth Syzer : Moi ce qui m’inspire c’est la cuisine.

Ichon : Il adore les fruits et les légumes. Quand il voit une belle tomate, il faut qu’il sorte de la pièce pour exprimer ses émotions (rires).

Myth Syzer : Je décris sa pulpe, sa délicatesse.

Ichon : Désolé, on était sur une impro sur la tomate. Mais plus sérieusement, ce qui nous inspire c’est ce qu’on vit, les rencontres qu’on fait…

Loveni : Les filles, l’alcool…

Ichon : La nuit…

Loveni : La musique qu’on écoute aussi.

Et vous écoutez quoi actuellement ? 

Loveni : Moi j’écoute beaucoup de house.

Myth Syzer : Makala c’est pas mal.

Ichon : On écoute tout on s’en fout.

Y a la Fonky Family qui est passée hier soir à Marsatac. Le rap marseillais, ça vous parle ? 

Ichon : Bien sûr. La FF ! Le Troisième Œil ! C’était une bonne époque.  J’ai grandi avec « Petit Frère » d’IAM, je l’écoutais tous les jours.

Myth Syzer : Pareil. Encore aujourd’hui quand je l’écoute, j’ai des frissons.

Loveni : Moi j’ai jamais trop écouté le rap marseillais. Je respecte mais j’ai pas grandi avec.

Et la scène actuelle marseillaise, vous en pensez quoi ? 

Loveni : Ils ont leur truc. Une vraie identité notamment. Y a qu’à voir : les plus grands succès commerciaux viennent de Marseille.

Ichon : Y a quelque chose qui se passe. Et en vrai les gens de Paname, ils pépon les gens de Marseille. Je me rappelle la dernière fois, j’étais au Parc, et y avait un groupe de gens, on aurait dit des Marseillais. Ils parlaient avec des grands gestes. Et puis ils ont tous les cheveux longs. Tu vois ce que je veux dire ?

Vous êtes déjà venus à Marseille ? 

Ichon : Moi non.

Loveni : Je suis venu quand j’étais petit mais je ne m’en souviens pas.

Myth Syzer : Moi oui. J’étais venu donné un concert à la Friche il y a quelques années. J’adore cette ville.

C’est quoi la différence entre le rap parisien et le rap marseillais ?

Ichon : L’accent.

Loveni : Y a plus trop de clivages je trouve.

Ichon : Si quand même ! Y a une énergie différente ! Y a une autre façon de vivre qui influe naturellement sur la musique. Nous ce qui nous inspire c’est la vie, donc quelqu’un qui vit dans le sud, avec le mer et le soleil, forcément il va faire une musique différente. Putaing con !

Myth Syzer : T’es fada ou quoi ?

Bosser en groupe, c’est pas trop difficile ?

Ichon : C’est l’enfer !

Loveni : Ouais mais quand on y arrive c’est chanmé par contre. C’est dur de s’organiser en groupe mais dès qu’on s’y met c’est lourd. Ça va vite, on se conseille, et ça t’amène là où t’aurais pas été forcément tout seul.

Ichon : De ouf ! C’est complètement vrai.

Est ce que y en a un qui fout plus bordel que les autres ?

Ichon : Ça dépend. Chacun à son truc relou. Lolo il est jamais là. Mais quand il est là, il est là ! Syze, il casse les couilles. Et moi je suis le meilleur.

Loveni : Lui d’un coup il fait la tronche, comme ça sans raison. Mais oui, chacun a son truc. Moi je peux disparaître comme ça. J’aime avoir ma liberté de mouvement.

Myth Syzer : Mais dès qu’on se retrouve pour bosser, ça déchire.

Ichon : Là par exemple, ça faisait deux semaines qu’on avait pas fait de concerts. Et ben on est grave content de se retrouver.

Comment vous procédez pour faire vos clips ?

Ichon : Si je peux me permettre, c’est à ce moment là que c’est compliqué de travailler en groupe. Faut savoir que quand on fait une interview c’est un peu notre séance de psychologie de groupe.

Myth Syzer : C’est vrai en plus ! (rires)

Ichon : Personnellement, quand je fais un clip, je me projette dans ma chanson. J’imagine et je co-écris avec un réal. Mais quand on est en groupe, on peut pas faire ça car on a tous des visions différentes et on a pas forcément le temps. Et donc on fait quelque chose de plus générique.

Loveni : Après, on n’a pas encore fait de gros clips. On est en train de bosser dessus.

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