MARSATAC AU PARC CHANOT ? LE BOSS NOUS EXPLIQUE

Marsatac 2016, on a plutôt kiffé, et on en gardera un bon souvenir maintenant qu’on sait qu’il s’agit du dernier épisode à investir la Friche. Car oui, comme beaucoup d’entre vous, on a levé un sourcil à l’annonce d’une prochaine édition en juin, au Parc Chanot. Qui de mieux que Dro Kilndjian, programmateur du festival, pour éclairer notre lanterne ?

Vous êtes satisfaits de cette édition 2016 ?

Dro Kilndjian : Le bilan est effectivement très, très positif. On a fait le job en termes de prod, l’organisation a pu fonctionner en général, et honnêtement, on est très satisfait artistiquement.

Le retour hip hop, c’est quelque chose qui te tenait à coeur ?

L’année dernière, nous avons organisé une version collector, comme on a pu faire une version très hip hop il y a quelques temps. L’édition 2015 était une version spéciale, 100% electro.
Cette année, nous sommes revenus à l’esprit originel, en revenant vers nos racines hip hop. C’était en effet important.
On va continuer, on veut marquer notre particularisme dans le paysage des festivals de la région et de manière plus globale, nationale, voire européenne. Cette identité, très à part, et très immersive, dans notre univers spécifique. On veut offrir un voyage de plus en plus équilibré au fil des années.

Dro Kilndjian
Dro Kilndjian

Cette fameuse patte Marsatac, c’est quoi au juste ?

C’est quelque chose qu’on a toujours fait de manière spontanée,  quelque chose que j’ai traité de manière personnelle.
Toutes ces musiques ont un fond commun : les BPM changent, mais la perception et notre vision de spectateur est la même.
Je crois fortement que depuis toutes ces années, les gens saisissent d’eux-mêmes l’identité de notre festival.
C’était assez complexe à l’époque, il y avait quelques réticences à ce qu’on voulait faire. On était sur la région marseillaise un peu précurseurs. Ces réticences n’existent plus aujourd’hui.

On a pu constater que le rock par contre, n’avait encore pas trouvé sa place cette année …

On a envie de faire revenir du rock, mais il faut trouver l’histoire à raconter. On ne veut pas un truc artificiel, il faut que ça rentre dans la cohérence globale.
On y réfléchit, peut-être qu’à terme ça mènera à une troisième soirée ? Comme d’habitude, l’idée est d’avoir une vision différente de plusieurs soirées mais à la fois très commune.

Quel était le fil rouge derrière la programmation électronique de cette année ?

Je procède toujours de la même manière pour construire les programmations, à savoir qu’elles sont faites à partir d’un ou plusieurs artistes. Cette année, il s’agissait de Richie Hawtin, que je voulais voir depuis 14 ans. Ca durait depuis tellement longtemps que ses agents et moi en riions. Un jour, j’ai été appelé pour être la seule date française de Hawtin, ce qui fait plaisir quand on aime autant un artiste.
Une fois qu’on en était là, on a simplement construit l’ensemble autour de lui.

Inviter des artistes marseillais, les mettre sous les projecteurs, c’est important pour vous ?

On a fait le compte avec French 79 pendant Marsatac : tous ceux qui ont compté dans le paysage local, en tout cas dans nos esthétiques, tous ces artistes de la scène locale sont passés chez nous durant nos 18 ans d’existence.
C’est important Marsatac pour la scène locale, on le sait, on va continuer

Vous avez fait des annonces assez surprenantes pour l’année prochaine, notamment le déplacement vers le parc Chanot, qui fait grincer des dents …

Marsatac est toujours resté Marsatac, et ce depuis 18 ans. Nous sommes les garants de l’esprit de ce festival, nous travaillons avec la même équipe depuis le début, on va pas abandonner ça.
Il s’agit de faire une version 2.0 de ce festival, sans enlever ce qui fait l’esprit de ce festival. Chanot est un lieu différent, mais toutes ces années, nous nous sommes emparés de tous les endroits sur lesquels nous avons bossé, du J4 au Dock, en passant par la Friche.
Tous les univers qu’on a habités, on les a habités au mieux avec un gros travail sur la scénographie, l’année prochaine encore plus, puisque on était déjà au boulot, avant les annonces, et même avant l’édition 2016, et ça c’est une première.

Et la date au mois de juin, juste après la fête de musique ? On avait pris l’habitude de prendre notre bouffée d’air frais de la rentrée chez vous.

Moi, la fête de la musique m’inquiète assez peu. Tu vas pas à Marsatac comme à la fête de la musique.
Ce changement de date va nous aider à avoir des artistes en circulation en Europe à cette époque de l’année, à savoir un catalogue beaucoup plus riche. En septembre, les artistes sont souvent en tournée ailleurs, ou en studio. Je crois qu’on a tiré le maximum du mois de septembre en terme de programmation, on a l’impression d’être arrivé au bout. Comme nous voulons faire une version 2.0 du festival, il est aussi important qu’on « upgrade » la programmation artistique. Juin va nous permettre de le faire.
Il y a aussi un autre aspect : il y a eu beaucoup de changements à Marseille depuis quelques années. D’une ville peu ou pas touristique, on est passé à une ville très touristique. On veut donner une impulsion au moins nationale, voire internationale et créer un rendez vous assez européen.
Il ne faut pas trop s’inquiéter d’un changement de date : le premier Marsatac a eu lieu au mois de février. Chez nous tout est mouvant, ce qu’on produit année par année est ce qui est important.

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