INTERVIEW : LUCY X, BERLINOISE ET DJETTE À Ô GALOP

Si tu suis assidûment nos pages ces derniers jours, tu n’as pas pu passer à côté de la prochaine minuit/midi d’Ô Galop, le 27 janvier au Dock des Suds. Avant de t’y croiser dans un sale état, on a rencontré Lucy X qui joue sur la scène argentée de 4h à 8h. Cette Berlinoise originaire de Bayonne aime la fête, la vraie et n’hésite pas à le montrer à travers ses sets orientés house.

Comment t’es-tu dirigée dans la musique électronique ?

J’ai découvert le mix sur vinyles à Bordeaux où j’ai habité pendant trois ans avant de m’installer à Berlin en 2015. Un jour une amie m’a fait essayer et ça a été le coup de foudre immédiat. Par la suite, avec un pote à moi, on a organisé pas mal d’events à dominance techno en format club mais aussi en journée où on invitait surtout des locaux à venir faire des performances live. Depuis, je joue de tout mais à la base, je viens de la trance et c’est vraiment cette scène-là qui m’a fait découvrir la fête, la vraie, celle qui est libre.

Pourquoi as-tu déménagé à Berlin ?

Parce qu’aucun autre endroit au monde ne me stimule, ne me surprend et ne m’éduque comme le fait Berlin.

Quelles différences observes-tu entre la vie nocturne berlinoise et la vie nocturne française ?

Il y a beaucoup plus de liberté, de tolérance et d’ouverture d’esprit à Berlin. Mais on ne peux pas comparer, on est très privilégié ici. La vie en France est très différente, plus difficile. Et les esprits, même créatifs, en souffrent.

Qu’est-ce qui te plaît dans le milieu de la musique électronique ?

La légèreté et la profondeur.

En tant que femme, comment arrives-tu à te faire une place dans ce milieu très masculin ?

Je trouve que ça a toujours été un avantage. A Bordeaux, j’étais entourée par des mecs supers qui m’ont toujours promu et soutenu. Tout dépend du point de vue de chacune en fait. Moi en tant que femme, je ne me sens pas en position d’infériorité tout court, et dans le milieu de la musique c’est pareil.

Pourquoi la place des femmes dans la musique électronique est-elle sous estimée selon toi ?

Il faut arrêter de poser ces questions-là aux femmes du milieu ! Je me demande si ce ne sont pas les médias qui créent cette hiérarchie. La place des femmes n’est absolument pas sous-estimée, mais les hommes ont des égos fragiles, ils ont du mal à partager c’est tout. C’est eux qui se sentent en position d’infériorité… Pas tous, dieu merci. Le complexe d’infériorité chez les filles c’est un mythe. Autour de moi, les DJettes et les productrices n’ont pas du tout ce sentiment. Journalistes, changez de questions, et pour celles qui ont des doute, faites plus de bruit.

Quelles sont tes influences ?

Je suis extrêmement éclectique en matière de musique. En ce moment, par exemple, je suis complètement obsédée par la fin des année 70 et la disco tribale, obscure. Cependant, je cherche toujours la même chose : l’état de trance.

Comment fais-tu pour sélectionner tes vinyles ?

Je fais confiance à mon envie du moment, sachant que mes sets tournent tous pour le moment autour de la diva house, early house et de techno/trance, de la fin des années 80 à début 2000. Après la magie opère sur scène, et toutes les énergies se mélangent, celle de la foule et les miennes. Il faut savoir s’ouvrir à ce moment là, le set en dépend.

Peux-tu définir ta musique ? 

HIGH ENERGY !

Comment as-tu rencontré Ô Galop ?

Ô Galop est venu à moi après m’avoir vu jouer l’été dernier à Berlin dans une free party.

Comment vois-tu ce concept d’un œil extérieur ?

12 h de teuf pour la France c’est chouette ! Après à voir comment se comporte le public là-bas, je n’en sais rien pour l’instant.

Quel est ton rapport avec le public ? Que veux-tu transmettre ?

Tout. On se met à nu là-haut.

Qu’as-tu prévu pour Ô Galop ? 

J’ai prévu de passer un bon moment, comme toujours !

 Ô GALOP 
Dock des Suds
12 rue Urban V
27 janvier 2018, 00h/12h
15€/20€

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