ODEZENNE : « ON NE SE CONSIDÈRE PAS COMME UN GROUPE DE MUSIQUE »

A l’occasion de Marsatac, on a pu rencontrer Odezenne, groupe de « branleurs bosseurs » originaire de Bordeaux qui aime les femmes mais pas que.
Odezenne @ Marsatac - © Raoul Photography
Odezenne @ Marsatac – © Raoul Photography
Odezenne @ Marsatac - © Raoul Photography
Odezenne @ Marsatac – © Raoul Photography

Comment avez-vous trouvé le public marseillais ce soir ?

Alix : Particulièrement chaleureux. C’est notre troisième concert à ici, et à chaque fois on est choqués car les Marseillais sont chauds !

Vu qu’on parle de Marseille, vous avez des rappeurs marseillais de référence ?

Jacques : Le Rat Luciano et c’est tout pour moi.

Alix : Pareil pour moi. Je rajouterais aussi Akhenaton. Son album Métèque et Mat m’a donné inconsciemment envie d’écrire.

Et en ce moment, vous écoutez quoi ?

Alix : En ce moment, je torche le dernier album de Frank Ocean.

Jacques : Et moi j’écoute beaucoup Radiohead.

« Je veux te baiser » c’est une chanson d’amour ?

Jacques : A la base, j’ai écrit ça sur un coin de mon lit pour ma meuf. On ne pensait pas que ça allait marcher. On l’a sorti sur un coup de tête. C’était plus une blague qu’autre chose.

Alix : Il y a eu un petit problème de compréhension au début avec cette chanson. Et au fur à mesure des mois, les gens ont compris que c’était une chanson d’amour.

« Bouche-à-lèvres », ça raconte quoi au juste ? Le clip est assez dingue !

Alix : Bouche-à-lèvres, c’est une chanson qui parle de la paternité. En gros, pour résumer le truc en une phrase c’est « plutôt que de faire l’amour à une femme on va la lécher pour éviter de lui faire un gosse ». C’est ça l’idée. Du coup, tout le dessin animé du clip, ça raconte la peur de la paternité avec notamment ce fœtus qui se fait exploser par une voiture. Tous les objets du quotidien qui sortent du sexe de la femme c’est la vie, c’est le quotidien, c’est les questions qu’on se pose quand on a 30 piges.

Jacques : Le texte est une grande métaphore sur un cunnilingus en gros.

Odezenne @ Marsatac - © Raoul Photography
Odezenne @ Marsatac – © Raoul Photography

Vos clips sont quand même une branche importante de votre travail, comment vous faites pour les réaliser ?

Jacques : Ça dépend de notre inspiration sur un morceau, d’une rencontre avec un réalisateur, etc. Alix a écrit « Novembre » en 2010 mais il a rencontré un réalisateur il n’y a pas longtemps. Et au final, avec le travail du réalisateur, les deux univers se mêlent et racontent beaucoup plus de choses ensemble que séparés, et ce malgré les années qui les espacent.

Alix : Vu qu’on est complètement indépendants et qu’on a pas d’objectif de vente, on a la chance de pouvoir faire nos clips quand on veut.

Et pour faire votre musique, vous procédez comment ?

Jacques : On a quitté le sample. Aujourd’hui, on fait passer la musique en premier. D’abord Mattia compose, puis après nous on met des paroles dessus.

Alix : Vu qu’on habite ensemble, on fait tourner les trucs, on écoute, on écrit, on fume des joints, on boit, etc.

Certains morceaux sonnent très année 80, ça vient d’où ?

Alix : Je pense que ça vient notamment du choix des instruments. Mattia il aime les synthés qui ont un certain vécu. Du coup, y a ce son très organique qui ressort, et ça c’était aussi notre volonté en quittant le sample. Après on n’y a pas tellement réfléchi non plus. Quand on était à Berlin, on a découvert Jacno, qui est un compositeur des années 80, et ça a dû nous inspirer.

Jacques : C’est vrai que quand il m’a fait écouter Jacno en after, ça me parlait gavé. On se retrouve là-dessus.

Alix : Mais c’est pas tellement voulu en fait. Entre le choix des instruments, ce qu’on écoute, nos inspirations et tout, ça se recrache comme ça. « Souffle le vent », ou ce genre de morceau, c’est vachement organique, un peu teinté 80 c’est vrai. J’ai redécouvert Niagara cette année, et j’ai adoré.

C’est quoi le but d’Odezenne concrètement ?

Jacques : C’est de passer plein de temps ensemble.

Alix : La musique au final elle est pas centre de ce qu’on fait, c’est nous au centre avant tout. La musique c’est une composante de notre mode de vie, mais on ne se considère pas comme un groupe de musique, c’est pas un métier pour nous. On a juste la chance de faire ce qu’on aime.

On dit de vous que vous êtes des branleurs bosseurs, pourquoi ?

Jacques : Parce qu’on s’en branle. Et vu qu’on a rien à faire, on bosse.

Alix : On aime bien travailler.

Jacques : Et ça nous permet de passer du temps ensemble.

Si on résume, vous vivez ensemble, vous travaillez ensemble, et vous aimez les femmes ?

Jacques : J’aime les femmes, les hommes, les chiens, les sapins, tout ce qui existe.

Alix : C’est pas spécialement les femmes. Il se trouve juste que dans ma vie, les femmes m’ont permis de ressentir l’instant présent. Et oui, elles sont très importantes pour moi, peut-être un peu trop d’ailleurs.

Jacques : Moi c’est plus le cannabis.

Odezenne @ Marsatac - © Raoul Photography
Odezenne @ Marsatac – © Raoul Photography

Comment vous est venu l’idée de « Odezenne à la demande » ?

Alix : Un soir on a posté sur Facebook les dates de notre tournée et on s’est rendu compte que les gens, plutôt que d’être contents, se plaignaient qu’on ne passait pas à Nantes, à Lilles, à Lyon etc. On était un peu dégouté parce que c’était notre première tournée. Et on a réalisé qu’on ne passait que dans des bleds paumés. Du coup, on s’est dit qu’on allait créer des événements, comme si y avait un concert, dans l’espoir qu’un promoteur local nous appelle. Une salle de concert elle a pas envie de se planter donc quand elle voit 1000 mecs qui disent « Odezenne vient », ça rassure. Ça a marché, et on a continué.

Jacques : Ce qui est assez fou avec ce concept, c’est que l’accueil du public est différent. Comme le concert est en quelque sorte participatif, les gens sont d’autant plus enthousiastes.

Vous repartez bientôt en studio ?

Alix : Là on tourne jusqu’en décembre, puis sûrement qu’on va voyager, et que vers le mois de mars on va retourner en studio.

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