LA FONGÂTERIE PUIS LE ZIP, DEUX SQUATS MYTHIQUES DE LA RUE FONGATE

Le Zip, le squat de la rue Fongate, a fermé ses portes en octobre 2014. On revient sur son histoire et celle de la Fongâterie qui l’a précédé.

Le premier squat de la rue Fongate a été ouvert par des experts de l’occupation illégale, mais ils se sont barrés au bout d’environ six mois. La Fongâterie se remplit ensuite rapidement de squatteurs en tous genres. En juillet 2012, il y a six personnes ; à l’automne, ils sont déjà vingt-cinq.

L’endroit est hallucinant, avec un espace impressionnant : un immeuble de quatre étages avec une cour centrale et de grandes pièces qu’on dirait faites pour installer des ateliers. Il y a déjà un studio de sérigraphie mis en place par les premiers arrivants, qui avaient aussi cassé les murs pour faire une salle de concert et laissé plein d’outils. L’électricité et l’eau étaient déjà raccordées, ils étaient même descendus dans les égouts en combis.

La Fongâterie reste ouverte jusqu’en octobre 2013, et passe ensuite le relais au Zip. Après la fermeture, ils sont une quinzaine de personnes à vraiment avoir besoin d’un autre endroit où dormir ; heureusement, ils trouvent un autre immeuble vide dans la même rue.

Le lieu fonctionne par autogestion, les occupants veulent montrer que c’est une organisation autonome, dans un endroit qui à la base ne servait à rien. Toute la bouffe est récupérée auprès des restos, de la bio-coop, des supermarchés. Il y a une salle spéciale pour tout stocker.

Ce n’est pas l’espace qui manque, et on trouve toutes sortes d’ateliers, un petit théâtre, des salles de répétition, un « sleeping » pour accueillir les voyageurs de passage, un freeshop de vêtements où tout le monde vient se servir gratuitement.

Les gens qui vivent là-bas viennent de tous les horizons : il y a des travailleurs, des voyageurs, des rmistes, et aussi des gens impliqués dans le milieu social. Par le biais d’une association, les habitants du Zip ont accueilli une famille arménienne pendant quelques temps, qui a heureusement fini par être relogée. Les étudiants viennent pour faire de la musique, de l’art visuel, du théâtre ; il y a aussi un groupe de punks un peu nihilistes, un peu alcooliques aussi.

Pour calmer tout ce beau monde, rien de mieux que les soirées jazz jam-session autour d’un piano. Tous les dimanches soirs, les étudiants du conservatoire se rassemblent au Zip pour faire de la musique ensemble, ce qui attire du monde et surtout une population un peu différente, plus bobo que punk à chien.

À la Fongâterie puis au Zip, la sono et les instruments de musique sont à disposition. Les activités s’enchaînent : cours de boxe gratuits, workshops, performance de théâtre, soirées déguisées, journée portes ouvertes. Des groupes de musique divers et variés sont invités à maintes reprises, des orchestres tziganes aux nombreux DJ. Il y a même la soirée Ramène ta tarte, pour faire parler du lieu en bien, qui a fait venir des familles. Mais aussi des soirées un peu plus trash, comme Ta Mère en profondeur, qui a réuni une galerie, l’Asile 404, et une trentaine d’artistes en tout. Au final, la Fongâterie s’est imposée comme un lieu mythique du milieu underground marseillais, ouvert au public en mal de soirée.

« Parfois ça part en couilles, mais c’est le jeu ! Quand tu ouvres tes portes, tu accueilles la faune et la flore… »

Rose Nicolas

LA FONGÂTERIE EN PHOTOS

Plus bas, une vidéo de la soirée Ta mère en profondeur ainsi que des photos du ZIP.

DES IMAGES DE LA SOIRÉE TA MÈRE EN PROFONDEUR CAPTURÉES AU SMARTPHONE

LE Z.I.P, EN PHOTOS

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