SUNNY: QUAND LA MUSIQUE ÉLECTRONIQUE ENTRE DANS LA DANSE

Jeudi et vendredi soir le Grand Théâtre d’Aix-en-Provence accueillera Emanuel Gat et sa troupe pour l’interprétation de sa nouvelle chorégraphie Sunny. Un spectacle rythmé par le live d’Awir Leon, ancien danseur et musicien compositeur, qui chantera et officiera tout au long du spectacle sur des tonalités électroniques. Une fusion entre les corps et la musique invitera le public à gratter son imaginaire et construire sa propre histoire de cette proposition contemporaine signée Emanuel Gat. La Nuit est allé prendre le café avec ce danseur et chorégraphe israélien pour en savoir un peu plus sur la singularité de cette chorégraphie. 

La Nuit Magazine: Comment avez-vous imaginé Sunny ? Que raconte le spectacle ?

Emanuel Gat: Je n’ai pas imaginé la pièce en amont, je n’avais pas une idée précise en tête. La pièce s’est créée au fur et à mesure de ma collaboration avec les danseurs et Awir Leon. Le spectacle est tout de même bâti autour d’une idée qui va venir encadrer la troupe à qui je laisse une certaine liberté quant à l’élaboration de la chorégraphie.

De cette façon, chaque représentation est unique d’une date à l’autre. C’est assez ouvert sur ce que peut imaginer le public avec ses propres références. Chacun y voit ce qu’il veut.

 

La Nuit Magazine: Pourquoi avoir choisi le titre “Sunny” de Boney M. pour votre spectacle ?

Emanuel Gat: Cela s’est fait un peu par hasard. Awir Leon en a fait une reprise que les danseurs ont beaucoup apprécié. On s’est dit “pourquoi pas Sunny comme nom ?”, tout simplement.

 

La Nuit Magazine: Où puisez-vous votre inspiration ?

Emanuel Gat: Mon inspiration vient des gens avec lesquels je collabore. Tout est basé sur l’échange avec les danseurs et ce qui émane de leur travail.

Emanuel Gat ©Aurélie Martinod

La Nuit Magazine : Au-delà de la performance, comment ont participé vos danseurs à cette chorégraphie ?

Emanuel Gat: Les danseurs sont complètement engagés dans la pièce. Je leur pose un cadre pour les guider, mais à l’intérieur de la chorégraphie ils sont libres de se laisser porter et de créer ce qu’ils souhaitent. Tous sont interconnectés entre eux. Il y a une grande part de liberté ainsi que de l’improvisation dans leur performance. Nous faisons beaucoup de choix en temps réel, d’où le fait que la pièce évolue à chaque nouvelle représentation.

 

La Nuit Magazine: Que voulez-vous transmettre au public à travers cette danse ?

Emanuel Gat: Le mot “transmettre” est agressif je trouve. Je fais une proposition au public plutôt que de lui transmettre un message. C’est une opportunité pour lui de rentrer dans un monde où l’on peut avoir un regard plus clair sur certaines choses de la vie. Cela demande d’être actif durant toute la pièce où chacun va traiter ce qu’il voit à sa façon.

 

La Nuit Magazine: Comment s’est créée votre relation artistique avec Awir Leon ? Qu’est-ce qui vous a donné envie d’intégrer sa musique à votre chorégraphie ?

Emanuel Gat: J’ai connu François (de son vrai nom) il y a 8 ans quand il était danseur pour moi. Il a toujours été musicien et c’est dans cette voie qu’il a décidé de poursuivre son chemin.

Notre collaboration pour Sunny a été une évidence. Il connaît bien l’univers de la danse et tout le processus d’une chorégraphie. Le travail avec François est assez fluide, tout vient naturellement. Il apporte de la matière et une véritable connexion se créait entre lui et les danseurs, ce que l’on ne retrouve pas avec une bande son diffusée depuis une régie. Le live d’Awir rend la pièce plus captivante, il joue beaucoup avec ce qu’il voit, il chante, il improvise. C’est la première fois que fais ça dans l’un de mes spectacles.

La Nuit Magazine: Est-ce qu’on peut appeler ce spectacle un “concert chorégraphié” ? Le public ne risque t-il pas d’être perdu ?

Emanuel Gat: Complètement. Il y a deux choses qui se passent en parallèle : la danse et le live d’Awir. Les deux entrent en contact durant toute la pièce.

Le public posera son regard en fonction du jeu de lumière. Durant tout le spectacle il y aura des focus vers le musicien, puis sur les danseurs. Les spectateurs auront la liberté de naviguer entre ces deux arts.

 

La Nuit Magazine: Est-ce que la danse contemporaine à une place importante en France par rapport à d’autres pays ?

Emanuel Gat: Bien sûr. Il faut savoir que la véritable révolution de la danse contemporaine s’est faite en France dans les années 80. Dans ce pays, la culture et la création en général sont défendues plus qu’ailleurs. Je viens d’Israël et je peux vous dire que là bas c’est bien différent.

 

Propos recueillis par Aurélie MARTINOD et Morgane NICOLAS

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