LUMIERES LA NUIT : « PAS FAIRE CE QUI SE FAIT DEJA, C’EST PLUS DIFFICILE »

Roger Geressen, Yakine ou Vadim Svoboda ont un point commun : ils sont tous signés chez LLN, ou Lumières La Nuit, label indépendant et globe-trotter, basé à Londres. Climat de l’industrie, musique électronique et fétichisme du vinyle : interview avec le co-fondateur, le moscovito-berlino-londonien mais toujours français Edouard Morin.

 Comment tu sélectionnes les artistes que tu signes ?

J’ai beaucoup bougé, j’adore voyager, du coup ça joue beaucoup. Par exemple, en ce moment, je kiffe Moscou. On a souvent des a priori sur cette ville parce que c’est en Russie, mais c’est un putain d’endroit, avec une vraie scène under, des vrais clubs dans tous les sens. J’ai vécu à Londres, à Berlin, et bien d’autres endroits. Du coup, en général, je signe plus des gens que je connais, que je rencontre au fil de mes déplacements.  Faut que ça colle musicalement, et ça on s’en rend vite compte, mais le côté humain joue aussi beaucoup, on a eu quelques mauvaises expériences. Il faut vraiment qu’il y ait une relation qui se créé avec l’artiste, ce qui était le cas avec un de nos artistes. Il m’a envoyé 3 morceaux que j’ai adorés, mais j’ai tenu à le rencontrer pour voir si ça marchait. La musique est très importante, mais l’humain aussi.

Décris nous un peu le projet, et ce que vous cherchez à faire.

Lumières La Nuit, j’ai tendance à lui coller les etiquettes : « Dub deep techno », parce que c’est la seule manière que je vois de montrer la largeur du projet. On ne se limite pas vraiment à un sous genre en particulier. On tient aussi à un côté visuel et qualitatif du produit, c’est vraiment très important pour nous. Lumières la nuit fête ses 3 ans en juillet, mais on fêtera ça tranquillement en septembre. La première sortie c’était Vadim Svoboda, qui sera aux Rotatives ce week-end. Le catalogue a commencé au numéro 0000 et Vadim revient pour la 10e sortie, la 0009. Faut savoir que les projets sont vraiment une exploration de l’univers d’un artiste, d’ailleurs chaque artiste choisit un pattern pour sa cover.

Parle nous des artistes qui viennent vendredi.

Avec Vadim, on s’est rencontré à Paris. C’était une connaissance, on s’est vraiment connus quand j’étais en Allemagne, d’où je suis rentré en septembre dernier après avoir passé quelques temps à Londres. C’est un super DJ, plus tourné vers la perf live, et il nous le fera vivre avec un live qui contient des morceaux exclus LLN 9. C’est un super musicien, de formation classique. Il pratique le piano maintenant comme un loisir, mais ça reste un musicien, qui joue avec des instruments, il a cette logique là. Nems-B, vous le connaissez bien il me semble ?  On l’aime beaucoup à Lumières La Nuit.

Comment vit ton label ?

On vient de lever pas mal d’argent, je bossais avant à côté. J’ai fait plusieurs boulots, souvent en free lance, parce que j’aime aménager mon temps.

En toute humilité, notre univers rencontre quand même un beau succès. On pourrait plus enfoncer le clou, mais on veut pas mettre la charrue avant les boeufs, on veut continuer à privilégier la qualité. On est un projet sérieux qui se différencie, du coup naturellement on est soutenu.

Le vinyle, le digital, tout ça c’est des conneries ou vous êtes des fétichistes du disque ?

Ce qui est sûr, c’est qu’il y a un discours de poètes disparu : rares sont les personnes qui distinguent réellement la différence entre .mp3 et .wav. Le vrai avantage du vinyle, c’est l’objet, le support, la cover, ça crée une interaction entre le design, l’univers et la personne qui l’écoute. Je gère tous les projets depuis 2 ans et demi, je sais ce qui se fait et à quel prix. La vérité c’est que le marché n’est plus le même qu’il y a 2 ans, où on vendait 100 copies du même disque, aujourd’hui c’est plus 30. C’est pas notre vocation de faire ce qui se fait déjà, du coup c’est plus difficile qu’avant.

Moi je suis DJ aussi, le vinyle faut se trimballer 20 kilos, mais le vinyle ça reste vraiment sexy. Pendant longtemps on s’est demandé si on allait faire du digital. Si on fait du vinyle c’est pas pour être sectaire, mais parce que c’est le support le plus adéquat.

Lumières La Nuit sera aux manettes de la dernière Rotate This aux Rotatives ce vendredi! Plus d’infos et des places à gagner par ici!

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