INTERVIEW : BPM, LE PLAN À TROIS EXPLOSIF DE METAPHORE COLLECTIF, BFDM ET POSITIVE EDUCATION

Metaphore Collectif, Brothers From Different Mothers (BFDM), Positive Education, trois collectifs, trois villes, beaucoup d’amitié et des valeurs communes. De leurs initiales est née BPM, une tournée nationale qui vise à exporter le son de la maison en mettant en avant les artistes de chacun. Avant leur passage au festival Le Bon:Air – qui met notamment les collectifs à l’honneur -, on a rencontré Julie Raineri de Metaphore Collectif afin d’en savoir plus sur cette nouvelle union. 

La Nuit Magazine : C’est quoi BPM ? 

Julie Raineri : BPM c’est la réunion de trois collectifs : Metaphore Collectif

– dont je fais partie -, Brothers From Different Mothers (BFDM) et Positive Education. Le concept c’est de proposer des plateaux composés d’un ou plusieurs artistes de chaque collectif. En gros, c’est une programmation clé-en-main – même si j’aime pas trop dire ça. C’est intéressant pour les programmateurs parce qu’on est des collectifs qui commencent à faire parler d’eux avec des artistes qui tournent pas mal à droite à gauche en ce moment : Les Fils de Jacob de Positive Education étaient aux Nuits Sonores, Shlagga de Metaphore Collectif a fait beaucoup de clubs en France et BFDM, et surtout J-Zbel, sont programmés dans le monde entier. En plus, je pense que ça peut être sympa niveau ambiance d’accueillir une bande de potes. Après pour nous, c’est intéressant aussi car ça nous permet de mieux connaître nos artistes pour créer des line-up cohérent musicalement – ce qui n’est pas forcément évident. On essaye vraiment de voir qui peut aller avec qui, comment on peut faire pour ressortir au mieux les identités des trois collectifs dans une même soirée, etc. Et tout ça permet aussi aux artistes les plus connus de servir de locomotives aux autres.

Pourquoi BPM ? 

C’est tout simplement le B de BFDM, le P de Positive Education et le M de Metaphore Collectif. En fait, l’idée de faire tout ça c’est vraiment né d’une blague. On faisait déjà des choses ensemble mais on avait envie de les concrétiser, de leur donner une forme pour le proposer à des programmateurs. On en a discuté, et en rigolant j’ai dit BPM car déjà c’est le battement par minute, et qu’en plus c’est hyper cliché de dire ça. Ça nous a fait rire et ensuite on s’est rendu compte qu’en fait c’était les initiales de nos trois collectifs réunis. On s’est dit allez on le prend, c’est marrant.


La team Metaphore Collectif

Du coup, comment est né ce projet ?

Ça vient avant tout d’une amitié. C’est des gens en qui j’ai toujours eu confiance, et qui ont la même conception de la musique et la même façon de l’aborder que nous à Metaphore Collectif. Mais le projet BPM est vraiment né suite à un article paru dans Tsugi après l’édition 2017 du festival Positive Education à Saint-Etienne. C’était une interview croisée entre Judaah de BFDM, Charles et Antoine de Positive Education et Shlagga et moi de Metaphore Collectif. En répondant aux questions, on s’est rendu compte qu’on avait beaucoup de points communs, que ce soit dans la façon d’aborder notre travail que dans les valeurs que l’on souhaite transmettre. Et qu’on avait tous connu la même merde à nos débuts. Il se trouve aussi qu’en tant que bookeuse chez Bi:Pole, je représente, en plus des artistes de Metaphore Collectif, Les Fils de Jacob de Positive Education. Judaah, lui aussi bookeur chez Bi:Pole, représente les artistes de son label BFDM. Suite à la publication de cet article pour Tsugi, on s’est dit qu’il fallait qu’on fasse quelque chose tous les trois. Déjà, ça allait être trop cool de bosser ensemble, mais en plus ça avait du sens vu qu’on est tous des collectifs émergents avec des artistes qui n’ont pas forcément une grande légitimité à jouer sur de grosses scènes. En tant que bookeuse, je sais que travail n’est pas le même qu’avec des artistes déjà implantés. C’était donc l’occasion d’apporter une plus-value à nos artistes, de l’entourer d’autres artistes qui sont dans la même veine que lui, et pas que musicalement parlant.

Comment Metaphore Collectif a rencontré BFDM et Positive Education ? 

La scène alternative dans laquelle on évolue est toute petite, les rapports sont très facilités. En 2015, on bossait pas mal avec CLFT Militia, un label lyonnais. Ils nous ont conseillé de jeter une oreille à BFDM. Ça nous a plu, et on les a invité à venir jouer à une de nos soirées. On a eu un véritable  coup de foudre artistique, amical et humain pour eux. Pour Positive Education, le premier contact qu’on a eu avec eux c’était en 2013. On avait réussi à inviter Paula Temple à l’ancien One Again et Positive Education nous avait contacté pour partager les frais de transports vu qu’elle jouait le lendemain chez eux, à Saint-Etienne. C’était des artistes pas du tout représentés à l’époque en France, et le fait qu’eux aussi la fasse venir ça montrait qu’on avait les mêmes goûts. Le temps est passé sans qu’on est eu de contact, puis, en 2016 ils nous ont invité à venir les voir au festival Positive Education. Une fois là-bas, comme avec BFDM, on a eu un coup de foudre pour eux, en plus d’une énorme admiration pour tout le travail qu’ils accomplissent dans leur événement.

Peux-tu nous présenter un peu plus ce qu’ils font ? 

Positive Education est un collectif de Saint-Etienne qui organise son propre festival. Comme Metaphore Collectif, ils sont dans une logique de territoire avec notamment une musique très industrielle, à l’image de leur ville. Après ça ressort plus ou moins selon les artistes. Si on prend Les Fils de Jacob par exemple, ils font de la musique très très lente, inspirée de la scène de Düsseldorf, qui explore une partie tribale de la musique industrielle. C’est souvent hypnotique et rituel. Quant à BFDM, c’est un label lyonnais qui aujourd’hui est basé en partie sur Marseille. Leur musique est hyper dure à définir car elle est très éclectique. Judaah, le boss du label, est fan de reggae et de dancehall mais si on prend J-Zbel, on voit que c’est très inspiré des raves des années 90. Et tout ça crée un mélange complètement novateur et inédit.


Brothers From Different Mothers

C’est quoi l’identité que vous voulez faire ressortir dans cette tournée ?

On essaye de faire ressortir ce côté « bande de potes », « petits cons », « bonne enfant ». C’est un peu la colonie de vacance quoi. Et je pense que quand on est tous réunit, ça se ressent. Lors de notre première date au Sucre, à Lyon, tout le monde est monté sur scène à la fin, c’était un beau bordel, et c’est ça qu’on veut.

Quelles sont les valeurs que vous voulez transmettre ? 

Les mêmes qu’avec Metaphore Collectif, des valeurs humaines. On pourrait être concurrents mais on ne l’est pas du tout, on travail main dans la main. On fait passer l’humain et l’amitié avant le profit. Et ça, ça se ressent sur scène : tout le monde s’écoute et se fait des retours. Puis on rit beaucoup.

Qu’est ce que vous avez prévu pour le Bon:Air ?

Pour le Bon:Air c’est un peu particulier, on a pas mal d’artistes de BPM dispatchés dans la programmation : Donarra est sur une scène, Les Fils de Jacob sur une autre, Shlagga encore sur autre etc. Mais on a aussi un créneau BPM réservé. Ce sera un b2b à trois têtes entre Judaah, Israfil et Shlagga. Ca se passera en closing du Cabaret Aléatoire le samedi, de 4h45 à 6h, et je pense que ça va être assez épique !

Positive Education

Est-ce que y a d’autres projets pour BPM à part la tournée ? 

Pas pour l’instant. L’idée de pouvoir se retrouver sur des dates, être ensemble du matin au soir, dormir au même endroit, c’est ça qu’on voulait. BPM n’a pas vocation à faire autre chose. On a tous des vies à part entière avec nos collectifs, et cela prime sur tout le reste. BPM, c’est juste un moment où on se retrouve en fait. Si développement il y a, ce sera dans chaque collectif.

Après la tournée, il n’y aura donc plus de BPM ?

Il y aura peut être d’autres dates, voire une autre tournée en 2019. Il y aura aussi peut être de nouveaux artistes à faire tourner. En tout cas, je n’arrive pas à voir très loin parce que c’est né un peu sur une blague et une volonté de se retrouver entre potes. Je vois plus BPM comme un outil permettant aux collectifs de se développer que comme quelque chose qui va grandir.

Retrouve BPM le 2 juin au festival Le Bon:Air à Marseille, le 28 juillet à la Station à Paris et le 29 septembre au Cabaret Aléatoire à Marseille.

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