SPOT : DE LA BIÈRE JUSQU’À PLUS SOIF À LA VOIE MALTÉE

Le mardi c’est SPOT, le rendez-vous de la Nuit Magazine. Avant le « Où Sortir ? » on se détend en journée, lumière sur des restos, des kebabs, des cafés, des salons de thé, pour assouvir ta soif, ta faim ou ta vie de glandeur. Ce n’est pas avec notre costume de blogueuse que nous parlons petits fours, on enfile notre manteau de Nuit pour décortiquer les entrailles des lieux qui font de Marseille ce qu’elle est : un boucan et un spot à part entière.

Si comme nous tu es un fervent admirateur de Simon Pegg, la Voie Maltée te dit sûrement quelque chose. C’est le nom du barathon que lui et ses alcooliques acolytes essaye tant bien que mal de boucler dans Le Dernier Pub Avant La Fin Du Monde. Mais depuis peu, c’est aussi le nom d’un nouveau bar à bière qui a élu domicile au numéro 7 de la rue Crudère, aux alentours du Cours Julien. « On traîne ici depuis qu’on est minot. C’est vraiment notre quartier. On a même vomi sur les bancs de la plaine, c’est pour dire. A force, on s’est rendu compte qu’en fait il n’y avait pas de véritable bar à bière dans le environs, il fallait aller du côté du Vieux-Port pour ça. Du coup, on a décidé de se lancer. Et puis, il faut dire que ça revenait moins cher pour nous d’ouvrir notre propre bar que de squatter ceux des autres en permanence« , plaisantent Mathieu et Artak, les deux compères de La Voie Maltée. Si pour le premier, il s’agit d’une véritable reconversion professionnelle – Mathieu était jusqu’ici juriste et prof de français – pour le deuxième c’est quasiment du tout cuit puisqu’il gère depuis plus de 10 ans le 26 Café du côté d’Endoume. « C’est l’ami d’enfance de mon ex-copine. On a tout de suite accroché car on est tous les deux passionnés de musique. Le fait d’ouvrir cet endroit ensemble s’est fait naturellement. On est parfaitement complémentaire : Artak s’occupe de tout ce qui est gestion, organisation et utilisation technique tandis que moi je gère la cave en faisant le lien avec le fournisseur. Et sinon, on assure tous les deux le service », explique Mathieu tout en soulignant le fait qu’ils possèdent le seul accès handicapés du quartier.

Ici, pas de chichi. Les deux amis veulent tout sauf faire dans le tape à l’œil. « Y en a vraiment pour tout le monde. Pour les jeunes, les moins jeunes, les riches, les pauvres, les hipsters, les graffeurs, etc. Quand on était nous-même étudiant, on galérait à payer nos verres, donc c’est important pour nous de pouvoir proposer des bières pour tous les budgets ». Attention, ce n’est pas pour autant qu’ils lésinent la qualité. Les associés privilégient l’artisanal et le local avec des références comme La Bière de la Plaine, La Minotte, La Bière de la Rade mais aussi La Troublette (brasserie Caracole), La Rochefort 8 (Abbaye de Rochefort), La Chouffe (Brasserie d’Achouffe) et propose même une alternative sans-gluten, la Vagabonde. « Si une bière a eu du succès c’est pas pour rien, donc autant la proposer. On est anti-élitiste et on dit merde aux conventions ». En tout, il y a dix binouzes à la pression (à partir de 3€) et une cinquantaine en bouteille (à partir de 5€). Elles sont classées par couleur mais aussi pas style : houblonnées, triples, amères, fruitées, ambrées, … A savoir que La Voie Maltée brasse également sa propre boisson, la Goupil’s, l’autre nom du renard qui est un peu l’animal fétiche du bar. « Ma passion pour la bière vient d’un voyage que j’ai fait à Bruxelles. Là-bas, près de la place des Marolles, on trouve la rue du Renard. Les noms de certains commerces de cette rue font références à l’animal. D’une certaine manière, j’ai voulu rendre hommage à  la Belgique en reprenant le canidé dans notre identité visuelle. Et ce qui est rigolo c’est que plus tard on a découvert que dans la voie lactée il y avait une constellation du Renard et que celle-ci avait été découverte par un brasseur. Comme quoi, il n’y a pas de hasard », raconte Mathieu avec enthousiasme.

Afin d’être en accord avec leur concept, Mathieu et Artak essaye de bosser le plus possible avec les commerces du coin. Pour la déco et les meubles, ils sont allés chiner à Emmaüs, sur le Bon Coin et chez Becbunzen. Pour les planches de fromage et de charcuterie, chez L’Art de la Fromagerie. Pour le vin, chez Prov’Oc. Et pour les bières, ils passent pas un seul fournisseur, Victor, cave et bistrot d’Endoume. Pour les choisir, Mathieu laisse parler ses émotions. « Petit, je me rappelle que j’allais chercher les 1664 dans le frigo pour mon père. Y avait un flocon de neige qui se dessinait dessus quand elle était assez fraîche Depuis, c’est un peu ma madeleine de Proust. Pour moi, une bonne bière c’est quelque chose qui te rappelle l’adolescence, qui t’évoque de bons souvenirs, qui est empreinte de mélancolie. Ça doit pouvoir réveiller en toi un sentiment d’un instant que tu n’as pas forcément connu. C’est plus une histoire de sentiment que de goût« , explique celui qui a pour favorite la Triple Karmeliet. Et afin que chacun puisse retrouver ses propres souvenirs, La Voie Maltée compte constamment faire évoluer sa carte. A terme, les deux garçons aimerait également proposer des expositions et des concerts dans leur établissement, le tout dans un esprit très rock’n roll. Comme eux, en somme.

LA VOIE MALTÉE – 7 rue Crudère, 13006 Marseille – Facebook – Du lundi au samedi, de 17h à 2h.

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