INTERVIEW: BREAKBOT « ON A VRAIMENT DE LA CHANCE DE POUVOIR VENIR DANS DES ENDROITS COMME ÇA »

Breakbot, à l’origine, c’est Thibaut Berland, ses éternels cheveux longs et ses costumes pastels. Mais aujourd’hui Breakbot c’est aussi Irfane. Le chanteur, déjà présent sur le premier opus, a rejoint son camarade pour « Still Waters », leur dernier album. À l’occasion de leur concert au Cabaret Aléatoire jeudi dernier, nous avons rencontré ce duo hors normes dont l’un ne peut s’empêcher de finir les phrases de l’autre, et nous avons discuté de leur dernière album, de la musique en général, et de Marseille bien entendu.

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La Nuit Magazine: Quels sont les retours que vous avez eu pour ce nouveau disque ?

Thibaut : Franchement, on est ravi. J’ai l’impression que les gens sont contents et qu’ils ont capté qu’on a voulu faire quelque chose de mieux produit. Et puis le fait que des filles ont rejoint notre crew ça apporte de la fraîcheur et ça a l’air de plaire.

La Nuit Magazine: Pourquoi avoir choisi de faire cet album ensemble ?

Thibaut : On l’a pas choisi, ça s’est imposé à nous. On avait déjà travaillé ensemble sur mon premier album, notamment sur « Baby I’m Yours », et à force de se côtoyer on s’est rapprochés – peut être un peu trop même – et ça nous a amené à collaborer sur ce disque. Ça s’est fait comme ça, naturellement.

Irfane : Le fait de tourner ensemble tous les week-end ça rapproche aussi.

Thibaut : Et puis on a beaucoup d’influences communes et une manière de travailler assez complémentaire. Irfane est très fort pour tout ce qui est mélodie, moi plus dans l’harmonie. Il chante, je sais pas chanter. Il écrit des lyrics, moi non. Chacun comble les lacunes de l’autre.

Irfane : Tout est dans le respect mutuel.

Thibaut : Le respect, l’amour…

Irfane : la bonne humeur…

Thibaut : l’envie de continuer, un désir commun de rendre le monde meilleur (rires)…

Irfane : et de se surpasser, de se sursurpasser même…

Thibaut : de se dépasser…

Irfane : de se dédépasser !

Thibaut : Excusez-nous

La Nuit Magazine: Du coup, comment vous procédez pour travailler ?

Thibaut : Y a pas vraiment de méthode. On prend les choses comme elles viennent et on bricole dessus. Parfois c’est Irfane qui va venir avec une idée de chanson, parfois c’est moi avec un petit riff au piano, et très vite on se rend compte si cette idée vaut la peine d’être développée ou pas. C’est ça qui est bien dans le fait d’être à deux, on a plus de recul que si on était tout seul.

Irfane : Et puis y a des petits détails qu’on arrive à percevoir que l’autre ne voit pas forcément.

Thibaut : Mon grand frère nous a aussi beaucoup aidé a un moment donné pour l’album. Il a mixé tout le disque, et je pense qu’il a réussi à lui donner une vraie couleur.

La Nuit Magazine: Vous avez tout enregistré chez lui ?

Thibaut : Non, l’aventure a commencé sur la route, puis on s’est posés chez moi à Paris quelques temps et on a fini chez mon frère.

La Nuit Magazine: Il parle de quoi cet album ?

Thibaut : Il aborde plein de thèmes universels : la quête de soi, l’amour, la relation qu’on a avec le temps, avec ses proches, avec ses émotions…

Irfane : L’amour de la musique.

Thibaut : Tout ça, ça crée des petites histoires qu’on peut interpréter différemment en fonction de ce qu’on a vécu dans sa vie.

Irfane : Le but c’est que les gens s’approprient notre musique. Pour ça il faut avoir un côté très onirique, qui fait rêver, et le mélanger avec des choses plus personnelles auxquelles les gens peuvent s’identifier.

Thibaut : Le meilleur moyen d’être universel c’est d’être le plus personnel possible. Plus tu vas parler de choses personnelles, plus tu vas toucher des gens. C’est assez paradoxal mais c’est intéressant.

La Nuit Magazine: Quel est votre rapport à la musique ?

Irfane : C’est l’amour.

Thibaut : On vit dedans tous les deux depuis qu’on est petits et c’est devenu quelque chose dont on ne peut plus se passer, on en a besoin pour aller bien. Le fait de pouvoir vivre de ça c’est comme un rêve…

Irfane : Un rêve éveillé.

Thibaut : En tout cas on est hyper reconnaissants de tout ce qui nous arrive, des gens qui nous soutiennent.

La Nuit Magazine: Qu’est ce que vous pensez de son évolution ?

Irfane : On a dit de nous qu’on est tournés vers le passé, ce qui est vrai, mais ça nous empêche pas aussi d’écouter ce qui se fait en ce moment. Il y a beaucoup de choses intéressantes qui se font aujourd’hui, et en France je trouve qu’il y a une vraie communauté qui s’est créée. Je pense notamment à nos potes d’Ed Banger ou aux mecs de Bromance.

La Nuit Magazine: Breakbot à la base c’est du disco, c’est de l’électro. Là, sur cet album, vous vous êtes élargis et on trouve même du RnB avec « 2GOOD4ME », comment expliquez-vous ce changement ?

Thibaut : On s’est jamais cantonnés à un seul type de musique, on a toujours écouté beaucoup de styles différents. Notre musique est le reflet de tout ce qu’on a pu écouter, et avec Irfane on a écouté beaucoup de rap, de RnB, et ce depuis tout petit.

Irfane : Pour ma part, j’ai commencé à être passionné par la musique grâce au rap, et notamment celui de Marseille. Un des premiers concerts que j’ai fait d’ailleurs c’était IAM à Strasbourg. Et il faut savoir que dans les disques de rap, y a énormément de samples de funk, de soul. C’est ce qui nous a plongé dans les seventies et les eighties et ce qui fait qu’aujourd’hui on fait le pont entre ces deux univers. Avec « 2GOOD4ME », les gens ont eu tendance à croire qu’on voulait élargir notre cible ou un truc du style alors que ça s’est fait naturellement, sans qu’on se pose de questions.

Thibaut : On s’est pas dit « allez on fait un morceau de RnB», ça s’est fait tout seul.

Irfane : C’est juste une autre facette de notre personnalité.

La Nuit Magazine: Et à part IAM, vous aimez d’autres artistes marseillais ?

Irfane : Y a pleins de trucs. Tout le rap déjà.

Thibaut : La Fonky Family, le Rat Luciano…

Irfane : Le Rat ! Bouga aussi, Massilia Sound System.

Thibaut : Zebda (un groupe bien marseillais, ndlr)

Irfane : Le groupe de Oil Troublemakers, Superfunk. En tout cas, il y a un héritage funk des 80’s assez incroyable ainsi.

La Nuit Magazine: Vous avez déjà joué ici à l’occasion de Marsatac et de l’Acontraluz, quels souvenirs avez-vous de Marseille ?

Thibaut : Marsatac c’était vraiment génial.

Irfane : C’est toujours un peu une escapade vers le soleil pour nous qui venons de Paris. Ici, les odeurs, les gens et les paysages sont pas les mêmes. Et puis il fait trop beau.

Thibaut : Tu te rappelles de ce festival qu’on avait fait dans le fort ? Marseille Rock Island ?

Irfane : Ouais, c’était génial et la vue était superbe. J’étais allé me baigner le lendemain dans le même coin.

Thibaut : On a vraiment eu de la chance de pouvoir venir dans des endroits comme ça. Et y a le Panier aussi qui est assez magique.

Irfane : Mais il nous reste pas mal de choses à découvrir.

Thibaut : D’ailleurs si vous avez des bons plans à nous filer, on est preneurs !

Propos recueillis par Sarah Barbier

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