ROTATE THIS, LA DER : LE DANCEFLOOR POUR SOUTENIR L’INFO LIBRE ?

Rotate This, c’est la dernière et ça portait le nom de son lieu, la fameuse salle des rotatives de la marseillaise. Clairement un lieu à part, où on kiffe faire la teuf au milieu de l’histoire de notre ville. Pourquoi est-il à part ? Comment on est arrivés à ce bon délire de danser au milieu d’une salle qui sent encore 70 ans de papier communiste ? Ta place pour aller profiter du son de Lumière La Nuit est-elle un ticket militant ?

Rotate This, c’est des bons DJs, le retour de l’équipe du One again et leur réputation de bons fêtards. C’est d’abord et avant tout un lieu, avec une histoire qui ne date pas d’hier. Karim Allouache, qui dirige la promotion et les ventes du journal La Marseillaise, est le premier à le dire :

« La salle des rotatives est intimement liée à l’Histoire du journal, symboliquement et historiquement ».

C’est le moins qu’on puisse : de la seconde guerre mondiale à 2015, le journal classé à la gauche de Mélenchon était imprimé à la maison, dans cette fameuse salle des rotatives.

« Le 25 août 1944, c’est le tirage du premier numéro officiel de La Marseillaise. Faut savoir quand même qu’il s’agissait d’un journal collaborationniste qui s’appelait le Petit Marseillais, et qui a été repris de force par le Front National de Révolution, le vrai Front National, pas celui des imposteurs ».

Dur de discuter avec un mec de la Marseillaise sans que le positionnement politique soit clair, comme tu peux le constater. Même lorsque on parle de faire la teuf dans son bureau ?

« Les soirées servent d’ambassadeur, de vitrine à la Marseillaise. C’est bien pour ça qu’on avait pour condition de laisser la salle telle quelle, ça permet aux gens de passer un bon moment, et en sortant, de passer devant la plaque qui commémore la reprise d’un journal communiste par des résistants, qui l’ont transformée en Marseillaise telle qu’on la connaît. ».

Clairement, il s’agit toujours de poser sa marque et son positionnement. Même Rotate This, soirées qui au premier abord n’ont rien de politique, se sont associées à ce lieu particulièrement pour la défense du journal.

« L’équipe du One again nous a contactés en répondant à une campagne de soutien du journal. Ils voulaient en profiter pour donner un coup de main »

On est les premiers à le savoir à La Nuit Magazine, pas facile de faire vivre un média, qui plus est un journal à la ligne éditoriale engagée. Du coup, faire la teuf pour faire vivre les news, c’est la solution ?

« Ca reste symbolique. Pour l’instant, on est clairement à la presse écrite ce qu’est la Grèce à l’U.E. Mais ça mène à une vraie mobilisation : il y a des soirées de soutien qui nous aident et qui font plaisir. On veut que cette salle des rotatives reste ce qu’elle est depuis la Libération, à savoir une agora des galériens, un lieu citoyen. Même si malheureusement, on n’imprime plus ici. »

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