MARSATAC 2017 : BÉATRICE DESGRANGES REVIENT SUR L’ÉDITION DU RENOUVEAU

Suite à notre report au titre évocateur, nous avons voulu interroger la directrice de Marsatac, Béatrice Desgranges, pour dresser le bilan de cette édition 2017 sans langue de bois. Si tu voulais des réponses aux problèmes de son et à l’attente au bar, tu es au bon endroit! 

Quel est votre bilan de ce Marsatac 2017 ?

Nous avions un défi à relever : montrer que Marsatac pouvait s’installer sur un nouveau site, à une nouvelle date. Pour moi, la démonstration a fonctionné. On a eu quelques soucis d’organisation comme vous avez pu le relever, mais c’était pas facile pour nous. On a dû préparer un événement plus gros en moins de temps, et ce avec un projet comme la Fonky Family. Et puis c’était notre première implantation au Parc Chanot, et on réussit rarement du premier coup. Moi ce que je voulais surtout voir, c’était le potentiel du lieu et aujourd’hui je suis convaincue qu’il offre de belles potentialités.

Lesquels ?

Il a une grosse capacité – par rapport à la Friche ou au Dock – et on peut configurer les espaces comme on veut. Nous on ne veut pas refaire la même chose d’une année à l’autre, et le Parc Chanot et ses nombreux halls offrent cette garantie. En plus de cela, c’est un lieu plus facile d’accès autant pour le public que pour les artistes ou les prestataires. Ce qui me turlupinait le plus c’était la question de la chaleur, et au final on n’a pas eu de soucis avec. Bien évidement on aurait bien voulu mettre une scène à l’extérieur mais nous n’en avions pas l’autorisation, notamment par respect pour le voisinage. Quoi qu’il en soit, nous sommes plutôt rassurés de la manière dont ça a fonctionné. Après, bien entendu, il faudra régler les problèmes qui ont été soulevés.

© Raoul Photography
© Raoul Photography

Justement au niveau du son, qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Vous y étiez non ? Moi je vais pas me battre sur la question du son parce que c’est très subjectif au final. Au concert de la Fonky Family ça s’est passé comme ça s’est passé mais il ne faut pas perdre de vue qu’ils n’ont pas fait de scène depuis 10 ans. Ils ont fait leur résidence à l’Affranchi et n’ont pas pu présenter leur concert à un public en amont. C’était donc une première. J’ai vu AllttA le même soir, et je peux vous dire que ça a bien fonctionné, tout comme House of Pain. Il faut savoir qu’à chaque set, on change de technicien, et que chaque artiste a son propre technicien qui le suit en tournée etc.

Le problème viendrait donc du technicien de la FF ?

Non, je n’accuse personne. Je ne sais pas. Une grosse partie du public venait exclusivement pour la Fonky Family. Ils ne sont pas forcément habitués aux festivals et ont donc été déçus – ce que je comprends. Heureusement qu’ils connaissaient aussi bien les paroles on va dire ! (rires)

© Raoul Photography

Ce n’était donc pas un problème de matériel ?

Non, je ne pense pas. La situation est regrettable mais malheureusement on ne maîtrise pas toujours l’ensemble de la zone d’intervention. C’est juste que c’était la première fois que la Fonky Family faisait une aussi grosse scène dans ce genre d’endroit.

Sur les réseaux sociaux, les retours ont été assez mitigés. Quel est votre avis là-dessus ? 

Les réseaux sociaux ont l’avantage et l’inconvénient d’être dans l’immédiateté. Comme vous l’avez dit dans votre report, c’est plus facile de prendre la parole quand ça va pas que le contraire. On s’expose et les gens prennent la parole, c’est la règle du jeu.  Après, il y a des points où je me sens responsable d’autres moins, mais en tout cas on essaye d’apporter des réponses quand on les a.

Sur quels points ne vous sentez-vous pas responsables ?

Je ne me sens pas responsable du son de la Fonky Family, ni de la défaillance de la machine du brasseur. Après, peut être qu’il n’y avait pas assez de bars – pourtant on a doublé les surfaces par rapport à la Friche. Je pensais vraiment que ça suffirait. L’implantation c’est toujours compliqué. Sur le plan, on pense que les gens vont passer par tel chemin, que les bars vont être suffisamment identifiables, etc. Des fois ça marche et des fois non. Je ne doute pas de notre capacité à pouvoir corriger ces deux problèmes pour l’année prochaine. Faire une première édition sur un nouveau site c’est pas évident. Il ne faut pas que le public se décourage.

© Raoul Photography

 Quel est votre meilleur souvenir de cette édition ? 

Le logo sur le stade Orange-Vélodrome m’a beaucoup réjoui ! Les loges des artistes dans le stade c’était aussi des chouettes souvenirs. Je suis aussi contente qu’on ait pu faire venir Die Antwoord, c’était un vrai show comme on a peu l’occasion d’en voir.

Quels sont les retours que vous avez eu de la Fonky Family ?

Ils étaient juste super heureux. Il y avait les retrouvailles avec le public et leurs retrouvailles à eux. Et ça, ça s’est vu. S’ils voulaient voir s’ils avaient encore un public, ils ont été servis !

Est-ce que vous pouvez expliquer à ceux qui ne le savent pas, la raison de l’annulation de Suicide Boys ?

Ils sont tombés en panne à Dijon, et n’ont jamais réussi à faire redémarrer le tour-bus. On a essayé toute la nuit de trouver une solution, de choper quelqu’un qui pourrait éventuellement aller les chercher mais malheureusement on n’a pas réussi. C’était un nom qui était attendu et on est assez déçu de cette annulation.

Qu’est ce qu’il s’est passé avec Vald au stade Orange-Vélodrome ? 

Sourdoreille est notre partenaire vidéo. Il était convenu qu’il tourne un certain nombre de capsules vidéos durant le festival. Une de leur formule consiste à filmer un artiste dans un lieu insolite, le temps d’une chanson. On a recensé des lieux et demandé des autorisations. Une fois qu’on les a eu, on a vu avec les artistes qui eux-mêmes avaient l’autorisation de se prêter à l’exercice. On a alors filmé Kid Francescoli sur le toit du Grand Palais, Meute sur le cours Belsunce, etc. On avait l’autorisation du stade Orange-Vélodrome de faire la même chose là-bas. Vald était intéressé. Donc on a décidé de le filmer dans le stade. C’était sans compter sur l’esprit blagueur de ce garçon qui, pour le tournage de la chanson, a mis le maillot du PSG et utilisé des fumigènes. Ça, ça ne faisait pas partir du deal. On lui a fait comprendre qu’il avait dépassé les limites, et le stade nous a fait savoir qu’on allait avoir des problèmes. Donc, afin de préserver nos bonnes relations, on a demandé à Sourdoreille de ne pas diffuser la fameuse vidéo. Moi-même dans mon équipe, j’ai des grands supporters de l’OM qui ne se sont toujours pas remis de cet affront ! Ici c’est un véritable crime de lèse-majesté. Je ne me rend pas forcément compte mais dans le respect de tous les marseillais, vaut mieux en rester là (rires).

© Raoul Photography
© Raoul Photography

Vous êtes aujourd’hui un partenaire de Live Nation, qu’est ce que ça a changé pour vous durant cette édition ?

On a quasiment rien changé si ce n’est qu’on a pris plus de risques et qu’on a grossi l’affiche. L’objectif de cette association avec Live Nation avait pour but de renforcer d’une part la programmation et d’autre part notre existence sur la carte européenne des festivals. Sans Live Nation, on n’aurait jamais eu un artiste comme Die Antwoord par exemple. C’est un accélérateur de rencontres artistiques. Et c’est ça qu’on a testé lors de cette édition. Mais attention, ça ne veut pas dire qu’on a diminué notre champ d’action. S’il n’y avait pas eu la garantie qu’on puisse garder une certaine liberté de programmation et d’action, on n’aurait pas accepté le partenariat. Maintenant, on va tirer le bilan de cette première année et on verra avec eux ce qu’on va décider pour la suite.

Qu’est-ce que vous en avez pensé pour l’instant ?

Je suis très satisfaite de notre partenariat. C’est à la fois rassurant et enthousiasmant de se sentir épauler alors que la carte des festivals est de plus en plus dense.

Ce partenariat avec Live Nation remet-il en cause les financements que vous pouvez avoir de la part des institutions locales ?

Pas du tout. On a présenté Live Nation à nos partenaires institutionnels, ils se sont parlés et ils se sont plutôt mis d’accord sur l’utilité de cette association. Pour les financements publics, voir une grosse machine comme Live Nation s’intéresser à leur territoire, vouloir développer un événement d’ici et prendre des risques, c’est plutôt rassurant.

Vous programmez beaucoup d’artistes locaux, pourquoi ?

Ça fait partie de notre mission. C’est une question de responsabilité et de transmission. On est un festival marseillais, et donc on veut être un tremplin et une vitrine pour les artistes d’ici. On n’a pas la prétention d’accueillir tout le monde, mais en tout cas on met un point d’honneur à programmer ceux avec qui on a des affinités. Et on participe au développement de leur carrière en quelque sorte. Si ces mêmes groupes sont programmés ailleurs, c’est que du bonheur.

Marsatac a t-il vocation à devenir le gros festival du Sud-Est de la France, comme le Dour en Belgique ou les Vieilles Charrues en Bretagne ? 

C’est notre ambition depuis le début ! Petit à petit, ça avance. On évolue dans le bon sens mais on n’a pas encore atteint le bout du chemin. Le fait de changer de lieu, de date et de renforcer la programmation c’est une pierre à cet édifice là.

© Raoul Photography

Dans les précédents Marsatac, il y avait beaucoup plus d’installations et d’animations, pourquoi en avoir mis aussi peu cette année ?

Déjà, on avait moins de temps pour organiser le festival. Et puis, on voulait aussi voir comment ça fonctionnait. Mais l’année prochaine, on compte renforcer les différentes offres que ce soit en cuisine, en chill ou en animation. En plus ce sera nos 20 ans !

Que souhaitez-vous pour l’année prochaine ?

Des scènes à l’extérieur et du son en journée ! Mais bon…

Vous comptez rester au Parc Chanot ?

On l’envisage dans ce sens-là. Mais d’abord, il faut qu’on tire tous les enseignements de cette première édition là-bas.

Que voulez-vous améliorer ?

La température de la bière ! (rires)

© Raoul Photography
© Raoul Photography
© Raoul Photography

Une Réponse à “MARSATAC 2017 : BÉATRICE DESGRANGES REVIENT SUR L’ÉDITION DU RENOUVEAU”

  1. Donc en gros au bout de 20 ans ils ne sont toujours pas capable d’organiser un vrai bon festival, toujours les mêmes excuses nouveau lieu le temps ? Mais ça fait 6 mois qu.ils savaient que ce serait au Parc Chanot. Le mauvais son c’est leur marque de fabrique, le manque d’animations dans les espaces : il suffit d’avoir des bonnes idées (ce qu’ils on rarement eu ) et mettre les moyens financiers ce qu’ils ont jamais fait à cause de leur pingrerie… par contre ils savent très bien s’en mettre dans les poches leurs salaires mensuels à chacun tournent autour de 4000€ mensuel pris sur les subventions donc sur notre argent… Ce festival est triste et respire pas la fête la bonne humeur à leur image de non fetards , ce festival est pour eux un job un moyen de vivre à l’année pas une passion ça se voit ça se sent. Cette année si tu enlèves la FF il y a combien de personnes ? Pour ma part j’ai plus de respect pour l’édition Festival ou à Acontraluz qui essaye avec leurs propres moyens sans subventions de proposer une programmation de qualité en y mettant vraiment les moyens techniques , de deco, … bref Marsatac n’a jamais été ne sera jamais un bon festival c’est bien dommage pour nous les marseillais .
    Pour l’anecdote je rappelle qd même qu’il y a 20 ans le festival a été créé par Isabelle Crampes ( trouvable sur fbook si vous souhaitez lui demander son avis) et les 2 lascars je mets la 3 éme Laurence à part on écarté Isabelle du projet pour le reprendre à leur compte

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