HARD ROCK CAFÉ : LES RAISONS D’UN ÉCHEC

Après avoir évité la fermeture à plusieurs reprises, le Hard Rock Café a depuis peu un nouveau propriétaire. Mais cela suffira-t-il à relancer la machine ?

Menacé de fermeture six mois après son implantation en novembre 2014, le Hard Rock Café du Cours d’Estienne-d’Orves tente encore une fois de raviver la flamme. Après l’ouverture d’un plan de sauvegarde et un redressement judiciaire, voilà que le tribunal de commerce homologue la cession totale de l’enseigne a un nouveau propriétaire, Bernard Mariotti, jusqu’ici actionnaire de la société. Selon le président du tribunal interrogé par La Marseillaise, « cette offre était la seule alternative à une liquidation sèche ».

Présent dans 64 pays, le Hard Rock Café est une véritable institution pour les amateurs de musique rock et de cuisine US. Pourtant, à Marseille, la franchise n’attire pas les foules malgré ses quelques 6 millions d’euros investis. Comment l’expliquer ? L’annonce de son arrivée semblait pourtant enthousiasmer les habitants de la cité phocéenne, ravis de voir ce haut lieu de la culture populaire débarquer sur le Vieux-Port. Ils ont vite déchanté en découvrant les prix élevés pratiqués : 8,75€ le pastis à l’époque ! Dans une ville comme Marseille où le célèbre jaune se vend à 1,60€ en moyenne dans les bars, la pilule avait eu du mal passer. Alors oui, on va pas au Hard Rock Café pour prendre un pastis, surtout si on est marseillais, mais plutôt pour manger dans une ambiance made in USA. Avec ses 1000m2, ses 350 places, sa terrasses, ses deux bars, sa scène, son studio d’enregistrement, sa boutique et son petit musée, l’enseigne est l’une des plus grandes d’Europe. Alors, hormis les tarifs, qu’est ce qui ne passe pas ? La chaîne a t-elle eu les yeux plus gros que le ventre ? Quand on regarde les avis sur Yelp, Google, la Fourchette ou Trip Advisor, on remarque que différentes choses sont pointées du doigt. Si la décoration et la terrasse sont saluées, la salle est jugée « froide » et « peu accueillante ». Le service quant à lui, est ce qui est le plus critiqué, que ce soit en termes de performance, d’attente ou d’amabilité. Il faut dire qu’en moins de deux ans, le nombre de salariés est passé de 110 à 47. Pour palier à ce problème, les nouveaux propriétaires ont lancé cette semaine une vaste campagne de recrutement.

Un problème d’identité ?

Si l’endroit semble plaire aux fanatiques du genre, les autres ont un peu plus de mal à cerner le concept. En effet, quand on regarde les événements passés et à venir, on remarque des concerts de rock bien sûr mais également des retransmissions de matchs de foot, des soirées mexicaines ou encore des concerts de funk et d’électro commerciale. Un large éventail de propositions qui pointe un réel problème d’identité. Le Hard Rock Café de Marseille se cherche encore, et ce afin de séduire un maximum de gens. C’est sûr que les matchs de l’OM attireront toujours une certaine clientèle, de même que le dernier DJ à la mode d’NRJ, mais a-t-on vraiment envie d’avoir ce genre de chose dans un bar rock américain ? Sachant qu’en plus, tout autour, un tas de bars, bistrots, pubs et restaurants les proposent déjà ? Pas sûr. Et ne compter que sur les touristes et les habitués risque de ne pas fonctionner…

Sarah Barbier

2 Réponses à “HARD ROCK CAFÉ : LES RAISONS D’UN ÉCHEC”

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