LA RÉTROSPECTIVE CULTURELLE 2015 DE LA NUIT MAGAZINE

L’année 2016 a déjà bien commencé, et comme à La Nuit Magazine, on est – comme beaucoup de noctambules – souvent à la bourre, c’est le moment qu’on a choisi pour tirer un court bilan de l’année dernière. Tout en contraste, à l’image de Marseille.

  • On a eu une vraie confirmation de l’élan amorcé avec 2013, la ville a pris un vrai tournant en 2015.
  • Qu’on aime ou pas, La Joliette s’est imposée comme un nouveau pôle culturel. Malgré un côté m’as-tu-vu et convenu, on y a vu les plus beaux bookings en matière de musique électronique à Marseille depuis très longtemps.
  • On s’inquiète du coup d’une asphyxie du cours Julien et de la Plaine. Le désengagement fort des institutions envers le quartier notamment envers les associations est clair, on peut citer les difficultés de l’association du Cours Julien. De grands travaux s’annoncent sur la Plaine, dans une confusion totale (et on en reparlera bientôt). On peut noter que l’asso des Commerces de la Butte essaye de prendre le relais en animant le quartier avec des actions comme le Street Art festival.
  • Une très belle année pour la Friche Belle de Mai, ses expositions, la polémique aux échos nationaux autour des œuvres de Reinhard Scheibner et Stu Mead, ses nouveaux équipements, son toit-terrasse et enfin une utilisation cohérente du Cabaret Aléatoire en format club. On reste cependant attentifs à la diversité de sa programmation, avec pour emblème un Marsatac 100% électronique, et surtout à son implantation dans le quartier le plus pauvre d’Europe…
  • Plus de 70 festivals (on a en surement oublié quelques uns) : Trance Illusion, Nuit d’Hiver, Les Inovendables, Marché noir des petites utopies, La Photographie Marseille, Festival International du court-métrage sur le handicap, festival pour la libération Animale et l’Antispécisme à Marseille, Trance Booking, Les Instants Vidéo, RIAM Festival, La Cours des Miracles, Actoral, POC, I.V.S, Festival de Vives Voix, Arbre en Scène, Marsatac, Préavis de désordre urbain, Les Journées Folles, Festival Flottant, Un Piano à la Mer, Acontraluz, Alternatiba, Positiv Festival, Festival Jazz des Cinq Continents, Festival AfriK’Ete’Arts, Festival de Marseille, Festival Internaitonal de Vidéo Expérimentale, Street Art Festival, Festival Caressez le Potager, le FID, Festival Sons et Voix, Festival International de Trombone, MIMI, Rock Island, Festival Extramural Flamenco, Amne’Zik Open Air Festival, Delta Festival, Édition Festival, What Is It ?, Soul Festival, Watsa Festival, Festival Africa Fête, Festival du Livre de la Canebière, B-Side, Calligraff’it, Sun Art, Sour Festival, Étang d’Arts, Tendance Clown, Festival Les Musiques, Blues Festival, Festival Striedent, Festival Une Autre Calabre, Festival Mai dit Terre Année, Sounds of Marseille, Festival Gravitation, Atmosfär, Festival Sonic(ou) Protest(iou), Festival Cubrazil, Retard & Friends Festival, Festival Latcho Divano, Vavangue Festival, Avec le Temps, Fiesta des Suds, Babel Med, Festival Parallèle, Oogie Festival, Les Massiliades, Reevox.
  • Notons que le vrai bouillonnement vient du bas, avec comme contrainte principale un plafond de verre imposé par la municipalité.
  • Un peu plus triste et sans logique réelle, les actions de prohibition dans le quartier du Plateau. On a eu l’occasion d’en parler.
  • Un autre constat pas génial : les institutions qui croient dans la culture à Marseille sont souvent privées, et, et c’est dommage, parisiennes.
  • De nouveaux collectifs et de nouvelles soirées.
  • L’ouverture de nouvelles galeries, on peut par exemple citer la galerie street-art : M74.
  • Une transition dans le milieu électronique qui se fait de plus en plus sentir entre l’ancienne génération et la nouvelle, et on a enfin droit à plus de mixité.
  • Des actions avortées, on pense entre autres au projet MuCEM Plage qui devait voir s’installer Yes We Camp sur le parvis du MuCEM.
  • Une vraie soirée Techno dans l’enceinte même du MuCEM avec nos nocturnes et c’est quand même pas rien.
  • Le modèle associatif dans la culture est entouré de nombreux points d’interrogation : quel avenir pour les associations ?
  • On reste circonspects sur la place de l’art contemporain. Existe-t-il un réel intérêt populaire pour ces événements très portés ?
  • Il est encore un peu tôt pour dresser le bilan de la direction bicéphale du Ballet National de Marseille, nommée en février 2014, et dont les nouveaux projets ne sont pas encore totalement déployés. 2016 sera une année décisive.
  • La réouverture au public de la Criée, qui avait dû fermer ses portes trois ans après de longs travaux de rénovations à cause d’un scandale étouffé à l’amiante.
  • Saluons, dans une ville toujours très pauvre en Cinéma, l’ouverture du Vidéodrome 2: cinéma alternatif du cours Ju, et aussi un vrai succès du Gyptis, que ce soit en termes de programmation ou d’action sociale.
  • Nouveau record du monde marseillais ; après le banc le plus long du monde sur la corniche, on a le record de lecture avec un mec qui a lu pendant 5 jours et 5 nuits. Bon…
  • On tire notre chapeau à l’A.M.I., et les 30 ans du Mimi festival. On les remercie aussi d’organiser le Village Hip Hop avec les fonds de tiroir.
  • La résidence artistique « Aux Tableaux » a été le véritable temps fort du street art, un superbe projet.

En bref, le futur s’annonce intéressant. On se méfie un peu des institutions municipales toujours peu présentes dans l’action mais toujours là dans l’annonce de grands projets, des nouvelles majorités départementales et régionales. On applaudit la créativité et la débrouillardise caractéristiques des individus qui font bouger notre ville. On est donc toujours plus intéressés par les nouveaux défis de notre ville.

Parce qu’elle sera probablement pleine de nouveautés – bonnes et mauvaises – parce que ce sera sûrement toujours un peu plus compliqué qu’ailleurs. Parce que Marseille est ce qu’elle est.

Iliès Hagoug

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