TLN FESTIVAL, ARTÈRE ÉLECTRONIQUE DE TOULON

Longtemps victime de sa mauvaise image, Toulon connaît aujourd’hui un nouveau souffle notamment grâce aux musiques électroniques. Les initiatives se multiplient à l’image du TLN Festival qui aura lieu le 19 août prochain avec Gilb’R et Nova Materia. Stéphane Boudet Santa Maria, le président de l’association electrobE2Chambre et directeur du TLN, nous parle de ce renouveau tout en nous présentant son festival dédié aux arts numériques.

Raconte-nous l’histoire du TLN : comment a-t-il été créé ?

J’ai fais mes études à Aix, et j’ai pas mal bourlingué dans la ville, notamment au Studio 88 qui était dirigé par le GROSSOMODO. Avec un de mes potes, Sébastien, on traînait dans les soirées électroniques et on a commencé à kiffer cette ambiance. A la fin de nos études, on est reparti sur Toulon. On était en manque de toute cette effervescence et on a donc commencé à organiser des soirées de notre côté. Puis on a monté notre association electrobE2Chambre.

En 2009, on s’est installé dans le centre-ville de Toulon, à l’Arbre à Bulles. Petit à petit, on a augmenté notre nombre de soirées et on a invité de plus en plus de monde. Il commençait à se passer quelque chose et donc avec Sébastien on s’est lancé le pari de monter un festival. Le TLN est alors né. Notre ambition c’était de mettre en lumière le centre-ville tout en proposant une programmation un peu underground. Ça a plu au public et ça a plu à la ville. Et c’est comme ça qu’aujourd’hui on organise notre 5ème édition.

Pourquoi Toulon ? 

Déjà Toulon, c’était notre chez nous, là où on avait nos potes. Puis, on trouvait que y avait des choses à faire. Le centre-ville c’était vraiment un terrain vague et on pouvait s’amuser comme on voulait. Alors qu’à Aix par exemple, les réseaux étaient déjà établis donc moins intéressant.

La semaine dernière, Clément Chalm, qui joue au TLN cette année, nous a dit qu’il y avait une nouvelle énergie à Toulon. Tu en penses quoi ? 

Depuis longtemps, la ville avait pour projet de réhabiliter le centre-ville. Ça a pris du temps mais aujourd’hui elle a mis les moyens pour refaire les rues et les places et faire revenir les commerces. Et c’est au travers des arts et de la culture qu’ils ont choisi de faire revivre le centre-ville. Nous on est heureux de pouvoir travailler main dans la main avec eux.

Comment as-tu réussi à convaincre les collectivités de te suivre dans ce projet à l’époque ?

Au culot et à force d’acharnement ! Ce qui a plu c’est que c’était un festival novateur. En plus, on joue sur les arts numériques et Toulon fait parti du label French Tech. Naturellement, ils ont eu envie d’aider ceux qui allaient dans ce sens-là.

Pourquoi avoir choisi les arts numériques ? 

On a toujours été intéressé par l’innovation et les arts visuels. Et puis pour nous la musique électronique et l’art numérique ça va de paire. Aujourd’hui, le public recherche de plus en plus l’immersion dans les concerts. On peut créer cette immersion par les visuels ou le mapping. Nous, en tout cas, on essaye d’apporter cet environnement sur les projets qu’on développe.

Comment il est le public toulonnais ? Quels sont les retours que tu as pu avoir ?

Le public toulonnais est assez dur. Il va venir à une soirée mais c’est pas sûr qu’il vienne à la prochaine. Il est difficile à fidéliser. Après, heureusement, une partie des Toulonnais revient et est en demande constante de nouveautés. Ils ont envie d’être surpris. Et de leur part, on a des retours plutôt positifs. Vu qu’en général c’est des gens qui voyagent un peu, ils sont heureux de retrouver des artistes qu’ils ont pu voir à l’étranger ici à Toulon. C’est comme ça aussi qu’on arrive à les fidéliser.

Y a-t-il une scène électronique toulonnaise ?

Oui, il y a une véritable scène dans tous les genres électroniques : techno, hardtek, deep house, … Les jeunes sont là et travaillent beaucoup. Le problème c’est qu’il y a un manque de reconnaissance et un manque de visibilité sur le territoire. Du coup, les Toulonnais qui se lancent n’osent pas toujours dire qu’ils viennent d’ici. Il faudrait plus de structures capable de les aider à émerger.

Quel est l’enjeu de cette nouvelle édition du TLN ?

Cette année, l’enjeu est de revenir en centre ville afin de s’y implanter de manière pérenne et avoir un lieu associé à notre nom. Pendant deux ans on s’en est éloigné pour aller dans les montagnes, du côté du mont Faron. L’année dernière, le festival a été annulé par la Préfecture en raison du plan Vigipirate. Donc, on veut revenir en centre-ville et développer de plus en plus de projets avec les artistes locaux notamment via les résidences qu’on organise. On veut créer une fusion entre notre projet et le projet de la ville et être identifier sur un territoire bien précis.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ces résidences ?

Dernièrement, on a fait rentrer deux artistes en résidence sonore : Mr Bir et Mendel Boy. Le but était de les faire travailler ensemble pendant un mois afin de développer un projet audiovisuel. Ces résidences sont là pour faire émerger des artistes au niveau national. C’est une activité qu’on va développer de plus en plus.

Avez-vous d’autres activités en dehors du festival ? 

L’hiver, on organise la Nuit TLN avec une programmation plus pointue ciblée sur les arts numériques. Ensuite, on participe aux divers événements de la ville avec les autres structures pour son renouveau.

Que réserve cette édition 2017 ?

Cette édition est un circuit dans la ville puisqu’il y aura des chose à voir un peu partout : Place de l’Équerre, rue des Arts, rue Pierre Semard, Place Camille Vauban, port des Créateurs … Notre objectif est double : surprendre le public et lui faire redécouvrir le centre ancien. On espère avoir du monde. Ce qu’on aimerait c’est que les Marseillais fassent le déplacement et qu’on arrive à les étonner.

Quelles sont les valeurs que vous voulez transmettre ? 

La légèreté, la liberté, la convivialité et surtout la nouveauté au travers de cet esprit défricheur qui nous anime.

Comment choisissez-vous les artistes que vous programmez ?

On programme ce qu’on aime. Chaque année, on essaye de se retrouver pour partager nos coups de cœur musicaux, et ensuite on propose aux artistes de venir. Nova Materia on voulait les faire venir depuis des années. Pareil pour Gilb’R qui est un dj encyclopédique.

Qu’est ce qui vous différencie des autres festivals ?

Déjà, on est entièrement gratuit. L’ambiance est décontracté, on y croise autant des familles que des étudiants. Aujourd’hui nous on est papa, donc on veut des événements où amener des enfants.

Des projets ?

On aimerait se rapprocher des structures marseillaises et montrer ce qu’on sait faire.

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