INTERVIEW: BIRDY NAM NAM « MARSEILLE, C’EST SPÉCIAL »

La Nuit s’est posée dans le car de tournée de Birdy Nam Nam, un peu avant leur concert de samedi dernier au Cabaret Aléatoire. Et on y a parlé Marseille, musique, et bien sûr, on s’est un peu chambrés niveau football. 

La Nuit Magazine: J’ai vu tout à l’heure sur Facebook que vous aviez écrit « Ce soir c’est spécial », avant votre live ici à Marseille. Pourquoi c’est différent ?

Mike: Ce soir c’est spécial parce que c’est Marseille, puis quelque part c’est le frère ennemi. On est de Paris, moi je suis supporter du PSG, c’est plus marrant de se vanner avec un marseillais que d’être d’accord avec un parisien ! En plus, mon frère habite dans la région, il est supporter de l’OM ce traître. Du coup j’en profite pour faire des photos avec mon maillot du PSG, regarde ! Ça te fait pas rire toi ? Raciste va !

Non plus sérieusement c’est spécial parce que ça reste une ville importante, c’est un public génial devant qui on aime toujours jouer. Et puis ça fait longtemps qu’on était pas venus.

Birdy Nam Nam dans leur car de tournée © Laura Digiaro
Birdy Nam Nam dans leur car de tournée
© Laura Digiaro

La Nuit Magazine: Puisqu’on parle de la ville ; elle a beaucoup changé ces dernières années, comment vous le sentez ?

Mike: Oui clairement y a des avancées niveau culturel. Plus de festivals, plus d’événements. Il suffit de voir pour sortir : en venant ici, on finissait toujours au Trolleybus, sur le Vieux Port. Maintenant il se passe beaucoup plus de choses. Après, j’ai l’impression qu’il y a quand même un laisser-aller. Sans vouloir être dédaigneux, je trouve que c’est beaucoup plus crado qu’avant quoi. Et même si on n’a pas un avis objectif, ça reste quand même une ville magnifique. C’est toujours mortel ici, les gens sont particulièrement accueillants.

Crazy B: Maintenant pour ce qui est de l’ambiance, on verra tout à l’heure hein. Ça fait quand même plus de 3 ans qu’on n’a pas joué ici. La dernière fois c’était genre 2012, ça fait un moment. Et depuis on bossait en studio, on n’a pas sorti grand chose, du coup on a hâte de présenter ce qu’on a fait. Et on espère revenir souvent.

La Nuit Magazine: Du coup, ce soir, vous allez envoyer quoi ?

Mike: Du neuf. Pour nous ce qui change pas, c’est qu’on veut changer tout le temps. On a décidé d’assumer chacun nos influences ; beaucoup de RnB, de funk, de rap. Et la grosse nouveauté, c’est quand même les featurings vocaux. On a des productions électroniques, mais avec une vraie base de Black Music, plus de groove.

La Nuit Magazine: Avec un engouement pour la musique électronique un peu plus dure, c’est le moment que vous avez choisi pour revenir à ces influences ?

Crazy B: On est toujours en décalage (sourire). On aurait pu faire un album complètement techno, noir, et ç’aurait été le moment parfait pour le faire.

Mike: Mais moi ce qui me fait kiffer de nos jours, c’est ce qu’il se fait niveau rap. La scène trap, PNL notamment, ça me fait kiffer, pour moi c’est une énorme bouffée d’air. Forcément, ça se ressent dans les compos, puis c’est ce qui a fait notre rencontre avec le milieu Hip Hop, le scratch.

 

Birdy Nam Nam sur la scène du Cabaret Aléatoire © Laura Digiaro
Birdy Nam Nam sur la scène du Cabaret Aléatoire
© Laura Digiaro

La Nuit Magazine: Puisqu’on parle de rap, vous sortez pas un peu dans cet album de l’image de Djs scratcheurs ?

Mike: La platine, ça reste notre instrument. C’est notre colonne vertébrale. Mais depuis on est peut-être devenus un peu plus musiciens, que ce soit avec nos ordis, des guitares, des synthés … Mais ça reste des outils.

Crazy B: D’ailleurs le live, le show, c’est toujours avec les platines, on fait de la scratch music. Et on reste des Djs, avec un son très branché club. C’est pas anodin, le rap est devenu une musique de club.

La Nuit Magazine: Sinon, Abbesses, vous en avez pas marre de le jouer ?

Crazy B: Non, on continue à le kiffer, même s’il continue à nous coller à la peau. On en a fait une version 2016 là qui tape un peu. Ca reste un tube assez unique, le seul tube de scratch music français pour moi. Bien sûr, le public l’attend un peu, et nous on se régale à faire plaisir.

La Nuit Magazine: Bon, avant de se quitter, un petit « allez l’OM »  pour nous faire plaisir ?

Mike: Laisse tomber ! Allez, pour te faire plaisir, j’en enverrai un. Par contre, derrière, je dis « Ici c’est Paris », hein. (Ndlr, ce qui fut fait, sous les huées soutenues du public).

Iliès Hagoug

© Laura Digiaro
© Laura Digiaro

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