POURQUOI NOUS NE COUVRONS PAS MARSATAC CETTE ANNÉE

La Nuit Magazine est un média libre et alternatif. Nous avons l’ambition de fournir une actualité des activités culturelles de notre ville ainsi qu’un regard décalé mais attentif sur un territoire vraiment singulier. Un acteur culturel majeur nous a une fois qualifiés de « petits cons de la culture », et c’est peut-être le plus beau compliment que l’on puisse nous faire.

Ce travail n’est pas facile tous les jours, dans un contexte où faire vivre un média en ligne, c’est la quasi garantie de ne pas être pote avec sa banque. Il n’est possible que grâce à l’aide d’un vaste réseau de partenaires qui nous font confiance chaque mois, que nous remercions, et qui comprennent presque tous qu’être partenaire de notre magazine ne signifie pas remettre en cause la liberté éditoriale de nos journalistes.

Marsatac, gros temps fort pour Marseille, fait partie de ces partenaires depuis de nombreuses années, et cette collaboration s’est révélée complexe. En partie, nous le reconnaîtrons volontiers, du fait de nos propres manquements. Nous sommes une petite équipe et parfois on est à la bourre, parfois peut-être maladroits.

L’organisation du festival, de son côté a eu des attentes dans lesquelles nous avons eu du mal à nous retrouver, notamment en terme de notre ligne éditoriale vis-à-vis de Marsatac. On nous a beaucoup reproché, notamment lorsque nous avons osé soulever des questions qui tiennent à coeur nos lecteurs : un changement de cap lié à l’arrivée de Live Nation, mastodonte mondial de l’événementiel, une augmentation de tarif pour un lieu impersonnel et des soucis d’organisation, de sonorisation et bien d’autres choses encore. Tout cela a été soulevé, comme a pu nous le dire Béatrice Desgranges, directrice du festival, avec « bienveillance », dans un souci de voir le festival destiné à être la vitrine de Marseille être le meilleur qu’il puisse être.

Cette ligne n’a jamais convenu à la communication du festival, qui semble penser que couvrir Marsatac signifie s’aligner sur le message établi par leur équipe, et toutes ces tensions sont arrivées à un point de rupture cette année.

La goutte qui a fait déborder le vase est la suivante : lors de nos demandes d’accréditation, nous avons fait face à un refus ferme pour un membre de notre équipe, à savoir moi-même. La raison ? Une conversation privée a été rapportée à l’équipe de Marsatac, dans laquelle je me serais montré vulgaire, voire insultant.

Outre les questions de vie privée, de fiabilité des propos rapportés, et de méthode, il nous a paru inacceptable que Marsatac choisisse quel journaliste travaille sur leur événement. L’organisation, pour sa part, n’est bien sûr pas obligée de nous accorder l’accès au festival, à l’espace presse et aux artistes, mais il ne semble pas que ce soit ce qui est en jeu.

Face à notre réponse en ce sens, Marsatac a choisi d’annuler notre partenariat, et donc nos accréditations. Notre traditionnel retour sur Marsatac, nos photos du festival, les discussions avec les artistes et tout ce que nos lecteurs attendent de nous durant ce moment crucial de la fête marseillaise ne seront donc pas publiés cette année sur la Nuit Magazine.

Nous ne pouvons qu’être d’accord avec cette décision : lorsque un accès professionnel est conditionné à un message positif non seulement dans notre magazine mais aussi dans notre quotidien privé, cet accès n’en vaut pas la peine, et montrerait un dangereux précédent pour la presse culturelle locale dont nous faisons partie.

C’est pourquoi nous faisons confiance à nos 30 000 lecteurs pour comprendre pourquoi cette année, et peut-être pendant un bon moment, La Nuit Magazine ne sera pas à Marsatac.

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