INTERVIEW : WILKO & NDY, FRÈRES DE SON

A Marseille, les groupes de rap sont légion. Heureusement, certains d’entres eux arrivent à se démarquer. C’est le cas de Wilko & Ndy, deux frères qui n’hésitent pas à évoquer leur quotidien de génération blasée dans une musique teintée d’électro. On a profité de Marsatac pour les rencontrer et en savoir plus sur eux.

La Nuit Magazine Wilko & Ndy c’est quoi ? 

Ndy : Wilko & Ndy c’est un projet hip-hop et électro de Marseille. On a commencé il y a un peu plus d’un an. On a sorti un EP, Trou Noir, en septembre dernier avec trois clips, « Versailles », « Trou Noir » et « Peau Lisse ».

Quand avez-vous décidé de vous lancer dans la musique ? 

Ndy : On est bercé par la musique depuis qu’on est petit. Notre père est musicien, et on allait souvent à des concerts avec lui. A l’adolescence, on a eu besoin d’exprimer des choses, et on s’est naturellement dirigé vers la musique.

Wilko : Ça s’est fait de manière plutôt instinctive.

Comment définiriez-vous votre musique ?

Ndy : Notre musique c’est un lendemain de cuite entre espoir, souvenir, fatigue et envie, tout ça assis à une terrasse de café à essayer de faire le tri. C’est cette idée de cramer de la vie. On ne sait pas où on sera demain donc autant vivre maintenant et faire ce qu’il nous plaît.

Comment se déroule votre processus créatif ? 

Wilko : Tout ce qui est musique, c’est moi qui produit. On part d’une grosse démo, on bosse un peu dessus et on fait les premiers arrangements. Ensuite, on trouve une idée de thème en fonction de ce que la musique nous inspire. J’envoie tout à Ndy qui se met a écrire. Je rédige aussi des textes puis on met tout en commun et on bosse ça ensemble.

Ndy : Quand c’est fini, on aime bien faire écouter nos morceaux à des oreilles fraîches, à des gens extérieurs au projet qui peuvent nous donner leur avis et apporter une plus-value.

De quoi vous vous inspirez pour composer et écrire ?

Ndy : Pour la musique, on écoute de tout : du hip-hop, du rock, de la pop, de la musique électronique, etc. On puise dans ce panel assez large tout en gardant une direction artistique cohérente. Pour les paroles, on s’inspire de ce qu’on voit, de ce qu’on vit, de ce qui nous entoure. Marseille est un ville riche où il se passe plein de choses. Il y a une vie underground assez présente. Au niveau urbanisme, c’est pareil. D’un quartier à l’autre c’est totalement différent, et ça c’est nourrissant.

Wilko : C’est une ville avec une belle énergie qui nous inspire beaucoup.

Cette vie underground marseillais, vous la fréquentez ?

Ndy : Grave, c’est quelque chose qu’on fréquente et qu’on aime. Et à Marseille, il se passe plein de trucs, notamment avec les collectifs. Ça me faisait penser qu’au début, dans notre entourage, il y avait pas de rappeurs. Tout le monde faisait de la house ou de la techno (rires).

Quelles sont les collectifs que vous kiffez ? 

Ndy : Concile, Tropicold, Metaphore, Paillettes, .. Bref, tous les collectifs de la nuit marseillaise.

WILKO
NDY

Etre deux, c’est une force ?

Wilko : Carrément. La force qu’on a aussi c’est d’être frères. Certains pourraient croire que c’est un désavantage, mais pas pour nous. On arrive à bien communiquer et à évoluer ensemble. Du coup, on sait où on va.

Ndy: Ça nous apporte des choses mutuellement. Et ça nous permet d’être en veille constante sur ce qu’il se passe, ce qui pourrait nous arriver et vers là où on veut aller. On peut à la fois se remettre en question et avancer. Après, il faut savoir que là on est deux mais normalement on est entouré de plein de gens, notamment de Loris sur les lives.

Du coup, combien vous avez de différence ?

Wilko : 3 ans et 9 mois. Et c’est Ndy l’ainé.

Vous avez déjà sorti trois clips, c’est important de mettre la vidéo en avant dans votre projet ?

Ndy : Oui, l’image ça permet de se façonner une identité, de se définir. Les gens se reconnaissent dans la musique mais aussi dans l’image. En plus, ça nous permet aussi de mettre en image nos idées, de faire sortir tout ça. Des fois quand tu écoutes une musique, tu comprends pas trop ce qu’a voulu dire l’artiste, mais quand tu vois le clip, ça devient de suite plus clair.

Comment vous faites pour retranscrire tout ça sur scène ?

Ndy : On transpire ! (rires)

Wilko : On transpire ouais, mais on a aussi pas mal de scénographie. Et au final, je trouve qu’on arrive plutôt pas mal à retranscrire nos clips dans nos lives, notamment via des néons.

Comment on fait pour se démarquer quand on fait du hip-hop dans une ville comme Marseille ?

Ndy : Il n’y a pas de recette miracle pour se démarquer. L’important c’est d’arriver à trouver le juste milieu entre influence et cohérence, et d’assumer. Le hip-hop est devenu une musique hyper variée. On voit des rappeurs sortir des morceaux mélangés avec de la trap, de la house ou de la pop.

Wilko : C’est un style musical qui a aspiré énormément de choses, et qui continue à évoluer comme ça.

C’est quoi votre avis sur la nouvelle scène marseillaise ?

Ndy : Notre avis est plutôt positif. On parlait tout à l’heure des collectifs. Dans le rap, c’est pareil. Et finalement, ça s’organise un peu de la même manière dans les deux, avec une proposition assez variée. Les artistes et les collectifs ne lâchent rien et le travail paie. L’effervescence elle est là, elle ne redescend pas et elle est apporte énormément à la ville.

Wilko : C’est moins mainstream, c’est plus underground mais c’est toujours présent.

Vous êtes Marseillais, j’imagine que c’est un événement pour vous d’avoir joué à Marsatac ?

Ndy : Carrément, on est très content. Et d’ailleurs on remercie Marsatac de nous avoir invité.

Wilko : On leur fait des bisous.

Un mot de la fin ?

Wilko : Trop schlag pour ta belle gueule. Bisou.

Ndy : Le bisou à la fin est très important.

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