INTERVIEW: BENDEJO (ADJUNCT AUDIO – AUTRICHE)

Bendejo s’est fait remarquer avec « Unravel », un EP cinq tracks sorti chez Adjunct Audio en août dernier. Ce producteur autrichien au parcours musical classique propose une techno raffinée et onirique qui prend tout son temps avant de révéler la totalité de son corps flatté par des envolées de violon et de piano.

La Nuit Magazine : « Unravel » est ta toute première sortie sur le label Adjunct, comment s’est déroulée la rencontre ?

Bendejo : J’ai envoyé quelques morceaux à Kenneth (ndlr : le patron du label) il y a quelques années et il a aimé, surtout mon travail sur les cordes. On a décidé de faire quelque chose ensemble et il m’a envoyé des extraits ambient sur lesquels j’ai enregistré des cordes. C’est aussi à cette époque que j’ai commencé à travailler sur le morceau « Unravel ». Lorsque je l’ai envoyé à Kenneth, il l’a beaucoup aimé et a voulu le sortir.

La Nuit Magazine : Les morceaux de cet EP sont longs, assez minimaux et éclosent lentement. Est-ce que tu tires ton inspiration de la scène techno minimale ?

Bendejo : J’aime énormément une partie de la scène techno minimale, bien que le terme ait servi de fourre-tout au court des dernières années. Pourtant il y a énormément d’excellents producteurs et Djs sur cette scène, qui proposent des sons très intéressants, et j’adore qu’un morceau se développe lentement.

La Nuit Magazine : Le communiqué de presse indique tu que as enregistré les cordes et les claviers toi-même. As-tu suivi une éducation musicale classique et est-ce que ça a une influence sur tes morceaux ?

Bendejo : Oui, j’ai commencé le violon à 5 ans et le piano à 16 ans. Je pense en effet que mes morceaux sonneraient vraiment différemment si je n’avais pas été au contacte de la musique depuis si longtemps. Et bien évidemment, je n’aurai pas pu enregistrer le violon si je ne l’avais pas appris. Je suis également très rapide quand il s’agit de jouer des trucs sur les synthés etc. Ce n’est pas une nécessité d’avoir suivi un parcours classique pour produire de la Dance Music, mais dans les styles que j’explore c’est vraiment d’une grande aide.

La Nuit Magazine : Comment composes-tu ? Est-ce que tu construis tout autour de la partie instrumentale ou est-ce que tu commences par la partie électronique que tu embellis par la suite avec des éléments live ?

Bendejo : Chaque morceau est différent, je commence parfois avec un beat et je joue ensuite des boucles par dessus, parfois j’imagine quelques accords ou je m’enregistre au violon pendant 10 minutes et j’arrange le tout. Parfois je reprends aussi des éléments ou des sons d’enregistrements précédents.

La Nuit Magazine : Tu vis actuellement à Viennes, peux-tu nous y présenter un peu la scène électronique ?

Bendejo : C’est difficile à dire, je ne sors pas énormément à Viennes étant donné que mon crew est basé sur Graz, où j’ai grandi et où je sors le plus. Il y a bien sûr beaucoup plus de choses qui se déroulent à Viennes dans la culture en général, mais jusqu’à maintenant c’est surtout resté ma zone de repli parce que les fêtes à Graz peuvent être assez intenses et exténuantes… À Viennes, je sors surtout boire quelques verres dans des bars puis en clubs ou soirées. Je sais que c’est une attitude bizarre mais ça fonctionne bien jusqu’à présent.

La Nuit Magazine : Peux-tu nous présenter le collectif « Kopf Bei Fuss » dont tu fais partie ?

Bendejo : Je l’ai plus ou moins fondé avec deux amis lors d’un voyage dans les montagnes de Styrie. L’idée de base était de faire de la musique et des soirées qui font danser le public mais traversées par des sons intelligents, loin du mainstream. Depuis, on a organisé de très bonnes soirées, principalement grâce à Jakob, notre manager, et Adrien Laurens qui sont vraiment très bons dans ce domaine. Le plus souvent je n’arrive que tard et je suis très content de pouvoir y faire la fête sans m’occuper de grand chose à part jouer de la musique. L’important et que nous sommes tous de très bons amis au sein du collectif et je suis toujours ravi de les voir.

La Nuit Magazine : Te souviens-tu du premier morceau qui t’ait donné envie de devenir producteur ?

Bendejo : Ça doit être un morceau d’Ulrich Schnauss ou Jon Hopkins. Ou peut-être « lump » ou « 1O1O1 » de James Holden mais je ne me souviens pas d’un morceau précis.

La Nuit Magazine : Quels sont tes meilleurs et pires souvenirs sur scène ?

Bendejo : Le pire s’est déroulé lorsque je jouais dans une fête de village vraiment étrange dans les montagnes autrichiennes avec un ami. Cette fête se déroulait dans une cave vraiment étrange, le sound system était horrible, le matériel ne fonctionnait pas correctement et il n’y avait absolument personne. On a même dû payer nos bières ainsi que notre repas. C’était à mes débuts, je ne jouerai plus jamais dans ce genre d’événement.

Le meilleur souvenir est beaucoup plus compliqué à trouver, c’est toujours cool quand tout se passe bien et que tout le monde passe du bon temps. Ça a toujours été un plaisir de jouer a Niesenberger à Graz, et ça a été très important pour mes amis et moi.

La Nuit Magazine : Quels sont tes trois top tracks du moment ?

Bendejo : J’écoute surtout de la musique classique en ce moment, mais en ce qui concerne les morceaux électroniques, ce que j’écoute le plus en ce moment c’est :

Alka Rex – Orleans Bardel (The Melchior Productions Remix)

Doubtingthomas – Little Helpers 56-5

J’écoute aussi de la deep house à l’instar de Pepe Bradock – Path of most Resistance :

La Nuit Magazine : Est-ce que tu arrives à vivre de la musique ?

Bendejo : Je suis toujours étudiant, c’est difficile de dire que la musique n’est qu’un hobby quand tu étudies la musique. Mais à l’heure actuelle, je ne pourrais probablement pas vivre sans le soutien financier de mes parents.

La Nuit Magazine : Est-ce que tu as des actus que tu veux partager avec nous ? Peut-être des apparitions tardives en festival ?

Bendejo : Malheureusement pas de festival, je vais juste jouer quelques fois à Graz au court des prochaines semaines, la plupart du temps dans les soirées en extérieur. Je m’apprête à partir six semaines en Indonésie avec un ami, j’espère y entendre de la musique intéressante et je suis très curieux à l’idée de découvrir le gamelan.

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