L’EMBOBINEUSE, LE THÉÂTRE DE FORTUNE QUE MARSEILLE NE DOIT PAS PERDRE

5 jours. C’est le temps qu’il reste pour faire un don à l’Embobineuse, théâtre de fortune et salle de concert underground de la Belle-de-Mai, qui croule sous les dettes. Pendant 10 ans, la salle est parvenue tant bien que mal à survivre tout en proposant une programmation totalement décalée. Mais voilà, aujourd’hui, la réalité économique rattrape l’association, d’où les 40.000 euros demandés via une plateforme de crowdfunding. « Cette somme nous permettrait de combler notre déficit et de rebondir un minimum », nous explique Félix, co-fondateur de la structure. Et une fois encore, l’Embobineuse ne fait pas comme tout le monde. Ainsi, chaque bienfaiteur sera récompensé en fonction de la somme qu’il a versée. Par exemple, en échange de 5€, le donateur pourra voir son nom en lettres d’or dans les toilettes de la salle, pour 15€ il se verra offrir un pain d’épice fait-maison, tandis que pour 400€ il pourra repartir avec 2kg de Musée des Horreurs.

Une programmation hors-norme

En proposant un prix d’entrée à 10€ maximum, les Embobinés ont toujours eu du mal à joindre les deux bouts. Surtout que, comme l’explique Félix, le public n’était pas toujours au rendez-vous. Le problème – hormis le fait que le quartier soit très mal desservi – une programmation hors-norme, très underground, qui n’est pas à la portée de tout le monde. « On a déjà fait des concerts avec cinq personnes parce que même si nous on trouvait ça extraordinaire, ça n’intéressait personne ». Malgré tout, ils n’ont jamais lâché l’affaire. En véritables passionnés, ils ont toujours proposé une ligne de conduite délibérément décalée. « Dans la société actuelle avec la télévision et le mass-média, la réception d’une œuvre d’art sur internet par exemple n’est pas la même que celle que tu vis dans une salle de concert. Le spectacle vivant te plonge dans un voyage émotionnel, dans un voyage de la perception, un voyage de l’imaginaire, qui fait que tu en sors transformé. Par rapport à notre public, à nos 4000 adhérents annuels, à tous ceux qui sont venus nous voir durant ces 10 ans et à tous ceux qui viendront nous voir, on se doit de garder ce lieu ouvert pour échanger nos idées et faire évoluer notre vivre-ensemble ». Mais ce qui a surtout plongé le lieu dans un gouffre financier, c’est les travaux de mise aux normes. En tout, en enlevant ce qui a été remboursé par les institutions, l’association en a eu pour environ 50.000 euros. De quoi les mettre dans la panade. « On a dû emprunter de l’argent à notre entourage, et aujourd’hui on n’arrive toujours pas à les rembourser », confie Félix.

De nouveaux projets

En récoltant cet argent, l’association veut se reconstruite. « On a pris conscience du fait qu’on ne peut pas survivre uniquement avec l’argent des concerts et que le lieu est totalement sous-exploité. On veut le valoriser différemment en l’ouvrant sur le quartier en journée par exemple, ou en mettant en location les espaces vides. Si on arrive à faire ça, on s’en sortira. Notre identité est là de toute façon, et elle est ne sera pas remise en cause avec de nouveaux projets. On peut redémarrer », expose Marius, un des responsables de la communication. Et puis, comme ils le disent sur leur site, 10 ans, c’est un peu jeune pour mourir non ?

Sarah Barbier

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