INTERVIEW: NEVCHÉ

Depuis la sortie de son premier album en 2009, Frédéric Nevchehirlian n’a cessé d’évoluer entre rock, slam et chanson. Avec « Rétroviseur », son troisième album, il prend acte de son passé pour interroger l’avenir en faisant le point sur une vie adolescente sans filtre, à Marseille. Également poète et écrivain, Nevché cisèle les mots avant de les assembler en textes, une quête de finesse qu’il a poussé jusque dans les réponses à nos questions.
 

LNM : Ce nouvel album dont tu accouches paraît profond et intimiste (cf le single « Vas-tu Freiner ? »), on s’y laisse volontiers entrainer par diverses sonorités et influences (pop, chanson française, jazzy), une sorte de grand voyage à travers ton parcours et ton univers musical. Est-il un nouveau tournant dans ta carrière, ou davantage l’album d’une certaine maturité artistique ?

Nevché : Cet album peut être considéré comme un tournant, car j’y chante davantage. Mais il peut être aussi vu comme la suite logique des deux précédents. Pas facile de répondre à cette question. Disons que j’aime l’aventure, et mon parcours est semé d’aventures musicales souvent liées à des rencontres humaines, alors je prends un maximum de tournants pour atteindre la maturité musicale.

LNM : Quels thèmes y abordes-tu ? 

N : J’y raconte mon adolescence à Marseille, les premières révoltes, les premières amours aussi, silencieuses. Disons que c’est un disque fait de souvenirs qui seraient remontés à la surface de notre actualité. Un regard jeté en arrière comme dans le rétro, volant à la main, sans nostalgie, une somme des expériences qui ont construit l’homme que je suis aujourd’hui. Un disque qui pose la question de la transmission et de la responsabilité. Qu’est ce que j’ai appris ? Qu’en reste-t-il ? Que vais-je moi-même léguer ? De quoi suis je responsable dans ce monde dans lequel nous essayons de cohabiter en permanence avec les autres ?

LNM : Comment et avec quels musiciens as-tu travaillé sur cet album ? 

N : J’ai travaillé avec Stéphane Paulin à la basse et au prises de sons et Julien Lefèvre au violoncelle et à la guitare, mes complices depuis Vibrion. Avec Gildas Etevenard à la batterie et au métalophone qui a rejoint le groupe depuis la tournée Prévert. Puis plus récemment Bastien Burger à la guitare, au clavier et au tom basse nous a rejoint.

J’ai collaboré avec Ronan Chéneau pour l’écriture des textes et Jean Lamoot pour la réalisation de l’album.

L’album a été enregistré par Stéphane Paulin, Emmanuel De Barros, Jean Lamoot et moi-même.

Il y a quelques invités, L, Clara Le Picard, Poulo K, ou encore Mike Ladd, Saul Williams et L’Orateur du Djolof.

LNM : Comment travailles-tu les textes de tes chansons ? T’imposes-tu des contraintes stylistiques importantes ou est-ce que tu t’affranchis au contraire de toute contrainte de style ?

N : Je me laisse un peu porter par des bribes de phrases qui me semblent importantes puis je laisse passer du temps, j’attends que les idées aient atteint une forme de maturité dans ma tête, puis cela prend forme sur papier. Sur cet album, j’ai décidé de collaborer avec Ronan Chéneau. Nous avons imaginé tout cela ensemble, parfois à deux, parfois chacun de son côté. Une merveilleuse expérience en tant qu’auteur et interprète.

LNM : Parle-nous de ta carrière de poète / écrivain et des projets que tu as dans cette facette de ta vie d’artiste.

N : La poésie a été le rêve de l’enfant que j’ai été, je me suis beaucoup demandé comment j’allais faire pour vivre de ce métier, moi, petit garçon des quartiers nord de Marseille, comment j’allais pouvoir faire connaître les textes que je commençais d’écrire,  ces textes valaient-ils seulement quelque chose ? Beaucoup d’errance avant de trouver un chemin dans lequel je ne me sente pas trop gêné. Je continue d’écrire des poèmes, plus ou moins long, et de cette masse de texte je sors des chansons ou des textes à lire à haute voix, j’écris aussi pour d’autres ou pour des compagnies de théâtre ou de danse. Je suis ouvert aux expérience donc, c’est vraiment ouvert en fonction des propositions. Par exemple, j’écris actuellement pour le festival d’Art Lyrique d’Aix en Provence.

LNM : Comment ressens-tu l’évolution de la scène musicale marseillaise et plus largement, française ?

N: Je ne veux pas vraiment parler d’évolution, il y a eu depuis toujours des projets enthousiasmant et originaux à Marseille, mais disons qu’il y a une diversité musicale magnifique et qui trouve désormais sa place et son public, non seulement dans la région mais aussi au niveau national.

LNM : Quels sont les prochaines dates où l’on pourra te voir en concert ?

Le 4 avril à l’Espace Julien pour la sortie de l’album « Rétroviseur » puis au festival Mythos, et au festival Alors Chante. Le reste des dates sera communiqué sur le site www.nevche.fr ou sur le facebook.

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