INTERVIEW: HENRY SAIZ & RICARDO TOBAR

Le 5 mai dernier au Batofar, les mecs d’IRM Records nous invitent à couvrir leur petite soirée parisienne avec à la baguette Joff Logartz et en invités d’honneur, deux pointures de la musique électronique Henry Saiz et ENOLA.

2h30 : ENOLA est déjà en train de lâcher un très gros set, lorsque ce bon Dawad vient me trouver avec un air beaucoup trop jovial pour être sobre afin de me présenter à Henry Saiz.

Il est bien possible que vous ayez déjà pas mal bootyshaké sur les ondes d’Henry et pour cause, vous l’avez peut-être croisé comme nous à la Nuit Rouge en 2011 ou plus récemment aux soirées Electroterminus. Mais Henry Saiz c’est surtout un vrai univers musical. Considéré comme l’un des meilleurs dj du monde, patron de Natura Sonoris et ambassadeur d’une musique progressive à la fois dansante et aérienne, c’est donc tout naturellement qu’on le retrouve tranquillement en train de bavarder avec Ricardo Tobar venu jouer les spectateurs d’honneur.

LNM : Salut les mecs, vous pouvez vous présenter ?

Henry Saiz : I’m a spanich guy who makes music…

Ricardo : I’m a chilian guy who makes music…

LNM : Je ne savais pas que vous vous connaissiez. Comment vous-êtes vous rencontrés ?

Henry : En fait c’est la première fois que nous nous rencontrons personnellement. Nous étions surtout en contact par mail, bien que nous connaissons nos musiques respectives depuis très longtemps.

LNM : Henry, ton son est vraiment spécial, comment le définirais-tu ? Et quel est ton processus créatif ?

Henry: C’est toujours dur de parler de son propre style, parce que c‘est quelque chose de personnel et que tu ne cherches pas nécessairement à coller à un style en particulier, c’est plus le fruit d’une réflexion et l’expression de sentiments. Dans mon cas, on pourrait appeler ça de la melodic techno, mais j‘ai beaucoup d’influences, de la house à la techno, et même le rock progressif, les trucs comme ça… J’essaie de combiner toutes ces influences en un seul morceau et c’est peut-être ce qui fait leur spécificité.

En ce qui concerne l’approche créative de la musique, je pense que ce que font beaucoup de gens, c’est de se poser en ayant déjà une idée du genre de musique qu’ils vont vouloir créer (techno, disco, house…). Moi je ne fonctionne pas du tout comme ça. Je me pose devant mon ordinateur avec mes sentiments, mes émotions, pour essayer de les mettre en musique, mais je n’ai pas de procédé spécial que j’applique à chacun de mes morceaux, alors je ne peux pas réellement t’éclairer sur cette question…

LNM : Tes sets sont connus pour être très dansants, tu es même considéré comme l’un des 100 meilleurs djs du monde par Resident Advisor. Qu’est-ce que ça te fait d’atteindre cette reconnaissance ?

Henry: Ca fait plaisir, c’est sûr, mais c’est pas forcement une question d’égo, c’est bien plus parce que ça apporte une certaine reconnaissance à ton travail. Au fond, si tu fais de la musique c’est avant tout pour que les gens écoutent cette musique et l’apprécient, dire le contraire serait mentir. Du coup, pour moi ça ne change pas vraiment grand-chose, mais ça m’apporte une satisfaction personnelle.

LNM : Tu as aussi créé ton propre label, Natura Sonoris, avec notamment des gens comme Ryan Davis, Van Hai, Cora Novoa et Damabiah. C’était important pour toi d’avoir cette indépendance ?

Henry: Oui pour moi c’était quelque chose de capital, parce qu’aujourd’hui s’il y a effectivement une multitude de labels, le volume de production de musique est aussi extrêmement imposant et c’est toujours très dur de sortir ses disques sur les labels que l’on veut, parce qu’il y a beaucoup de concurrence et qu’au final tout est un peu saturé. Avoir ma propre plateforme pour moi c’est une grande liberté car je peux sortir la musique que j’aime vraiment tout en conservant mon autonomie.

En parlant du label c’est aussi un peu pour ça que Ricardo est là…

LNM : Enfin la dernière question, traditionnelle chez nous, si tu devais mourir demain, quelle serait ton épitaphe.

Henry: En fait je ne crois pas à l’idée d’une vie après la mort, donc à mes yeux ce n’est pas quelque chose de très important, mais je crois que ce que je voudrais que l’on garde de moi c’est avant tout le souvenir de quelqu’un de simple et sympa. Qu’on garde un bon souvenir de moi quoi…

LNM : trop humble ce Henry Saiz…

Henry says : lol 😉

Ensuite on a un peu déconné avec Henry et Ricardo, et même si j’étais pas mal bourré, ma nature de journaliste d’investigation n’a pas pu s’empêcher de refaire surface et j’ai donc posé quelques questions un peu formelles à Ricardo Tobar, jeune prodige du très respecté label Border Community, connu lui aussi pour t’entrainer loin dans des rêves, bien au dessus des nuages…

LNM : Qu’est-ce que tu fous ici au juste ?

Ricardo : Haha. En fait je suis à Paris depuis 2 semaines, mais je compte m’y installer pour un an pour des raisons personnelles et pour développer quelques projets… D’ailleurs si vous voulez que j’en profite pour être votre prochain président, ça me va (on était a la veille du second tour des élections présidentielles)!

LNM : Bah justement quels sont tes projets à venir ?

Ricardo : Là je vais sortir mon prochain track (Esoteric) sur le label français In Paradisum de Mondkopf et Guillaume Heuguet de chez Fool House. Pour l’instant c’est un label assez indépendant, et ça m’a pas mal plu.

Sinon l’autre projet concerne directement Henry puisque je vais participer à la prochaine compilation « Balance » de son label Natura Sonoris. Ce qui m’amène donc directement ici, pour voir Henry mixer !

LNM : On te comprend !

Thibault

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