INTERVIEW: DANTON EEPROM, SON COME-BACK À MARSEILLE

Après la sortie de son second album « If Looks Could Kill » sur InFiné et 9 ans de vie londonienne, Danton Eeprom revient à Marseille, sa ville natale. À l’occasion de sa venue sur Cave Carli Radio (C.C.R.), Danton Eeprom nous parle de son label, Fondation Records, de sa musique et de ses projets.

La Nuit Magazine : Tu es originaire de Marseille, tu es parti à Londres pendant 9 ans. Pourquoi revenir et quelle évolution as-tu-pu constater à Marseille ?

Danton Eeprom : J’ai eu envie de revenir parce que je trouve qu’en ce moment il y a une très bonne dynamique à Marseille. Il faut dire que depuis que j’ai quitté la ville pour Londres il y a quelques années, ça a beaucoup changé, pas mal de nouvelles choses se sont mises en place tout en gardant ce côté bordélique propre à la ville. J’ai l’impression que les gens ont commencé à prendre conscience du potentiel qu’il y avait. C’est super prometteur, et j’ai vraiment envie de creuser là-dedans. Pour l’instant, je ne suis pas déçu, et faut dire que le climat est idyllique par rapport à Londres.

 

danton

La Nuit Magazine : C’est quoi ton actualité en ce moment ?

Danton Eeprom : Mon actualité c’est que je suis devenu animateur radio grâce à vous (rires). Plus sérieusement, j’ai pris beaucoup de plaisir à venir chez vous faire l’émission « The Evening Standard ». L’idée étant de faire un petit rendez-vous mensuel où l’on parle de tout et de rien – pas forcément de musique. A côté de ça, je relance mon label Fondation Records. On s’était mis un peu en veille depuis deux ans, et là on a préparé de jolies choses pour revenir avec des propositions plus fortes, plus éclectiques.

THE EVENING STANDARD #1 PRÉSENTÉ PAR DANTON EEPROM by Cavecarliradio on Mixcloud

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La Nuit Magazine : Peux-tu nous en dire plus ?

Danton Eeprom : On va faire des paris sur des personnalités, essayer de leur faire de beaux disques, de les mettre en valeur, leur proposer un support comme ça se faisait avant, avec un vrai travail de pré-production avant de lancer le disque dans la nature. Je trouve qu’aujourd’hui c’est quelque chose qui manque dans les labels. On compte beaucoup sur les moyens personnels des artistes, et on leur demande de faire directement des produits finis. Or un label n’a pas qu’un rôle de diffuseur, il faut aussi qu’il accompagne l’artiste dans son travail. C’est ce qu’on a envie de faire. On va commencer par sortir très joli un album d’un artiste qui s’appelle Brain. C’est un mélange entre de la deep-techno oldschool et des sonorités berlinoises atmosphériques, voire martiales à des moments. C’est un album qui n’est pas exclusivement taillé pour les clubs, il peut s’écouter partout. Il est très mélodique, on en est très fiers. Ensuite, on a quelques petits maxis sympathiques notamment de la moitié du duo Jules & Moss qui cartonne bien en Allemagne.

La Nuit Magazine : Stereoscope était venu faire un concert dans nos locaux après le tournage de leur clip que tu avais réalisé chez nous également. Peux-tu nous en dire plus sur ce groupe ?

Danton Eeprom : Stereoscope c’est un groupe que j’ai produis avec mon partenaire Lézard qui est ingé son et qui a bossé avec de grosses pointures françaises et étrangères. C’est la première fois que je produis un trio rock. Ils sont influencés par des artistes comme Lou Reed, les Doors, Nick Cave mais aussi par des choses plus modernes comme Hot Chip. Ils sont menés par un chanteur américain, Kevin Gonzales, qui est un vétéran de la guerre en Irak. Il est très jeune mais il a parcours complètement atypique et exotique. C’est quelque chose qui se sent dans sa musique. C’est pas un énième groupe à midinettes. Il y a un vrai besoin d’écrire chez lui, chez eux. Je suis très fier de ce projet, de leur travail et de leur évolution. Ils font des pas de géants à chaque concert. On devrait faire de belles choses ensemble cette année.

La Nuit Magazine : En ce qui concerne ta propre musique, on peut dire que ton style musical a pas mal évolué au long de ta carrière. Tu as fait de la techno, maintenant tu fais de la pop, comment te positionnes-tu sur la scène musicale ?

Danton Eeprom : Comme un espèce de poulpe qui s’installe partout et qui déploie ses tentacules sur tous les styles (rires). Plus sérieusement, on a l’impression que je tape un petit peu dans tous les sens au niveau des styles mais pour moi ce qui compte c’est de faire de la musique que j’aime et que j’aimerais écouter. C’est la seule contrainte que j’ai. La catégorie dans laquelle on me range, ça m’importe assez un peu au final. Les gens qui me connaissent savent que j’entreprends beaucoup de choses avec un certain panache, parfois un peu désespéré d’ailleurs, et que ça reste toujours ludique.

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