INTERVIEW & PODCAST: DUBLONER

dubLoner est un artiste mystérieux basé en Californie. Peu d’informations circulent à son sujet sur internet et ses productions sont tout aussi intrigantes. Derrière le parti-pris dub omniprésent, on retrouve de fortes influences électroniques qui aboutissent parfois à des morceaux dub-techno ou reggae électronique du plus bel effet. À lire juste en dessous du podcast qu’il nous a spécialement concocté, le résultat d’un entretien à l’occasion de la sortie de son dernier EP “Chairr Nawena” sur le label Adjunct, distribué par Kompakt.

PODCAST #024 POUR LA NUIT MAGAZINE

(sur le Mixcloud de C.C.R. pour cause de problèmes de droits d’auteur avec Soundcloud)

L’INTERVIEW

VERSION FRANÇAISE:

La Nuit Magazine: Salut Kenneth, peux-tu te présenter et nous expliquer la signification de ton pseudo, duLoner? Peut-on y voir une sorte d’isolation musicale auto-infligée?

dubLoner: dubLoner est le nom que je me suis trouvé en 1999 d’après toutes mes melodies très dubby. Mon monde est sans aucun doute rempli de l’isolation musicale que je m’inflige. Ce nom me semblait naturel.

La Nuit Magazine: Ton dernier EP est pour la troisième fois, le fruit de ta collaboration avec Isaac Haile Selassie, comment travaillez-vous ensemble? Vous rencontrez-vous en studio où faites-vous tout à distance?

dubLoner: Isaac et moi avons toujours travaillé dans mon studio. En arrivant, il aura en général préalablement écouté la musique chez lui et aura quelques idées grossières… Ensuite Isaac s’allume l’un des plus gros joints de rasta que tu aies jamais vu et une grosse partie de ses premières idées sont balancées par la fenêtre pour parvenir à quelque chose de nouveau qui correspond mieux à l’idée de départ.

Traîner avec Isaac c’est un peu comme être avec un guru rastafari très profond constamment en train de te montrer le chemin sans utiliser beaucoup de mots. C’est toujours un plaisir.

La Nuit Magazine: Tu vis en ce moment en Californie, peux-tu nous en donner un aperçu de la scène dub ?

dubLoner: Dorénavant je vis dans les montagnes où il n’y a aucune “scène”. Lorsque je vivais à Los Angeles, je ne suivais pas vraiment ce qu’il s’y passait, je ne l’ai jamais vraiment fait en fait. J’imagine que c’est pour ça que le suis le “solitaire” (traduction de “loner” ndlr). À la fin des années 90 et au début des années 2000 il m’arrivait d’aller au Dub Club. Un soir j’y ai entendu Scientist envoyer du gros dub avec l’une de mes premières sorties vinyles dubLoner. C’était vraiment cool à cette époque.

La Nuit Magazine: Quel est le premier track qui t’a fait découvrir que tu pouvais avoir des résultats extraordinaires en mixant tes influences électroniques et dub?

dubLoner: Je dois dire qu’il y a une tonne de différentes influences pour dubLoner en ce qui concerne tout ça. King Tuby & The Aggrovators “A Rougher Version” avec le synthé complétement fou et acid a vraiment apporté de l’eau à mon moulin.

Également toutes les productions trippy de Mad Professor, particulièrement les séries Dub Me Crazy. Sinon Rhythm & Sound, Chain Reaction ou des trucs comme ça m’ont vraiment poussés à explorer le royaume deep électro/dub.

La Nuit Magazine: Que trouves-tu dans le dub que tu ne trouves pas dans les autres styles musicaux?

dubLoner: J’aime l’étendue de sa dimension tripante! J’adore la façon dont sonnent les vieux enregistrements dub et bien sûr les sales tape delay et l’utilisation de reverb… c’est de la musique psychédélique! Quoi que j’aime aussi les morceaux déglingués et digital. J’aime vraiment tout dans le dub. Lorsque le style a émergé, il avait une telle avance sur son temps et a influencé tellement de styles différents. En tout cas, le dub a absolument influencé tout ce que j’ai fait même si c’est parfois difficilement visible.

La Nuit Magazine: Quels sont tes trois top Dub tracks du moment?

dubLoner: En ce moment:

Ces trois morceaux sont dans le podcast que j’ai préparé. Par contre “A Rougher Version” de King Tubby reste le morceau que je préfère par dessus tout.

La Nuit Magazine: Qu’as-tu acheté avec ton premier cachet en tant que Dj?

dubLoner: Probablement mon loyer. Je me suis payé un studio avec ma première avance sur un disque.. c’était il y a un bail.

La Nuit Magazine: Quelle est la pire chose qui te soit arrivée sur scène?

dubLoner: Il y a plusieurs années mon ordinateur s’est prit un virus de qualité allemande pendant une tournée. Et quelque part entre ma sieste à l’hôtel et mon set à trois heures du matin il s’est définitivement éteint. Quand je me suis réveillé pour jouer mon set, il était complétement grillé.

La Nuit Magazine: Est-ce que tu as de l’actu que tu voudrais partager avec nous?

dubLoner: Bientôt beaucoup de nouveaux sons!

ENGLISH VERSION:

La Nuit Magazine: Hi Kenneth, so can you tell us a bit about yourself and what exactly the meaning is behind the name dubLoner? Has it got something to do with self-inflicted musical isolation?

dubLoner: dubLoner was a name i came up with in 1999 for all my dubby kind of tunes. There has definitely been a ton of self-inflicted musical isolation in my world. The name just felt right.

La Nuit Magazine: This is your third release with Isaac, how do you manage to work? Do you meet in person in the studio or is it a long distance affair?

dubLoner: Isaac and I have always worked in my studio. He will typically have had listened to the music at home and have some rough ideas… After Isaac lights one of the fattest rasta joints you have ever seen a lot of previous ideas are thrown out the window with something new and better spontaneously exploding out relating to the original thought. Hanging with Isaac is like being with a deep Rastafarian guru who is constantly showing you the way without too many words. It’s always a pleasure.

La Nuit Magazine: You are currently based in California so can you give us some insights about the dub scene down your ways?

dubLoner: I live in the mountains now where there is no « scene ». When I was in LA I didn’t really follow the scene either.. Never have really… Guess that’s why I’m the loner. In the late 90’s and early 2000’s I went to Dub Club quite a bit. I got to hear Scientist get real dubby with one of my first dubloner 12’s one night. That was a lot of fun back then.

La Nuit Magazine: What’s the first track that made you think that mixing up your electronic and dub influences could sound amazing?

dubLoner: I would have to say there are a ton of different influences for dubLoner with regards to this. King Tubby & The Aggrovators « A Rougher Version » with the crazy acidy synth really got me going! All of Mad Professors trippy stuff… specially the Dub Me Crazy series. Rhythm & Sound, Chain Reaction and stuff like that really got me going in the more deep electronic dubby realm.

La Nuit Magazine: What do you find in dub that you do not find in other genres of music?

dubLoner: I love the spacious trippiness! I really love the way the older dub records bass sounds and of course the nasty tape delay and reverb use… psychedelic music! I love the digital freak-outs too though. I like everything about it really. It was so ahead of its time when it first arrived and has influenced so many different kinds of music. Definitely influenced everything I have done even if it’s not really noticeable.

La Nuit Magazine: What are your 3 current top Dub tracks?

dubLoner: At the moment…

All 3 of these are in the mix. King Tubby’s « A Rougher Version » is my all time favorite dub tune though.

La Nuit Magazine: What did you buy with your first artist fee?

dubLoner: Probably payed my rent. I got a studio with my first real record advance though… that was a long time ago!

La Nuit Magazine: What’s the worst thing that has ever happened to you on stage?

dubLoner: Years ago my computer got a German engineered virus while on tour. Somewhere between my nap at the hotel and my set at 3AM my computer totally shut down. Went up to play my set and it was toast!

La Nuit Magazine: Do you have any other fresh news that you would like to tell us about?

dubLoner: Lots of new music soon!

SON DERNIER EP:


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