MARSEILLE, TERRE PROMISE DE MES SORTIES. QUI L’EÛT CRU ?

Originaire de Lyon et fraîchement débarquée à Aix-en-Provence le temps d’une année pour y terminer mes études, il me tardait de me frotter à la vie nocturne. Réputée pour être une ville étudiante et festive, je ne devrais pas être déçue. Quelques semaines dans la capitale du calisson m’ont vite fait déchanter, et m’ont donné l’opportunité de découvrir Marseille.

Jeudi soir. Je décide, avec une partie de la promo, que c’est mon droit inamovible d’étudiante de décider que le week-end a déjà montré le bout de son nez avec 24 heures d’avance. Par week-end, j’entends bien sûr de commencer par lubrifier les muscles qui me serviront à danser à grand renfort de boisson alcoolisée. Naturellement, on écume donc quelques troquets pour finir par s’installer à la table d’un bar de la place des Cardeurs. Il est près de minuit quand le serveur nous annonce que pour la dernière tournée, c’est maintenant ou jamais. J’espérais finir la soirée avec une douche froide avant de dormir, elle arrive avant de commencer la soirée. Après nous être fait gentiment mettre à la porte à 00h30 (pour cause de fermeture fixée par arrêté préfectoral, dingue…), j’ai rapidement compris que si je voulais aller poncer le dancefloor, c’était à Marseille que ça se passait.

Il y pourtant quelques boîtes à Aix prêtes à accueillir les couche-tard. C’est le cas du Mistral. En tant que noob qui débarque, t’es tenté, par curiosité, d’aller y faire un tour. « Juste pour voir ». Malheureux ! Tu en seras vite dissuadé par ceux qui, avant toi, ont eu cette « brillante » idée, et l’ont très souvent regretté en repartant chez eux la bourse et les oreilles vides. Payer son entrée une fortune pour se trémousser sur du David Guetta en buvant une vodka Redbull à 20 balles : pas mon idée de la teuf.

Les friands de musiques électroniques iront taper du pied à Seconde Nature. Caché dans une ruelle du centre-ville, ce petit club te propose une prog pointue en faisant venir des artistes de haute volée. Mais là encore, si tu pensais pouvoir danser toute la nuit, c’est raté. Ouvert à partir de 22h, il faudra penser à aller récupérer ta veste au vestiaire avant de te barrer, à 2h du mat, heure de fermeture.  Bref, tu l’auras compris toi aussi, à Aix, pour finir tard, il faut se lever tôt. Alors j’essaye à tout prix de ne pas être la fille qui dit « Non mais chez moi, ça se passe comme ça … ». Mais venant d’une ville comme Lyon, où les soirées se terminent rarement avant 6h (sans compter le sempiternel after), je me demande où les aixois ont inventé la fameuse ambiance de leur ville.

Direction Marseille : tu prends ton manteau on s’en va

Vendredi soir. Le lendemain donc, on remet ça. Cette fois-ci, hors de question de se retrouver sur le carreau comme la veille. Lentement, mais sûrement, je commence à instiller l’idée d’une virée sur Marseille. Seulement voilà, aller boire un coup rue de la Verrerie, c’est une chose, mais quand il s’agit de faire bouger tes potes jusqu’à la cité phocéenne, pourtant qu’à 30 minutes d’Aix, c’est une autre paire de manches. Tu sens qu’il y a une réelle frontière entre les deux villes. Mais après plusieurs bières, je parviens à motiver quelques fêtards et nous voilà dans le bus direction Massilia. On est d’ailleurs pas les seuls à avoir eu cette idée. Nombreux sont les aixois qui migrent à Marseille le temps d’une nuit.

Le Cabaret, c’est avant tout une salle de concert qui se mue, tous les vendredi soirs, pour prendre la configuration plus cosy d’un club. Si jamais tu t’y perds, le caisson gauche est le point de rendez-vous. Tu m’y trouveras en tout cas.

Arrivés à saint Charles, il faut maintenant se décider. « On va où ? » me demandent mes acolytes. En instigatrice de cette excursion nocturne improvisée, c’est incroyablement à moi, la lyonnaise néo-aixoise, que revient la lourde tâche de guider mes potes à Marseille. Je jette un rapide coup d’œil à un agenda des soirées sur mon portable. A deux pas de la gare, j’opte pour une soirée électro au Cabaret Aléatoire. Je n’en avais encore jamais entendu parler, c’est donc sans à priori ni attentes particulières que je m’y suis rendue. 10 minutes de marche plus tard, le temps de redescendre au niveau d’alcool assez bas pour faire bonne impression à un videur, nous voici devant le « Cab », comme les gens d’ici l’appellent. Nichée au cœur de la Friche la Belle de Mai, je découvre une salle intimiste logée dans un bâtiment aux allures d’usine désaffectée. A 00h30, heure à laquelle on passe le physio, les lieux sont quasi déserts. Mais le monde arrive rapidement et le dancefloor finira par se remplir assez vite. Le Cabaret, c’est avant tout une salle de concert qui se mue, tous les vendredi soirs, pour prendre la configuration plus cosy d’un club. Une partie lui est amputée afin de créer une ambiance plus festive, facilitée par la proximité du Dj avec son public. Si jamais tu t’y perds, le caisson gauche est le point de rendez-vous. Tu m’y trouveras en tout cas. 5h du mat, les lumières se rallument, on est pas beaux à voir. Trêve des hostilités. On n’a pas vu la soirée filer. Mes compères et moi on est unanimes : c’est dégaine. Lieux incontournable des amateurs de Techno, underground, atypique et à l’ambiance unique, le Cab saura réveiller le raveur qui sommeille en toi.

Rendez-Vous w/ Jack Ollins & Steve Bug

On prend les mêmes et on recommence. Quelques semaines plus tard, me revoilà de nouveaux en terre marseillaise, avec en tête les souvenirs de la débauche de la dernière soirée. Cette fois-ci on choisit Le Baby. Le trop plein de bières ingurgitées plus tôt nous fait perdre notre sens de l’orientation. On finit par se retrouver sur le Vieux Port. Je ne réaliserai que quelques temps plus tard qu’il s’agit d’une sacrée performance. Finalement ce sera la Dame Noir Dancing du Trolleybus. Là encore, c’est plutôt intimiste. On s’attendait pas à quelque chose de grand en entrant et on a eu raison. On y découvre un long couloir et une voûte en pierre, le tout plongé dans un éclairage rouge. On se marche vite dessus mais la qualité du son est au rendez-vous. Son côté underground et « tout public » est plutôt cool. Ici, on y vient comme on est. Ça rappelle l’ambiance qu’on peut retrouver dans certains clubs lyonnais aux allures de caves, où seuls les fêtards les plus déterminés s’aventurent. Après avoir piétiné le sol du club pendant plus de 4h, on décide, une fois n’est pas coutume, de s’arracher avec le premier bus.

Trêve hivernale oblige, je ne remets pas les pieds à Marseille avant fin janvier. Faute d’avoir réussi à motiver les troupes et bien décidée à sortir, c’est seule que je mets le cap sur les Docks des Suds, autre lieu emblématique des soirées de la cité phocéenne. Déjà familière avec les lieux après y avoir foulé le sol lors du Positiv Festival, je les redécouvre sous un autre angle. Ce soir-là c’est le collectif Ô Galop qui y a posé ses valises pour nous proposer 12h de son non-stop. Une soirée de 00h à 12h calquée sur le modèle Berlinois. Au menu : de la techno en veux-tu en voilà. De quoi ravir les oreilles des aficionados, dont je fais partie. Il est minuit passé quand j’arrive à St Charles et prend la direction de la Joliette. En configuration festival, le lieu est immense, même si tout le site n’est pas accessible. Ce soir-là tu peux naviguer entre 2 salles, au gré de tes envies. Celle de gauche pour la Techno et si t’es plutôt House c’est à droite que ça se passe. Tu peux aussi te poser et chiller avec tes potes sur les bancs improvisés qui ont été disposés sur une large terrasse. Je repère quelques têtes connues en arrivant et des potes m’y retrouvent sur les coups de 2h du mat. On tape du pied jusqu’à quasi 8 heures avant de mettre les voiles. Encore une soirée bien agitée.

Ô Galop @ Dock des Suds – dimanche 12 avril 2015 – © Edouard Hartigan

En bref, j’ai capté qu’en venant d’Aix, y pas 36 alternatives qui s’offraient à moi : de la cité phocéenne ton QG tu feras quand festoyer comme il se doit tu voudras. Il y a de quoi faire dans une scène électro en pleine ébullition. On est loin des ambiances bobo-élitistes que l’on peut retrouver dans certains clubs d’autres grandes métropoles, notamment à Lyon. Si toi-même qui lis ces lignes, est lyonnais d’origine, tu sauras sûrement de quoi je parle. Ça fait un peu cliché mais ça n’est clairement pas une rumeur : ici les gens sont vraiment plus pépères, sans prise de tête. Les oiseaux de nuit amateurs de musiques électroniques y trouveront leur compte, même si les mêmes adresses reviennent souvent. Prochaine étape : les soirées organisées par le Metaphore Collectif. Des artistes de la scène locale, pour la plupart, qui se produisent dans un lieu insolite tenu secret. De quoi attiser la curiosité des fêtards en mal de sensations fortes.

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