INTERVIEW: ERWAN, BERLINOIS ET RÉSIDENT Ô GALOP

Si rayer du dancefloor fait partie de tes passions, ça nous étonnerait que tu ne sois pas encore au courant de la prochaine Ô GALOP, le 28 janvier au Dock des Suds. Erwan aka Meurvor investira la scène dorée pour une prestation techno qui risque d’en scotcher plus d’un. Pour l’occasion, nous avons posé quelques questions à ce breton, amoureux de fêtes, de musiques, de danse, mais surtout de la culture berlinoise qui fait aujourd’hui partie intégrante de son quotidien.

La Nuit Magazine : Comment s’est créée la relation entre Ô GALOP et toi ? 

Erwan : Un jour ils m’ont contacté par Facebook après avoir écouté un mix house que j’avais fait pour un groupe parisien. Ils avaient bien aimé la musique et ils m’ont demandé si je pouvais venir jouer sur Marseille. J’ai accepté et je suis donc venu pour la première fois en décembre dernier pour faire une prestation plutôt house.

 

La Nuit Magazine : Est-ce que tu te considères comme un résident Ô GALOP sachant que tu vis à Berlin et que l’organisation se fait sur Marseille ? 

Erwan : C’est eux qui ont lancé l’idée, moi je suis partant même si dans un sens ça met un peu la pression. Une chose est sûre c’est que musicalement on se comprend. Je suis assez éclectique, je joue de la techno, de la house et eux aiment les deux. Même quand je fais de la techno, j’ai tendance à jouer des choses assez différentes, plutôt mélodiques et c’est quelque chose qu’ils aiment beaucoup.

 

La Nuit Magazine : Pour la soirée du 28 janvier est-ce que l’ambiance sera différente par rapport à la dernière d’Ô GALOP

Erwan : Entre soirée la nuit et after hours c’est forcément une ambiance différente. Moi je vais jouer techno, Vrill et Dr Rubinstein aussi, donc rien que musicalement ça va être vraiment différent même si on a également une salle house.

 

La Nuit Magazine : On sait qu’aujourd’hui tu vis sur Berlin mais que tu es née à Rennes. Quel a été ton parcours musical en France ?

Erwan : J’ai commencé à jouer de la musique électronique vers les années 2000 à Radio Campus Besançon, c’est là que j’ai tout appris. Je ne suis pas tombé dans la techno et dans la house étant ado, j’ai jamais été exposé à cette musique là. Mais en arrivant à la radio j’ai vraiment adoré ce style de musique. J’ai commencé plutôt par faire de la house avec une émission radio, même si avec l’influence de mes potes j’achetais également de la techno. Puis en 2005 je me suis installé à Berlin et à force de sortir j’ai acheté les deux, je ne peux pas choisir.

© O Galop

La Nuit Magazine : Pourquoi as-tu décidé de t’installer à Berlin ?

Erwan : Pour la musique. Ici à Berlin il y a énormément de soirées qui durent longtemps. J’écoutais de la musique que je ne pouvais pas écouter en France. Musicalement il n’y a pas mieux. J’adore la deep house et la deep techno qui sont des musiques relativement calmes que tu entends soit en warm up, soit en fin de soirée mais pas au milieu car il faut envoyer beaucoup d’énergie. A Berlin les soirées sont tellement longues que les DJ commencent à envoyer la sauce dès le départ, pour redescendre après avec des choses plus deep. Il y a un vrai voyage et avec ça je pouvais entendre de la house et de la techno magnifique que je ne pouvais pas avoir en France, ni ailleurs.

 

La Nuit Magazine : Quelles différences peux-tu noter entre la vie nocturne berlinoise et la vie nocturne en France ?

Erwan : Quand tu fais une soirée de 12h à Berlin c’est comme si tu faisais trois soirées en France. A Berlin il n’y a pas de limitation d’horaire, pas de régulation. Je trouve ça super qu’à Marseille Ô GALOP fasse des soirées jusqu’à midi. Mais moi quand j’habitais en France j’allais en club à partir d’1h et à 4h c’était terminé, ce qui n’est vraiment pas grand chose en comparaison avec 12h de musique en club. Je sais que dans d’autres pays c’est un peu similaire, sauf à Londres une fois j’ai fais une soirée jusqu’à 7- 8h du matin.

 

La Nuit Magazine : Est-ce qu’il y a plus d’échanges et de vivre ensemble dans les soirées berlinoises ? 

Erwan : Ce qui est vraiment magique ce sont les fins de soirées, celles qui durent jusqu’à midi. Tu as à cette heure-ci 70% des gens qui sont rentrés. Ceux qui restent en veulent vraiment, les gens sourient, y a de la place pour danser et là c’est beaucoup plus familiale. Dans ce contexte y a pas de stress, tu peux parler avec le DJ, l’ambiance est définitivement différente que celle que tu peux retrouver en France. A Berlin il y a une vraie relation entre le public et le DJ.

 

La Nuit Magazine : D’un oeil extérieur comment vois-tu Ô GALOP par rapport à ce que tu connais de Paris, de Berlin, de la fête en générale ? 

Erwan : Avec ce concept d’horaires ils sont dans la même veine que ce que je vis à Berlin. Ils ont un projet qui correspond à la culture que j’ai de la musique électronique. Une culture différente où les gens ont une approche spécifique vis à vis du son et des sorties.

Pour moi Berlin c’est une culture, les gens ont un boulot en semaine, une famille et ils vont quand même en club. C’est un endroit de socialisation où ils entendent de la musique qu’ils aiment et où ils dansent. Pour moi Ô GALOP véhicule cette image là.

© O Galop
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La Nuit Magazine : Dans ta bio sur Resident Advisor il est noté que tu fais “ de la vraie électro”. Qu’est-ce qui définit pour toi la véritable électro ?

Erwan : Il y a 20 ans l’électro était un tout petit genre de musique breakbeat. Dans les 10 dernières années beaucoup de gens qui ne s’y connaissaient pas en musique ont appelé électro un style de techno un peu commercial, agressif. Ils confondent ça n’a rien à voir. A la base l’électro c’était un petit style de musique vraiment particulier. Ceux qui sont dans la musique depuis longtemps comprennent ça, mais quand on parle électro en terme général c’est assez péjoratif dans le milieu.

 

La Nuit Magazine : Il est noté également que tu joues avec ton coeur et non avec ta tête, peux-tu nous en dire plus sur cet état d’esprit ?

Erwan : C’est technique car la plupart des DJ professionnels ont tendance à jouer des morceaux assez faciles. Ils sont raisonnables et ne prennent pas beaucoup de risques, ils jouent avec leur tête. Beaucoup de musiques en vinyle ou en digitale sont vraiment galères à mixer car elles ont une structure pas évidente à mettre en place dans un set. Moi j’essaie des les jouer, je prends des risques et c’est ma façon de me définir. Je ne suis pas raisonnable. C’est ça jouer avec le coeur.

 

La Nuit Magazine : Quels sont les artistes qui influencent ta musique ? 

Erwan : Tous les très bons artistes, je suis assez éclectique. En house j’aime bien Kerri Chandler et Omar-S. En techno j’aime beaucoup Convextion, Inigo Kennedy et Luke Hess aussi.

 

La Nuit Magazine : Qu’est-ce que la musique apporte dans ta vie ? Que veux-tu transmettre au public ? 

Erwan : Du plaisir. C’est devenu une culture en fait. J’aime danser, j’aime écouter de la belle musique mais je dois avouer que c’est plus difficile maintenant physiquement.

En tant que DJ je veux dire aux gens qu’il existe des musiques vraiment magnifiques et qu’ils ne connaissent pas. Je veux partager mes morceaux avec eux, pas juste les faire danser mais les marquer, tout en gardant le côté dansant, c’est ça la difficulté.

 

La Nuit Magazine : Comment envisages-tu ton avenir au sein d’Ô GALOP ? T’as des projets pour le futur ? 

Erwan : Je le vois date après date, je me pose pas trop la question. A part le fait que je veux sortir ma propre musique je ne regarde pas plus loin. Je veux quand même continuer à jouer en tant que DJ pendant encore quelques années mais mon but à l’heure actuelle est de sortir de la musique que je n’ai pas encore produite. J’ai plein d’idées dans la tête.

Pour le futur je voudrais trouver un boulot, mettre de l’argent de côté, continuer à sortir des disques et peut être aller au Japon un de ces jours.

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