INTERVIEW: GOMAZIO

Alexandre Simonetti est Gomazio et il inaugure pour nous « La semaine de », qui met en avant pendant toute une semaine un artiste coup de cœur de la rédaction jusqu’à le foutre complètement à poil.Au fil de la semaine nous te présenterons toutes les facettes de ce touche à tout, doté d’un imaginaire ultra fertile. À l’heure ou tout dessinateur qui se respecte passe par l’étape Photoshop / illustrator; Gomazio dessine, scanne et travaille avec ses propres outils. Cet ingénieur de 27 ans récemment revenu sous nos latitudes méditerranéennes expérimente aussi bien l’illustration que la musique, la vidéo et la photo. Bienvenue dans son univers, ici tu parcourras son travail, entre reflet d’une réalité passée au vitriol, d’une dimension parallèle glitchée et d’un délire alcoolique.

LNM : Tu es pour ainsi dire « nouveau » dans le paysage artistique marseillais, peux-tu te présenter et nous décrire le parcours qui t’a conduit à l’illustration ?

Gomazio : Je suis un petit nouveau qui essaye de se faire une place sur la scène artistique marseillaise ; c’est VRAI. Cependant, je suis né et j’ai grandi à Marseille dans les Quartiers nord.

En ce qui concerne les origines du besoin d’expression au travers de l’illustration et des dessins, je pense qu’elles viennent du fait que je suis ingénieur en conception mécanique et que j’en n’ai vraiment rien à faire. Je prends peu de plaisir dans mon travail et j’ai trouvé comme échappatoire le dessin.

Laisser parler sa créativité sur le papier ou bien envoyer 50 mails par jours pour faire des devis, je crois que je sais ce que je préfère. En attendant, je continue l’ingénierie qui me permet de vivre et quand j’aurais des projets plus solides dans l’illustration ou autre, je prendrai une décision.

LNM : Avec tes dessins, on est vite plongé dans un univers mi-enfantin / mi- psychédélique. Où puises-tu ces idées, quelles sont tes inspirations, et quelle émotion veux-tu transmettre ?

Gomazio : Oui, mon style est assez enfantin, coloré, naïf et parfois un peu psyché. J’ai mes périodes…

La seule chose qui ne dépend pas du temps et qui est toujours vrai, c’est que je dessine ce que j’ai à l’esprit. Je ne cherche pas à faire des dessins qui vont plaire, à suivre une tendance ou à classer mon style dans une catégorie existante. Je sors le truc et on voit ce qu’il se passe.

Pour l’inspi, j’ai ma petite idée. Mon père est un personnage hors du commun, il a surement participé à ma créativité. Je l’ai peut-être même déjà dessiné sans m’en rendre compte…

LNM : On a entendu dire que tu travaillais sur Paint, peux-tu nous dire pourquoi et nous décrire ton processus créatif ?

Gomazio : Qui ne connait pas Paint ? En revanche, peu de gens connaissent Paint.Net. C’est une version évoluée de son petit frère. On peut utiliser des claques, des effets et toutes sortes de fonctionnalités. C’est un outil simple et efficace. Je dessine, je scan, je colorie, j’imprime.

Il m’arrive également de tout faire sur Paint.net sans passer par le papier ou une tablette graphique. Je prends juste une taille de canevas assez grande et une bonne résolution de minimum 600 dpi. Ainsi, je peux faire des dessins et imprimer en A1/A0 facilement avec une bonne qualité. Les deux dessins « Octopus » et « Eat me, i am famous » sont réalisés directement à la souris sur Paint.Net.

Cependant, il est vrai que de travailler en vectoriel pourrait être intéressant. Mais que veux-tu, je me régale sur Paint.Net, je laisse Photoshop et Illustrator aux geeks (pour le moment).

LNM : On t’a vu exposer avec les Suzzies le 17 mai dernier chez Bud Skateshop, comment s’est fait la connexion ? Peut-on rapprocher ton travail au leur ?

Gomazio : J’ai envoyé un mail aux Suzzies une semaine avant l’expo. On ne se connaissait pas. Je leur ai tout d’abord fait l’éloge de leurs travaux (C’est toujours mieux de commencer le dialogue par des compliments) et elles m’ont invité à participer à leur expo collective chez BUD à la Friche de la Belle de Mai. J’y ai exposé 4 sérigraphies, des impressions numériques et une sculpture en argile recouverte de Smarties. Pour une première exhibition, c’était super. Le lieu et les gens étaient vraiment sympas. Les filles ont réalisé un très joli vernissage. Elles sont drôles, douées et généreuses. Donc bonne ambiance !

En ce qui concerne le style, c’est vrai qu’il y a des ressemblances dans les personnages que nous créons. Cela dit, elles ont un coup de crayon bien à elles qui est plutôt cool. On se fera sans doute une fresque géante ensemble un de ces quatre. Inch’Allah !

LNM : Expo, mais aussi un wallpaper pour Arte créative. Parle-nous de cette expérience, et donne-nous ton avis sur cette plateforme.

Gomazio : L’audace est une bonne méthode pour se faire voir. J’ai envoyé un mail à Arte sur Facebook en leur donnant ma page Gomazio. Deux jours après, ils ont répondu qu’ils m’achetaient un visuel et qu’ils allaient le mettre en wallpaper une semaine sur le site Arte créative. Ce sont mes petits dinosaures, les Gomazaures, qui ont attiré leur attention.

LNM : Des événements ou collabs à venir ?

Gomazio : J’ai dans l’idée de réaliser un magazine/fanzine sur Marseille regroupant différents illustrateurs / dessinateurs de la région. L’idée serait de rassembler toute sorte de styles (illustration, graphisme, dessin, freaks, naïf, photos…) et présenter par artiste les différents travaux. Il y aura probablement la création d’un kisskissbankbank pour le lancement du magazine. J’ai commencé à contacter des imprimeurs sur Marseille ; Il y aura des sérigraphies, dessins et tee-shirt à la clé en échange de dons. N’hésitez pas à me communiquer vos contacts (gomazio.illustration@gmail.com). Pour la première édition, il y aura entre 10 et 20 artistes représentés dans le magazine.

LNM : Tu es un artiste pluridisciplinaire, peux-tu nous parler des projets que tu mènes en parallèle à l’illustration ?

Gomazio : Oui, je fais de la musique également. J’ai commencé avec une guitare sèche quand j’étais puceau pour essayer de plaire aux filles, sans succès. Je me suis donc penché sur la musique électronique.

J’ai découvert la composition musicale tout d’abord sur Garageband mais désireux de réaliser des sons qui claquent, je me suis dirigé vers la marque Elektron pour acheter une analog four. À ce stade, je prends juste beaucoup de plaisir à jouer seul et avec Monsieur BIR qui je crois, fait partie de l’équipe de La Nuit Magazine. C’est à ses côtés et grâce à lui que j’ai pu jouer quelques fois sur Marseille. On mettra très prochainement en ligne un modeste live issu de notre collaboration.

J’ai fais aussi un peu de vidéo quand j’étais plus jeune. J’ai, comme beaucoup de monde, réalisé quelque stop motion mais c’était plus des « vidéos délires » entre potes, qu’autre chose. J’ai voulu également tester la méthode timelapse avec laquelle tu peux réaliser des vidéos de dingues. J’ai essayé d’en faire un au Népal à 5400 mètres d’altitude mais ma batterie ne résistait pas aux basses températures… J’ai donc une vidéo mais pas ce que je voulais. Je vais m’y remettre…

LNM : Tu as vécu dans différentes villes, en comparaison avec ce que tu as pu connaître ailleurs, que penses-tu de la dimension culturelle à Marseille ?

Gomazio : Marseille est une ville qui bouge et il y en a pour tous les goûts. Ce qui me plait dans cette ville, c’est la quantité de petits trucs qui se passent ici et là. Tout est très vite accessible et le milieu culturel marseillais n’est finalement pas si grand que ça. C’est justement grâce à ça que l’on peut se faire des contactes et un réseau peut être plus facilement que dans une grande ville comme Paris.

J’ai l’impression que la vie culturelle ici n’est pas prétentieuse. Les gens proposent leurs travaux, leurs idées et leurs projets avec humilité. C’est peut-être moins le cas dans les villes plus bourgeoises. Marseille est un lieu de mixité culturelle et d’échanges, les gens sont forcément plus curieux et moins pédant.

LNM : Pourquoi Gomazio ?

Gomazio : J’étais en colloc sur Paris avec une fille qui mettait toutes sortes de graines dans ses salades et notamment du gomasio. Ce sont des graines de sésame grillées et salées. C’est japonais et c’est très bon. Le mot m’a plus et j’ai remplacé le « s » par le « z » car Je trouvais ça plus cool visuellement parlant. Ainsi est né Gomazio.

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