MP2017 : DU SPORT OU UNE PUBLICITÉ GÉANTE ?

Les fêtes sont passées, t’as bien mangé, t’as bien bu (conformément à nos recommandations), et forcément t’as la peau du ventre bien tendue. Bonne nouvelle : tout le long de cette nouvelle année, on nous promet des événements pour nous bouger, car Marseille est capitale européenne du sport en 2017. Ca peut faire sourire, quand on sait l’état des installations, mais ça commence dès ce soir avec une piste de glace géante installée sur le Vieux-Port. Et après ça, les organisateurs semblent vouloir nous enlever ce sourire narquois du visage.

340 m de long, 4 à 7 m de large, départ de l’Intercontinental, arrivée devant la mairie centrale, on parle bien d’une rampe de glace venue s’incruster sur le décor de carte postale du Vieux-Port. Point d’ancrage du lancement de MP2017 capitale européenne du sport, cet évènement peut laisser place à quelques interrogations quant au choix de la discipline. Marseille, connue et relatée par les médias pour sa méditerranée et son football, a fait le choix de mettre sur le devant de la scène des patineurs de l’extrême. “On a choisi cette course sur glace parce que c’est surprenant, spectaculaire et convivial. Quand on veut lancer quelque chose il faut interpeller les gens, il faut savoir surprendre et innover. C’est une première en France” nous confie Richard Miron, adjoint au sport. Un évènement en tout cas populaire, les 22 000 places gratuites étant parties comme des petits pains. Tout cela va quand même coûter 2 millions d’euros dont 450 000 de la poche du contribuable, selon Marsactu , plus le prix d’un sponsoring étouffant.

“Il va y avoir du sport mais moi j’reste tranquille”

Il y a un an, on avait déjà pris le café avec M. Miron, un entretien qui n’était pas des plus rassurants pour l’avancée du projet. Maintenant qu’on y est : qu’est-il prévu pour cette année placée sous le signe de la transpi ? Quand on consulte le programme MP2017 on se retrouve nez à nez avec une masse d’évènements, divers et variés, et le fil rouge ne se dégage pas vraiment. Mais des dates majeures pointent le bout de leur nez. Richard Miron les énumère fièrement : « Le championnat de France de judo fait partie des temps forts de MP2017 mais également la demi finale du top 14 de rugby qui se déroulera au Stade Vélodrome. On peut également y ajouter la finale de la coupe de France des Rallyes sur le site de la Sainte Baume qui est un rendez-vous important. L’évènement dont je suis le plus fier reste l’étape du Tour de France le 22 juillet qui s’installera le temps d’une journée dans notre ville pour les contres la montre. »

Des dates plus originales et plus culturelles vont aussi s’ajouter au programme. La Polynésie s’importera au Mucem le temps d’une course sur deux jours où pirogues et danses tahitiennes réchaufferont l’atmosphère. Expositions, conférences et même cinéma sur la thématique du sport et de la santé seront aussi à découvrir.

MP2017 : opération marketing pour la ville ?

Il est clair que la couverture médiatique internationale apportée par ces évènements donnera à Marseille l’image d’une ville plus attractive loin du discrédit qui lui colle à la peau.

Un discrédit qui lui vaut encore aujourd’hui de nombreux blâmes concernant les infrastructures sportives dans la ville. N’oublions pas que nous sommes à Marseille, ville où l’expression “mollo mollo” fait partie intégrante de notre ADN.

À ce jour nous pouvons tout de même noter quelques retouches sur certaines structures sportives, comme les piscines qui sont souvent la cause de nombreux débats houleux chez les marseillais. A croire que sur le million d’habitants la moitié se passionne pour le chlore et les bonnets de bain. Trêve de plaisanterie, Richard Miron nous énumère les rénovations actuelles dans la ville :

  • la piscine de la Granière (11e)
  • les stades Charpentier (3e), Sevan et Beaumont Bombardiere (12e), et Frais Vallon (13e)

Si on en croit les dires de l’adjoint au sport, la piscine de Luminy sera également rénovée, et la construction de la piscine sur le site d’Euroméditerranée (lieu encore à déterminer)  devrait commencer d’ici plusieurs mois : “Nous espérons poser la première pierre du site de Luminy et de la piscine d’Euroméditerranée d’ici la fin de l’année”.

À cela l’adjoint au sport nous expose de nouvelles structures qui verront le jour prochainement avec la création de l’Arena sur Aix-en-Provence dédié aux sports d’équipes (ouverture prévue en octobre 2017), ainsi que le nouveau stade couvert d’athlétisme à Miramas pour les sports de salle toujours en construction.

En ce début de MP2017 la plupart des structures sportives se trouvent donc, soit en construction soit en rénovation. Sauf que le label capitale du sport européenne ne dure qu’un an et qu’il aurait été plus appréciable pour les habitants de pouvoir d’ores et déjà profiter de ces structures. C’est donc encore un peu le chantier.

Au delà des infrastructures sportives Richard Miron nous évoque un autre point de son programme MP2017, cette fois-ci plus tourné vers la jeunesse : “On va également lancer des chèques cadeaux d’une valeur de 25€ dédiés aux enfants marseillais de 6 à 10 ans pour une première inscription à une licence de sport”.

Ce label est-il donc une bonne aubaine pour procéder à des changements ?

“Marseille Capitale du Sport n’est ni une ligne de départ, ni une ligne d’arrivée. On grimpe simplement les marches d’un podium qui vont nous permettre de nous faire grandir et de nous développer” répond à cela Richard Miron.

Et ça coûte combien tout ça ? 20 millions d’euros ont été investis uniquement sur le fonctionnement des évènements MP2017. Pour la rénovation des infrastructures, la note s’élève à plusieurs dizaines de millions d’euros. Mais à en croire les estimations des retombées économiques, les hôtels peuvent d’ores et déjà se frotter les mains avec déjà plus de 4 000 nuités réservées rien que pour l’étape du Tour de France, mais aussi plus de 70 000 places vendues pour la finale du Top 14.

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