TREMPLINS MUSICAUX: PROPULSEURS DE TALENTS OU MACHINES À CASH?

Comme tout groupe qui se respecte, vous cherchez à faire un tremplin pour vous faire connaître et surtout jouer sur scène ? Bienvenue dans un voyage initiatique à la recherche de la perle qui vous fera briller sous les projecteurs, sans forcément se faire de l’argent sur votre dos.

 

LES GROS POISSONS

Quand on tape « tremplins musicaux à Marseille » sur Google on tombe en premier lieu sur Emergenza. Que ce soit en tant qu’annonce payée ou en tant que premier lien tout court. Il s’agit sans doute du plus connu des tremplins puisqu’il existe depuis plus de 25 ans et surtout, puisqu’il propose des récompenses défiant toute concurrence : un live en Allemagne au Taubertal Open air Festival (un festival international de Rock principalement) et autres trophées à la prononciation jubilatoire. Considéré pendant un temps – un très long temps – comme l’un des pires tremplins, l’entreprise a revu cette année les conditions de son règlement. Le problème que « ce renouveau » suscite est dans la forme de son « fonctionnement » mentionné dans la rubrique « Esprit Emergenza » de leur site internet : « À la différence de nombreux autres festivals ou concours, ici il n’y a aucune obligation de vendre des billets et par conséquent, chaque groupe est libre de gérer sa promotion sans contrainte ou obligation ». Ils doivent donc avoir la mémoire courte puisque encore en 2013, leur système économique était basé sur la vente des places de concert par les membres des groupes participant au tremplin. Julien Deply, le responsable du pôle France, assure et assume, dans une interview pour StreetPress que « pour 60 euros et un peu de com’ les jeunes artistes peuvent jouer dans de prestigieuses salles », alors qu’on ne vienne pas l’emmerder avec cette histoire, en somme. Sauf que voilà, comme le public vote à main levée pour son groupe préféré, celui qui a rameuté le plus grand nombre de personnes est forcément le gagnant. Au final c’est un tremplin pratique pour ceux qui ont déjà un peu de notoriété et de popularité mais qui dessert les autres, ceux qui n’ont pas vraiment de public ou peu de contact.

D’autres gros tremplins sont bien implantés à Marseille, comme Orizon Sud ou le Ricard S.A Live Music qui sont sans aucun doute plus justes. Quentin Lavergne, saxophoniste du jeune groupe de funk fusion Beat Cheese nous raconte son expérience à Orizon Sud. « On a juste passé la première phase mais le jury ne nous a pas sélectionné. Mais les gars de l’organisation ont bien aimé ce qu’on a fait et ils nous ont recontacté pour participer à une soirée au Poste à Galène, donc oui ça nous a vraiment apporté ». Comme quoi on peut être un tremplin connu et avoir une réelle envie de faire découvrir des groupes qui le méritent.

PETITS BONNETS AU GRAND COEUR 

Depuis plus d’un an, certaines petites structures et salles se mettent à créer leur propre tremplin. C’est le cas au Molotov par exemple. Salle devenue quasi-mythique en quelques années, le Molotov accueille maintenant la majorité des tremplins dont les deux cités plus haut. Hazem et son associé Fabien assurent depuis cette année la création du tremplin Molotov. Dans quel but ? La réponse est tranchée : « On recevait tellement de demande pour jouer qu’on s’est dit pourquoi pas créer un tremplin avec pour vocation de leur donner plus de visibilité, mais pour des groupes qui le méritent » décrit Hazem, et Fabien relance « On pensait avoir 20, 25 candidatures et on s’est retrouvé avec près de 80 groupes, donc c’est là qu’on s’est rendu compte qu’il y avait une vraie volonté de faire de la scène, et que ce n’était pas une si mauvaise idée ». Plus qu’un tremplin, les membres du jury, qui donnent une partie de la note aux groupes, sont des artistes, des labels, des maisons de disques, des professeurs de musique ; une belle brochette d’individus compétents en somme. Le prix à gagner n’a rien à envier aux plus gros : une première partie à l’espace Julien ainsi qu’une scène au Café Julien et enfin la réalisation d’un clip par des professionnels de l’image et du son. « On fait vraiment ça parce qu’on aime la musique et qu’on trouve que beaucoup de groupe marseillais méritent à être connus » affirme Hazem. Et ce n’est pas en vendant 3€ la place ces soirs-ci que les poches se remplissent.

 

Mathias Calleja

Une Réponse à “TREMPLINS MUSICAUX: PROPULSEURS DE TALENTS OU MACHINES À CASH?”

  1. houtteville le bon laboureur

    bonjour je suis une nouvelle propriétaire d’un bar tabac hotel, je souhaiterais faire des soirées a thème étant nouvelle je ne peux me permettre d’avoir un budget pour recevoir des groupes payants j’ai entendu parler de vous et ne sais pas comment vous cobtacter
    merci de votre compréhension
    cordialement

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