INTERVIEW: UNDER KONTROL

Du beatbox à l’état pur, pas d’instruments, pas de machines, juste quatre bouches incroyablement douées, telle est la recette d’Under Kontrol.
Sacrés champions du monde de beatbox en 2009 à Berlin, les quatre prodiges de la boite à rythme créent la surprise à chacune de leur représentation. Les voir sur scène est simplement impressionnant. Ces mecs-là vous sortent 10 sons à la minute et la reproduction des rythmiques orchestrée à la perfection, est troublante.
Après moult passages sur scène, les ovnis du beatboxing se sont décidés à enfermer leurs performances buccales dans un album 100% beatbox, intitulé « 1 » (le premier du genre). Véritable expérience auditive, cet album témoigne de leur génie et nous prouve que le beatboxing français est désormais sous contrôle.
Friande de plus d’informations, j’ai rencontré Mr Lips qui, au nom du groupe, m’a accordé une interview avant de s’envoler pour l’Inde avec son crew afin de poursuivre leur tournée mondiale.

LNM : Pour commencer, est-ce que tu peux me rappeler un peu le parcours du groupe ?

UK : Au départ, on était plusieurs groupes dispersés : il y avait Micflow et moi, à Marseille, qui faisions partie du groupe Pure Human Music ; le groupe Equipe d’Artifice à Paris avec Faya Braz et le groupe lyonnais Monkey Beat dont faisait partie Tiko.

J’ai rencontré Faya Braz à une convention de beatbox en 2003 à Londres et on a croisé le chemin de Tiko grâce à des championnats de battle nationaux.

A l’époque, l’idée était de réunir autour d’un projet concret tous les beatboxers que l’on avait rencontré. Nous étions 10 mais le jour-j, seuls 4 d’entre nous ont pu se déplacer et voilà comment est né Under Kontrol en 2007!                                                                     

LNM : Comment as-tu découvert le beatbox ? Quelles sont les influences musicales du groupe ?

UK: Comme les autres membres du groupe, je suis un puriste du beatbox ! Dès que j’ai commencé à réellement m’intéresser à la musique, j’ai appris le beatbox et je ne l’ai plus lâché.

Pour les influences musicales, c’est vraiment large : moi j’écoute pas mal de black music mais aussi du rock et du jazz. Dans notre musique, on retrouve souvent un registre années 80/90.

LNM : Qu’est-ce que votre beatbox a de particulier ?

UK: Notre beatbox est avant tout axé sur le djing/turntablism. C’est en partie dû aux épreuves des championnats qui nous imposaient des impro de 4 min.

Chacune de nos représentations demande beaucoup de préparation. D’abord parce qu’on essaye à chaque fois de faire une mise en scène originale, qui donne de l’énergie au spectacle puisque le beatbox c’est 50% de visuel, mais aussi parce que tous nos morceaux sont préparés. Il n’y  presque pas d’improvisation sur scène.

En revanche on essaye de changer les performances de chacun, bien qu’on ait tous des spécificités. Notre musique n’est pas figée.

LNM : Qu’est-ce tu peux nous dire du beatboxing français ? On a l’impression que c’est très spécifique et que, mis à part vous, on ne connaît pas tellement d’artistes dans ce domaine.

UK : La communauté existe depuis 2005 et se diffuse surtout grâce à internet par le partage de vidéos. Après, il est vrai que le beatboxing se développe plus à l’international parce que les sponsors y sont plus investis qu’en France.

Et si il n’y a pas vraiment d’autres groupes qui représentent vraiment le beatbox français c’est parce qu’il n’y a pas beaucoup d’artistes qui ne se consacrent qu’à ça. Nous, on a tout misé sur le beatbox et c’est ce qui dénote.  Il faut quand même citer Nocif Sound System et Boxoffice, qui sont des jeunes groupes qui assurent bien.

Aussi, le beatbox est avant tout visuel donc la diffusion est tout de suite plus compliquée car il faut organiser beaucoup d’événements pour que les artistes se fassent connaître, ce qui représente beaucoup de temps et d’argent. Mais c’est vrai que c’est dommage que le beatboxing français n’ait pas plus d’impact et que le relais média manque autant.

LNM : Justement, vous avez contribué à la création de certains événements, je pense notamment au Human Beatbox Festival et au Da Mought Fight.

UK : Oui c’est vrai, à côté des projets qui concernent le groupe, Tiko a été coorganisateur du championnat de France et du Human Beatbox Festival (Dijon) mais il n’y a pas eu assez de relais média. Et avec MicFlow on a organisé les battles du Da Mought Fight  à Marseille. On a réussi à organiser trois éditions mais on n’a pas pu continuer, faute de temps et de moyens.

LNM : Que représente la sortie de l’album pour le groupe ?

UK : La sortie de l’album « 1 » qui est donc un album 100% beatbox, représente beaucoup pour nous puisque c’est le premier aboutissement du groupe après 5 ans de coopération. C’est un peu comme poser la première pierre. On en est très fiers parce qu’on a vraiment beaucoup bossé pour rendre l’album le plus puriste possible. C’est une production assumée qui représente toute notre passion pour le beatbox.

LNM : Quelle est la suite pour Under Kontrol ?

UK : Là on est en tournée mondiale jusqu’en juillet donc on va essayer de donner le maximum pour chaque date!

On continue aussi d’assurer la sortie de l’album. Pour le moment, les ventes sont stables, nous sommes plutôt contents. Après, il est vrai qu’un cd 100% beatbox est plus difficile à vendre. Comme je le disais, nous sommes des artistes live avant tout.

Et pour la suite, on va travailler sur des remix et peut-être commencer à bosser avec des machines : si on s’est consciemment posé des limites pour que le premier album reflète notre identité de beatboxers puristes, on aimerait bien aller plus loin pour les prochains projets.

LNM : Qu’est-ce qui tourne en boucle dans ton ipod ?

UK : Gaïden Yoshi, La Fronce, Dope DOD, l’Entourage, la Méthode, Tambour Battant, Raashan Ahmad, Soweto Kinch, Galt Macdermot….

LNM : Quel rappeur  rêverais-tu  d’accompagner sur scène ?

UK: Oxmo Puccino, sans hésiter ! On le connaît un peu en plus, mais il faut qu’on se retrouve autour d’un projet qui intéresse tout le monde et qui ait du sens.

Sinon tous les artistes qui tournent en boucle dans mon ipod !

Lou.

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