UN MC À LA GAY PRIDE : IRAKA EMMERDE LES CLICHES

Iraka, rappeur basé à Marseille, prépare la sortie de son album début 2017. Pour nous donner un avant-goût, le clip de son morceau « Rainbow », tourné au cours de la Gay Pride de Montpellier, est visible dès maintenant en exclu sur La Nuit Magazine, et Iraka lui-même nous explique sa démarche.

Rainbow est le premier extrait du prochain album de IRAKA, Livingston, sortie prévue début 2017.

En écrivant « Rainbow » j’ai cherché à faire avant tout un morceau de rap « pur et dur », avec des rimes tranchantes, une part d’egotrip assumée et des punchlines autour du thème du rap.
Et pendant que j’écrivais, le beat tournait, les mélodies étaient joyeuses, colorées, c’était ouvert et le refrain est monté. C’est cette couleur qui a aussi amené les cordes et l’arrangement du titre par la suite.

Concernant le clip, les images parlent d’elles même : sur certains sujets le rap a beaucoup à se faire pardonner.

 

“Est-ce que le rap français manque en ce moment d’ouverture, d’ouverture d’esprit ? Le Clip Rainbow pose la question„

 

Néanmoins,  une fois passée cette première provocation, ma volonté artistique était de montrer les liens possibles entre deux univers, entre un morceau de rap et un mouvement social. Ce clip, dans un contexte actuel tendu, c’est une façon de rappeler l’importance de la liberté des corps, du mouvement dans l’espace public et du respect des autres.


J’ai été, il y a 10 ans associé à l’émergence d’une scène Rap « Spé » à Bordeaux, avec Grems, Olympe Mountain, Kroniker, puis Odezenne qui a pris la relève. Cette scène a pu voir le jour du fait d’une émulation collective de gens de 20 ans, passionnés de hip-hop, qui entrecroisaient leur rap, leur pratique, qui progressait en se frottant à celle des autres. Finalement c’est l’ouverture qui a permis l’émergence de cette scène.
Est ce que le rap français manque en ce moment d’ouverture, d’ouverture d’esprit ? Le Clip Rainbow pose la question.

Parce qu’une partie de la société française, aujourd’hui, est fermée, tout comme certains réflexes de pensée associés à la culture rap en France, je dis que l’endroit où peuvent se rencontrer et s’ouvrir ces mondes, c’est l’espace public.

Si je devais me sentir proche d’une mouvance de la scène locale actuellement, je citerai plutôt le groupe « La Méthode ». Bien que nos propositions artistiques soient très distinctes, je me retrouve dans leur approche puriste de la pratique de l’écriture et du rap mais aussi dans l’ouverture, les tentatives et les prises de risque que proposent leur travail.
A Marseille, il demeure une grande culture Hip-Hop de fond, même chez les plus jeunes, d’où qu’ils soient.
Je suis toujours frappé, lorsque je mène des ateliers d’écriture par ici, de voir à quel point les jeunes sont passionnés par le rap et sa pratique. Même si l’accès aux salles du centre-ville et le passage à la professionnalisation sont une autre paire de manches.

Laisser une réponse

XHTML: Tags utilisables: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>