LA NUIT ÉTAIT À LA NUIT DEBOUT

Depuis le 31 mars, le mouvement « Nuit debout » embrase la France. Soutenu par de nombreux lycéens, le but est de manifester contre la très controversée loi El Khomri. Après la manifestation de samedi après-midi sur le Vieux-Port, de nombreux manifestants se sont réunis autour de la fontaine pour danser, boire et surtout échanger jusqu’au bout de la nuit.

Pour aller à la manifestation « Nuit Debout » samedi en fin d’après-midi, il fallait suivre le bruit qui provenait du cours Julien. Une fois arrivé sur place, il faut jouer des coudes pour aller au cœur de la manifestation. Au centre, certains ont sorti des percussions pour rythmer la préparation des pancartes à même le sol. Les stands de nourriture se montent petit à petit pour pouvoir durer toute la soirée. Pour les autres, l’apéro bat son plein. Le Ricard et l’Heineken coulent à flots et tout le monde partage les mêmes paquets de chips. Il règne un état d’esprit bon enfant grâce notamment aux lycéens. « Je suis professeur des écoles, je suis là depuis mardi soir sur le cours Julien. Ca fait vraiment plaisir de voir autant de monde pour cette réunion. Et surtout de voir des personnes qui viennent de différents horizons. Il y a des étudiants, des lycéens, des retraités, des salariés… C’est réjouissant de voir toutes ces personnes échanger entre elles. C’est le but de cette manifestation, » explique un des organisateurs. Avant de se faire engueuler par une de ses collègues, car il vient de parler aux médias. Les organisateurs insistent sur le fait que ce mouvement doit appartenir à tout le monde. D’où leur boycott des interviews.

Nuit Debout 02/04/16 - cours Julien - © Nicolas Chiale
Nuit Debout 02/04/16 – cours Julien – © Nicolas Chiale

Une grande partie des manifestants de 14h30 au vieux-port était présente au cours Julien. Ils étaient à peu près 400 personnes autour de la fontaine, dont une majorité d’entre eux étaient lycéens. Ce sont eux qui sont, depuis un mois, à la base du succès de ce mouvement. « On pensait qu’avec les vacances scolaires, on serait beaucoup moins de lycéens. Que le mouvement allait s’essouffler. Mais finalement, je vois qu’on est tous motivés pour descendre dans la rue même si les flics n’hésitent pas à être violent avec nous. Cette après-midi, à la manif, je me suis fait une entorse et ça ne va pas m’empêcher de rester ici toute la nuit. La loi El Khomri est une horreur. Dans quelques années, on sera sur le marché du travail et on va galérer si rien ne change. On veut que le mouvement continue se prolonge pour les prochains mois. On va tout faire pour pas qu’il s’essouffle, » peste Lisa, lycéenne à Montgrand.

Un espace de libre-échange

Petit à petit, les percussions baissent en intensité. Un pick-up transportant d’énormes enceintes se place aux abords de la fontaine. Et les gens commencent, doucement, à tous s’asseoir pour écouter la séance open-mic. Les intervenants se succèdent chacun leur tour. Tout le monde peut prendre le micro et peut se dire ce qu’il veut. Et c’est bien la force et le problème de la nuit debout : après un début de libre-échange uniquement axé sur la loi Travail, les débats dérivent sur d’autres sujets. De la situation en Afrique aux apprentis rappeurs qui improvisent un freestyle. Après quelques embrouilles entre des personnes alcoolisées et ceux qui veulent faire tourner le micro. La séance prend une autre ampleur. Les langues se délient et les intervenants suivants émeuvent cette assemblée improvisée. Les discours les plus marquants sont ceux de retraités venus encourager la jeunesse indignée. Notamment celui d’Antoinette, une femme de 60 ans qui a réussit à chauffer l’assemblée avec de nombreuses saillies envers la ville de Marseille et en particulier contre Jean Claude Gaudin. On retiendra la plus belle phrase dite lors de cet espace de libre-échange «  les puissants sont grands car nous sommes à genoux ». Bon pour le coup, ils étaient tous assis mais l’esprit y était.

Nicolas Chiale 

LES PHOTOS DE LA NUIT DEBOUT DU 2 AVRIL 2016 SUR LE COURS JULIEN

Une Réponse à “LA NUIT ÉTAIT À LA NUIT DEBOUT”

  1. Quand la solidarité pour un autre avenir est en marche…

    N.O.U.S…La Nuit debout…
    Nouvelle Organisation d’Unité Solidaire.
    Paroles de : Saïd Maïza…à partager sans modération…

    Main dans la main, N.O.U.S
    Nous marcherons
    D’un seul pas, N.O.U.S
    Nous, Nous démarquerons

    Quand viendra l’appel, N.O.U.S
    Nous, lui répondrons
    D’une seule voix, N.O.U.S
    Nous, Nous accorderons

    En excisant, les tentacules de la déraison
    Dans le besoin qui bascule, nous partagerons
    En ne s’écartant point, de nôtre mission
    Fermant nos poings N.O.U.S, nous résisterons

    Sous haute pression, l’attention en tension, cohabitant avec la tentation
    Sacrée au box-office de la surconsommation
    En somme, pas de sommation pour les cons, sauf l’apport de l’affliction
    Quand sur les planches du pouvoir, on joue « La fournaise de l’inflation »

    A guichets fermés, armés de nos convictions,
    Sans abdiquer, nos fronts pilotent via l’horizon de l’action
    Eclairés N.O.U.S, nous seront, incitant à la réflexion
    La majorité silencieuse pour qui l’espoir se nomme « Révolution »

    Main dans la main, N.O.U.S
    Nous marcherons
    D’un seul pas, N.O.U.S
    Nous, Nous démarquerons

    Quand viendra l’appel, N.O.U.S
    Nous, lui répondrons
    D’une seule voix, N.O.U.S
    Nous, Nous accorderons…

    Heureusement que l’éveil de nos braves ne s’est pas fait attendre
    J’entends que la cause est juste, on se doit de la défendre
    Après un coup de clic, bon-aloi, parfois on reçoit des claques
    Suite aux frasques de « l’arrêt public », publique mais pas sous le masque

    L’exclusion fait recette de nos complexes d’infériorité
    D’après mon enquête, elle n’est pas en quête d’uniformité
    Au mépris de nos valeurs, elle accentue l’oppression
    Quand les acteurs passent pour des casseurs, aux yeux de l’opinion

    On n’est pas responsables de leurs transactions monétaires
    De ce train d’envies, d’enfer, sur le compte de la masse populaire
    Pervers est le fin fond du système, amers ces vers me viennent de sa misère
    Décidons d’un nouvel itinéraire, sinon demain, sociale sera la guerre …

    Main dans la main, N.O.U.S
    Nous marcherons
    D’un seul pas, N.O.U.S
    Nous, Nous démarquerons

    Quand viendra l’appel, N.O.U.S
    Nous, lui répondrons
    D’une seule voix, N.O.U.S
    Nous, Nous accorderons…

    Paroles de Saïd Maïza…à partager sans modération…

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