REPORT: TLN 2017, LA BONNE RAISON DE MONTER PLUS SOUVENT À TOULON

On a eu l’occasion d’en parler tout le début du mois d’août: il se passe quelque chose à Toulon. Du coup, fallait pas que les mecs du TLN se ratent, sinon on allait passer pour des cons. On te rassure, on peut toujours continuer à faire croire qu’on ne l’est pas, le TLN c’était le feu.  

Un des points communs de Toulon avec Marseille, c’est la réputation un peu puante que la ville traine comme un boulet dans son sillage. Marseille a entamé un net virage grâce 2013 et Toulon est en train d’opérer le sien en misant largement sur la culture, avec ceci de différent que Toulon parie sur la diversité de ses acteurs locaux là où Marseille a tendance à privilégier des chapelles en laissant les plus « petits » acteurs sur le carreau.

Le TLN était donc l’occasion pour pas mal d’opérateurs culturels de briller tout autour de la place de l’Équerre à travers une opération portes ouvertes dans tout le quartier. Ça grouillait d’ateliers, de petites concerts, de performances live et d’exposition dans la rue nouvellement baptisée « rue des arts », et il n’y avait vraiment pas besoin de dessin pour comprendre l’origine du nom dévoilé en mai dernier. Parmi les stands qui ont particulièrement retenu notre attention, on citera celui du Potentiomètre qui proposait des CD anonymes d’artistes toulonnais à 2€ en orientant le public suivant ses goûts, ainsi qu’un atelier MAO. Là où on est évidemment resté le plus longtemps, c’était devant la galerie « Les Frangines et vous » qui proposait l’expo de Deez.one mais surtout un solide apéro rhum arrangé, HK, vin blanc, rouge ou rosé, pastèque, tzatziki, tomates cerises etc etc.

Vente de CD et atelier MAO par le Potentiomètre @ TLN Festival 2017
Apéro des Frangines

Étant arrivés tôt et le TLN ne débutant vraiment qu’en début de soirée, nous avons pris le temps de prendre le pouls de la ville. Parmi les exotisme toulonnais, une alim’ russe bat toutes les alims marseillaises, on y trouve notamment des canettes de bière russe d’un litre pour 2€. De notre côté, on a jeté notre dévolu sur des bières inconnues au bataillon dans un format plus raisonnable. À noter aussi, le bar de quartier « Roger » et sa patronne haute en couleur, digne d’une Dominique de L’Unic pour les connaisseurs.

La fameuse alim russe.
Roger That.

Pour se faire une idée précise du TLN, il faut bien visualiser la place de l’Équerre, dont on parlait par ici. Elle a été complètement rénovée et inaugurée début 2017. Entourée d’immeubles typiques, c’est le symbole du renouveau de la ville et elle cristallise tout le dynamisme et l’envie des toulonnais, ce qui se ressentait très bien lors du festival.

Cette cinquième édition du TLN a démarré gentiment, sur une petite scène qui animait les terrasses des quelques bars du haut de la place. Clement Chalm en b2b avec Optimist ont proposé un set crescendo, entre house dopée, deep et dub techno, et tech house. La petite taille du dancefloor rendait l’ambiance super chaleureuse et aidait une partie des toulonnais encore un peu frileux à chauffer le danceloor.

Clement Chalm b2b Optimist
Clement Chalm b2b Optimist

Après une petite pause dans l’un des très nombreux kebabs qui bordent le port, et après avoir pris des nouvelles de la patronne du « Roger », retour place de l’Équerre où Nova Materia était sur le point de débuter leur live sur la grande scène. À mi chemin entre la musique expérimentale et la musique club en faisant un petit détour par le kraut et le rock psyché, la paire franco-chilienne propose une vraie performance où la musique se joue avec de la matière brute: une sorte de xylophone vertical avec des tubes métalliques ou encore des pierres frottées contre de la tôle, le spectacle était évidemment au rendez-vous. Leur musique puissante, aidée à grand renfort du soundsystem impressionnant et du light show prévus par le TLN a pris tout le public aux tripes en quelques minutes. Je ne vois pas comment quelqu’un aurait pu ressortir de ce concert sans être convaincu.

Nova Materia @ TLN Festival 2017

Forcément derrière ça, Gilb’r faisait un peu pâle figure avec sa clef USB et sa paire de platines, mais il n’y avait plus grand chose à faire pour que le public compact et conquis se mette à sautiller. Le patron de Versatile a proposé un set d’un éclectisme vraiment large, alors évidemment on a plus ou moins accroché suivant ses divagations, et de son côté, il était plutôt fermement accroché à sa bouteille de vodka.

Tout ça est passé très vite, et c’est sans doute l’un des seuls points noirs du TLN et de Toulon en général: après 2h, remballez y’a plus rien à voir. Après une telle édition, on aurait bien aimé poursuivre la fête jusque bien plus tard, et vu l’énergie des toulonnais on ne devait pas être les seuls à avoir cette idée. On a quand même pris le temps de trainer un moment sur la place qui se vidait pour s’imprégner du festival jusqu’à sa dernière goutte et d’aider l’un des patrons des commerces alentours à rentrer sur sa monoroue électrique, la fête ayant clairement entamé son équilibre.

L’équipe du TLN.

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