LE GUIDE POUR FAIRE SEMBLANT DE CONNAITRE « MANIFESTA »

Tu l’as peut-être vu passer : Marseille a été désignée pour organiser la biennale d’art contemporain « Manifesta », et apparemment c’est un gros délire. Ici à La Nuit Magazine, on ne fera pas semblant d’être des experts sur le sujet. Et on sait que c’est pas ton cas non plus. Mais après avoir lu ces quelques lignes, tu pourras être le mec un poil suffisant qui explique pourquoi c’est une chance pour Marseille.

 

La première chose à savoir, c’est qu’il s’agit, même si pour ma part c’est la première fois que j’en entendais parler, d’une biennale majeure dans le monde de l’art contemporain, qui a cette tendance à cristalliser un peu les microcosmes culturels. Plutôt autour d’apéros dinatoires diront les médisants.

Elle est née il y a 20 ans exactement, en 1996, l’age doré des subventions européennes, à l’initiative d’une fondation basée en Hollande qui a pour but de créer un dialogue entre les différents acteurs culturels européens et les curateurs. Elle a pour particularité d’être itinérante, au contraire de la majorité des biennales ; l’édition de 2020 aura donc lieu à Marseille, après avoir fait étape à Zurich cette année et à Palerme dans deux ans, et ce sera une première en France.

Pour revenir à cette histoire de curateurs, l’idée centrale de Manifesta est de s’articuler autour d’un thème, à chaque fois différent, pan-européen et choisi avec l’aide d’une équipe d’acteurs centraux de la culture de la ville désignée, qu’il s’agisse d’institutions académiques ou publiques. Et de les mettre ensuite au contact de nombreux curateurs venant de toute l’Europe. Au passage, la mairie de Marseille a d’ores et déjà annoncé avoir débloqué une subvention de 2,4 millions d’euros, soit près du tiers du budget total de l’évènement.

Cette biennale est tout de même l’occasion de sortir de sa zone de confort ; ou pas puisqu’elle est pluridisciplinaire. Photographes, sculpteurs, peintres, qu’ils soient locaux ou non, sont invités à exposer et à mettre en avant leur travail. Tout bénef’ pour le public. Et ce sera surement l’occasion pour certains talents de Marseille de s’exprimer face à des décideurs au niveau municipal, national et bien sûr européen.

Le seul véritable couac de Manifesta est l’annulation de l’édition de 2006 qui devait avoir lieu à Chypre, finalement déplacée en urgence à Berlin. Les problèmes étaient politiques, avec la difficulté d’outrepasser la division en deux de l’île. Elle est cependant critiquée pour son côté trop consensuel, n’hésitant pas à maintenir son organisation en 2010 à St Petersbourg, dans une Russie anti-gay et en pleine invasion de la Crimée. Manifesta est aussi parfois jugée comme souhaitant apporter une seule et unique vision de l’art dans des contextes forcément divers et variés.

En bref, c’est un évènement de dimension internationale, mais qu’il est difficile de ne pas considérer comme un tout petit peu élitiste. Il s’agit donc de ne pas le mettre en parallèle avec l’année 2013, mais il reste que Manifesta est une chance de mettre un coup de projecteur, à l’aide de fonds nouveaux et d’une direction différente, sur un renouveau culturel marseillais avéré.

Iliès Hagoug

Photo: © Mariam Saint-Denis

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